Samedi 10 septembre 2011
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Que de choses se sont passées depuis mon dernier billet...
L'expulsion pure et dure d'un squat de rroms bulgares un mardi à 6 heures du matin, suivie d'un retour "humanitaire" par avion le
lendemain pour 155 personnes et puis le jeudi à 6H30 le "déplacement" des habitants d'un autre squat de quelques dizaines de mètres pour raisons de sécurité.
Il est vrai que ce squat posait vraiment problème non seulement en raison de l'amiante mais aussi de par le fonctionnement d'une
partie des bulgares qui y vivaient.
Tout le monde était d'accord qu'il fallait une intervention policière sur ce site et nous avions pris des engagements dans ce sens
avec la préfecture.
Mais cela ne s'est pas passé comme prévu. L"évacuation du premier squat n'était pas à l'ordre du jour et j'ai eu l'impression que
le préfet a voulu faire un test auprès des associations et de la presse.
La mobilisation des uns et des autres a certainement transformé l'évacuation en d"placement. Je regrette que cela se soit passé de
cette manière, ces opérations n'ayant, du coup, pas atteint l'objectif initial.
Subissant une opération ratée, tout le monde a été obligé de régir dans l'urgence. La mairie de Bordeaux qui a ouvert un gymnase
pour mettre à l'abri les familles qui le souhaitaient (le gymnase est resté ouvert du jeudi au lundi matin), elle a aussi fait livrer du bois pour construite une quinzaine de cabanes.
Alain Juppé en personne s'est déplacé pour se rendre compte de la situation et a donné ordre d'acheter du bois pour construire
cinq cabanes de plus.
Deux médiateurs ont été embauchés par la mairie de Bordeaux et une action d'accompagnement a été mise en place auprès de ces
familles.
La tâche sera très difficile, la situation familles concernées étant complexe, les activités des unes ou des autres différentes,
leur fonctionnement aussi. La gestion du site demandera des efforts à tout le monde, rroms y compris.
A regretter l'absence de la CUB et du Conseil Général de la Gironde dans l'accompagnement de ces familles. Il manque des
sanitaires, une installation électrique sûre, un point d'eau, etc.
La vie s'organise sur ce site composé de cabanes en bois, de caravanes et d'un bâtiment en dur.
Après l'évacuation des véhicules et le nettoyage du site, la prochaine étape sera la scolarisation de tous les enfants même si
beaucoup d'entre eux ont déjà repris le chemin de l'école. Ensuite viendront d'autres démarches afin d'accompagner ces familles vers l'intégration.
Le plus difficile sera certainement de faire respecter certaines règles de vie commune dans ces lieux qui n'ont pas l'habitude
d'avoir des règles de fonctionnement.
La volonté de tous est grande pour que ce projet soit une réussite même si je regrette que parfois certaines personnes viennent
mettre leur grains de sel dans une tambouille déjà assez compliquée et à laquelle ils ne connaissent souvent rien. Ce sont souvent des bobos venus se donner bonne conscience, parfois pour épater
leurs amis ou alors critiquer alors qu'on ne les a jamais vus faire quoi que ce soit pour les rroms. Enfin, si ! J'en ai vu passer des gens qui ne sont venus que pour faire des photos, des
recherches et autres études sur les rroms. Ils ont pris ce qui les intéressait et ensuite on ne les a jamais revus...
En marge de tout cela, une bonne nouvelle. Le jour même de la deuxième expulsion, le préfet de Gironde a annoncé le lancement
d'une nouvelle phase de la MOUS (Mous 3) qui tiendra compte des erreurs commises lors des deux premières phases. Cela m'a fait tellement plaisir d'autant plus que ces erreurs je suis le seul à
les dénoncer depuis un an et demi. En fait la nouvelle méthode correspond presque exactement à ce qui je préconise depuis janvier 2010.
Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis... Dommage que parfois ils mettent trop longtemps pour s'en rendre compte
!


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