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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 01:57
A ceux qui me demandent pourquoi je m'occupe des rroms de l'agglomération bordelaise, j'ai pour habitude de répondre : "Par accident !"

C'est la vérité et complètement involontaire de ma part. Ceux qui m'y ont entraîné m'ont abandonné depuis longtemps dans ce combat difficile et presque sans issue.

Mille fois j'ai eu envie de laisser tomber, mille fois j'ai été découragé, mille fois je me suis posé des questions sur l'utilité de mon engagement, mille fois je me suis mis en colère contre moi-même et pourtant, il y a toujours une nouvelle fois qui me fait revenir, une fois où j'essaie de me convaincre que cela sert à quelque chose.

Le doute est toujours là mais parfois des moments forts sont là aussi pour m'inciter à continuer.

Ce fut le cas hier, lors d'une aventure dont je ne vous donnerai pas les détails ici mais qui a contribué à l'apaisement d'un homme angoissé en raison des graves problèmes de sa famille. Il m'avait téléphoné à plusieurs reprises depuis le matin mais je dois dire que je n'ai rien compris à son histoire.

Ce n'est que dans l'après-midi que je me suis rendu compte de la gravité de la situation. J'ai immédiatement essayé de trouver une solution et une heure plus tard, j'ai vu l'angoisse de ce père de famille disparaître de son visage, le sourire revenir au milieu de sa barbe grise.

Cela a été possible grâce à la gentillesse et à l'aide de trois femmes. Elles aussi étaient heureuses de voir ce sourire revenir. Nous ne nous connaissions pas et pourtant nous avons partagé quelques instants de bonheur avec cet homme dont un de ses problèmes avait été résolu.

Des problèmes, il en a des sacs pleins et nous ne pourrons pas l'aider à tous les régler. Mais hier, parce que j'ai contribué à n'en régler qu'un seul, je me suis dit que cela valait la peine de continuer, même si parfois c'est difficile, même si des fois je me sens bien seul.

Merci à ces trois femmes d'avoir apporté ce rayon de soleil dans la vie de cet homme et de sa famille. Elles font partie de ces gens engagés, ces militants anonymes tellement indispensables avec leur sourire, leur gentillesse, leur capacité d'écoute et leur énorme coeur.

Ce sont ces moments uniques, cette mille et unième fois, qui me font oublier les mille autres de découragement.
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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 16:36
Encore une belle journée que ce lundi. Non seulement le soleil est de retour mais vous avez été très nombreux à visiter ce blog.

Record battu depuis le début du blog (juillet 2008) avec 3570 visiteurs uniques en une seule journée.

MERCI !
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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 22:28
55 % d'abstention dans certains quartiers populaires de Bordeaux, beaucoup plus dans d'autres villes (70 % à Roubaix), devrait non seulement obliger les responsables politiques à se questionner sur le sens de ce vote mais aussi à se demander s'il ne faudrait pas comptabiliser les votes blancs. Cette dernière option pourrait réconcilier les électeurs avec les urnes et la démocratie en sortirait gagnante.

La nouvelle position du PS comme première force politique du pays ne doit pas lui faire oublier qu'il est encore convalescent après une longue période de coma dépassé. Premier parti d'un pays où plus de la moitié de ses électeurs n'ont pas été voter, cela ne représente pas grand chose. Les fanfarons pourraient le regretter lors des prochains scrutins.

La stratégie des socialistes en appelant au vote utile a payé, mais elle a aussi contribué à affaiblir les autres formations de gauche, qui ne le leur pardonneront pas.

Europe Écologie (EE) a certainement souffert d'un excès de confiance et s'est laissée piéger par des débats qui ont occulté tous les autres sujets de la campagne. En Aquitaine, par exemple, le débat sur la LGV, a certainement été ce qui a fait que EE n'ait pas réussi les 10 % de voix qui lui auraient permis d'être présente au deuxième tour. Ajoutons à cela les couacs de début de campagne sur le choix de la tête de liste, les déclarations assassines des uns et des autres et la mauvaise humeur de certains élus et militants et toutes les conditions étaient réunies pour mettre en route la machine à perdre.

Si le Front de Gauche (FG) réalise de belles performances dans des régions comme l'Auvergne ou le Limousin, en Aquitaine, le FG manque de visibilité médiatique ou même de leaders capables de mobiliser les troupes ou créer des réseaux dont un jeune parti a besoin. Sa proximité avec le PS a aussi provoqué le vote direct sur Alain Rousset, les électeurs sachant par avance qu'il y aurait un appel à voter PS au deuxième tour. Beaucoup ont certainement été déçus de cette posture et n'ont pas souhaité donner leur vote à ceux qui s'étaient séparés du PS il y a peu de temps mais qui lui tombent dans les bras à la première occasion.

La percée du Front National (FN) est certainement due en grande partie au débat sur l'identité nationale mais aussi la démonstration du retour au bercail de l'électorat d'extrême droite, séduit en 2007 par le discours sécuritaire de Nicolas Sarkozy. Bonne nouvelle, en Aquitaine, pour les quatre prochaines années, aucun élu du FN ne siégera au Conseil Régional. Dans les douze régions où le FN va provoquer une triangulaire, l'UMP perdra certainement l'élection, Jean-Marie Le Pen faisant payer à cette occasion le hold-up fait sur son électorat en 2007.

Le Modem, que certains disent en perdition, pourrait se relever dans les deux années qui viennent et de nouveau créer une surprise aux présidentielles. Ses luttes internes, les critiques formulées en public contre François Bayrou, ont fait que l'un des partis qui a le plus contribué à la construction de l'Europe (l'UDF) se retrouve aujourd'hui dans une position inconfortable. La faute aussi à ses élus partis à la soupe de Sarkozy en 2007 (Nouveau Centre en particulier). Jean Lassalle, par son caractère et sa personnalité a réussi un beau coup en Aquitaine et pourrait récupérer de nombreux votes des abstentionnistes où même de l'électorat UMP ayant envie de jouer un mauvais coup à Alain Rousset et à Xavier Darcos.

Le grand perdant de cette élection est certainement le NPA qui paie là sa volonté de ne pas faire alliance avec le FG. L'affaire de la candidate voilée ne lui a pas non plus été favorable.

La politique de répression du gouvernement, sa politique sociale désastreuse, son manque de mesures économiques et le train de vie du président de la république ont eu des conséquences désastreuses dans les résultats de l'UMP. Les ministres en mission ont fait campagne tant bien que mal, dans des régions qu'ils connaissaient peu et qu'ils sont prêts à sacrifier sur l'autel de la réforme des collectivités territoriales. Xavier Darcos, s'est rappelé un peu tard qu'il avait été élu conseiller régional d'Aquitaine en 2004. Seule l'échéance de 2012 (les législatives) a été le déclic de l'amour qu'il a éprouvé soudainement pour la région et en particulier le bassin d'Arcachon.

Sa campagne a été l'opposé de celle de Alain Juppé pour les municipales de 2008 à Bordeaux. Autant Alain Juppé a su faire partager à ses militants et à ses électeurs l'envie de gagner, autant Xavier Darcos a donné l'impression de n'être là qu'en mission, par la volonté de Nicolas Sarkozy et presque à contre-coeur. Là aussi, Jean Lassalle est à l'opposé de Xavier Darcos, donnant l'impression de ne vivre que pour cette élection et donnant presque envie de voter pour lui.

Tout ceci n'est cependant qu'un instantané de la vie politique et de l'humeur des français et bien malin sera celui qui pourra dire quelle sera l'orientation du vote du peuple en 2012. Le PS ne doit pas se laisser prendre au piège de ce succès éphémère, le plus dur étant à venir avec ses primaires pour les présidentielles et certainement une candidature sauvage de Ségolène Royal. L'UMP ne pourra certainement remporter la présidentielle qu'en se débarrassant de Sarkozy. Bizarrement, le PS et l'UMP ont intérêt à ce que le FG se développe, l'un pour avoir un réservoir de voix, l'autre pour faire perdre des voix au PS.


Pour ce qui est du FN, Marine Le Pen saura certainement être la digne héritière de son père, avec l'attraction féminine en plus.

Le Modem fera tout pour rebondir, peut-être même en "tuant" son fondateur. Cependant, seul un retour à ses valeurs traditionnelles peut faire revenir vers lui son électorat.

Mais le chemin sera long et dimanche prochain il y a le deuxième tour des régionales. Alors, tout ceci n'est que mon humble avis, peu de chose à côté de celui de tous les grands politiques.
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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 00:11
Pendant des années, au PS, j'ai entendu parler du droit des femmes. Tout le monde faisait semblant de s'y intéresser mais il suffisait de regarder les petits sourires pour comprendre que ce ne n'étaient que des foutaises.

Cela occupait les rares féministes qui pendant ce temps-là on n'entendait pas gueuler sur d'autres sujets. Elles étaient bien les seules à croire que leurs réunions pouvaient faire avancer quelque chose.

Et c'est vrai que cela n'a jamais rien fait changer pour la condition féminine. D'ailleurs, les femmes qui participaient à ces réunions n'étaient presque jamais à plaindre, souvent fonctionnaires de catégorie A ou B, parfois élues, rarement des ouvrières ou petites employées.

Elle ne connaissaient pas la vie de la caissière de supermarché, qui commence sa journée à 8 ou 9 heures du matin pour la finir à 21 heures. Certes, elle ne travaille pas 12 ou 13 heures de suite mais comme sa coupure déjeuner fait deux ou trois heures, elle reste sur son lieu de travail, ou à proximité, parce que les trajets coûtent cher et le temps ne lui permet pas de rentrer chez elle. Je ne vous parle même pas du salaire.

Elle ne connaissaient pas non plus la vie de la femme de ménage, qui se lève très tôt et se couche très tard. Elle travaille quand les autres sont partis ou ne sont pas encore arrivées. Pas de formation professionnelle et aucun espoir de voir une promotion dans sa "carrière". Parfois, la femme de ménage travaille chez le particulier qui la prend pour une esclave. Je pourrais vous raconter des épisodes de vie, vécus par les femmes de ménage de la bonne société bordelaise. Un jour peut-être...

Elle ne connaissaient pas non plus celle des employées des restaurants, corvéables à volonté, à la vie de famille souvent éclatée, encore plus fragiles, qui non seulement doivent être rentables mais qui doivent accepter les contraintes de ce travail difficile pour pouvoir le garder.199_0.jpg

Oui, ces femmes, comme beaucoup d'autres, sont souvent sans formation, parfois seules avec des enfants dont les ex ne paient pas les pensions alimentaires. Mais cela, ces femmes politiques n'en savent rien. Elles imaginent que les problèmes que les femmes rencontrent sont de tout autre ordre.

Elles pensent que de nos jours, les seuls obstacles que rencontrent les femmes, c'est de ne pas être candidates pour être élues, au point qu'il faut des lois sur la parité. Oui, c'est cela le seul problème des femmes. Et les autres ? Toutes les autres ?

Je ne pouvais pas ne pas vous parler des femmes tsiganes. Cela fait presque trois ans que j'observe leur condition de femmes. Elle n'est pas enviable même si elles semblent être heureuses.

Souvent elles subviennent seules aux besoins de leur famille, les hommes ne trouvant pas de travail et ne voulant pas mendier, sauf pour les plus âgés. Elles font parfois quelques heures de ménage ou de repassage (très rarement) mais l'essentiel de leurs journées est la mendicité. Auparavant, elles ont accompagné les enfants à l'école.

Leurs journées sont rythmées par la lessive à la main, la vaisselle, le ménage, la préparation des repas. Parfois, l'homme dont la journée n'a pas été des plus dures, lui rappelle qu'elle est là pour ça, pour prendre quelques coups aussi.

Les jeunes filles vont à l'école en primaire et sont déscolarisées dès l'âge du collège. En trois ans, je n'ai jamais réussi à convaincre les parents de scolariser une seule jeune fille en collège. Elles doivent faire la manche très tôt, victimes des choix politiques discriminatoires à l'encontre de leurs parents.

Les femmes tsiganes sont de loin celles qui ont le moins de droits. N'ayant jamais travaillé, pas de retraites non plus. Des femmes de 77 ans font encore la manche pour survivre. Illettrées, sans parcours professionnel, sans aucune couverture sociale, elles sont à la merci de la charité des autres, qui sont parfois choqués que des vieilles femmes ou des enfants fassent la manche, sans comprendre, sans chercher à comprendre.

Les femmes ont une vie difficile. Pas seulement les tsiganes. Il n'est pas rare de voir dans le tramway bordelais des femmes  fatiguées, qui s'endorment quelques instants pendant le parcours de retour à la maison, sachant qu'après leur journée professionnelle, une autre journée commence.

Ces femmes-là travaillent dur, elles souffrent en silence, comme on le leur a appris. Et elles ne savent pas que dans les partis politiques, d'autres femmes, se réunissent pour obtenir des lois qui ne viendront jamais. Elles s'en foutent car, désabusées de la politique, elles savent que cela ne changera rien à leur vie.

Femmes, je vous admire ! Et aujourd'hui, encore plus qu'un autre jour, je veux vous dire que je vous aime !
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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 01:20
Un président qui menace un ancien premier ministre de le faire pendre à un croc de boucher, un arabe qui se fait contrôler parce qu'il a une sale gueule, un roumain qui se fait renvoyer chez lui parce qu'il est né au mauvais endroit ou même un gosse de 13 ans qui se retrouve en garde à vue, mais dans quelle république vivons-nous ?

Les seuls qui peuvent dénoncer les injustices sans trop de risques, bien trop occupés avec leur destin personnel, ont oublié depuis bien longtemps leur mission. Heureusement, il y a les juges, seule corporation qui a le courage de continuer à être inféodée, indépendante et impartiale. Ils restent aujourd'hui les seuls à garantir encore un peu de liberté aux citoyens, le seul rempart à cette folie qui détruit à petit feu notre société.

Je rentrais d'Espagne il y a quelques mois et, dans mes pensées, je comparais la relation que les français avaient avec leurs forces de l'ordre avec les habitants d'autres pays.

Ailleurs, dans les pays démocratiques, la police ou la gendarmerie est là pour réprimer mais aussi et surtout pour protéger. La relation avec le peuple est alors différente, chaleureuse, humaine.

Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'interpellations, de PVs et contrôles. Cela se fait dans le respect de la personne, dans un cadre précis et avec une certaine rigueur.

En France, certainement sous la pression, les policiers sont obligés d'en faire toujours plus, comme s'ils étaient des radars automatiques, incités à faire beaucoup, vite mais pas forcément bien.

Alors, tous les syndicats de  policiers sont d'accord pour dire qu'on les oblige à faire mal leur travail en leur demandant toujours plus de chiffres.

Cela entraîne chez la population une méfiance et un désamour pour ses policiers, pourtant des hommes et des femmes comme tout le monde.

Une grande partie des français est fichée, beaucoup se retrouvent en garde à vue sans comprendre ce qui leur arrive, à l'issue d'une fête ou d'un verre de trop, comme de vulgaires délinquants.

Je me suis rendu compte dernièrement ce que voulait dire la pression de l'État, que j'ai dérangé sans me rendre compte (enfin, un peu !). Mais je n'avais pas vu à quel point un petit rien pouvait être dangereux au point d'être menacé par des fonctionnaires de cet État.

Je me suis demandé comment moi, un petit militant, pouvait mettre en danger l'État au point d'être menacé par ses "serviteurs" ?

Je me suis alors rappelé d'un certain Julien Coupat (un bordelais) qui est resté emprisonné parce qu'un procureur (Jean-Claude Marin, cela ne vous dit rien ?) a voulu avoir sa peau.

Je vous le dit, la république est devenue une pute qui se vend à celui qui a le plus de pouvoir et qui oublie ses enfants, qui pourtant ont besoin d'elle pour survivre.

Mère indigne, elle est devenue la république de la peur, comme d'autres sont des productrices de bananes et de dictateurs.

Mais je me demande aussi si ses enfants ne sont pas coupables de cette dérive. Ils devraient trucider la république pour en adopter une nouvelle, solidaire et juste, loyale et impartiale. Une république qui pourrait afficher fièrement sur les façades de ses bâtiments publics :

  LIBERTÉ - ÉGALITE - FRATERNITÉ

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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 08:00
Que 2010 soit une année généreuse et douce pour nous tous !

Que du bonheur...
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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 00:03

Cela fait presque six mois que j'ai quitté le parti socialiste et j'ai encore la surprise de recevoir de temps à autre des mails de mes anciens contacts.

Le contenu des e-mails pourrait prêter à sourire mais il est surtout la preuve que le PS ne bouge pas. Des "chantiers" simples mis en route depuis longtemps n'ont toujours pas abouti. Ils avaient pourtant une certaine urgence mais, vu que le feu ravageait la maison, la priorité était certainement ailleurs. 

Je me suis aussi rendu compte que les militants s'essoufflent, par manque de troupes, par manque de conviction mais aussi par manque de chefs crédibles. Quelle armée peut-elle partir au combat sans plan de bataille, sans chef et encore moins sans organisation ?

C'est ce qui arrive au PS. Malheureusement, j'ai l'impression que la gauche, la vraie, celle qui ne veut pas d'alliances avec la droite, est elle aussi mal organisée et peu fournie en troupes militantes. Elle semble aussi en mal d'idées, prête qu'elle est à s'associer avec les socialistes pour le deuxième tour des régionales.

Moi qui envisageait d'adhérer à un de ces partis, j'ai beaucoup de mal à m'engager dans un militantisme stérile, incapable d'aller à la rencontre des gens et de leur expliquer sa politique. Le militantisme ne s'exerce pas uniquement sur un ordinateur, lisant ou commentant les articles des autres.

Ces mails ont aussi été l'occasion de me questionner sur mes convictions, mes engagements et mon positionnement. Sans presque m'en rendre compte, je me suis mis à regarder en arrière et je me suis demandé ce que j'ai fait au PS qui a pu rendre service à quelqu'un, qui a pu améliorer la vie des gens, qui a pu faire avancer la société.

Les débats inutiles dans les sections, les soirées à remplir les clubs de supporters des candidats, les campagnes électorales dans le seul but de faire élire une personne qui rapidement oubliait les promesses faites aux électeurs ou bien à participer au renforcement des courants qui ne profitait qu'à quelques apparatchiks bien installés dans les cabinets des collectivités territoriales.

Bien peu de chose en effet, sauf quelques coups de pouce donnés à des personnes qui en avaient vraiment besoin. Bien peu malheureusement, les copains à qui je demandais de l'aide et qui pouvaient débloquer des situations ne voulant presque jamais intervenir.

Alors ces e-mails ont aussi été l'occasion de me demander si je devais de nouveau militer dans un parti politique. Je dois vous avouer que je n'ai pas encore la réponse mais les doutes sont plus forts, plus intenses, presque capables de faire mal.

Moi qui n'ai jamais voté à droite de ma vie, je me suis demandé si je pouvais le faire un jour. Et je me suis rendu compte que poser la question, c'est déjà y répondre.

Je me suis aussi dit que le militantisme associatif peut être plus riche, plus intense, plus utile et surtout plus honnête que le militantisme politique.

Je me couche souvent tard, fatigué, mais avec le sentiment que ce que j'ai fait dans ma journée a servi à quelque chose. Certes, pas toujours. Mais souvent. Sentiment que je n'éprouvais plus depuis longtemps en politique.

Le militantisme associatif m'a aussi fait approcher des élus de droite, pour lesquels j'éprouvais un sentiment de rejet généralement. Je me suis rendu compte que cette droite que nous avions l'habitude de critiquer si souvent avait elle aussi sa version locale, plus humaine, plus attentive, plus sociale, plus bordelaise.

Je me suis rendu compte que la droite bordelaise n'est pas la droite parisienne, qu'elle a un coeur, contrairement à la gauche bordelaise. Oui, je le dis, la gauche bordelaise n'a pas de coeur, elle est enfermée dans son égoïsme, dans sa misère affective, dans ses petits palais de province et s'est coupée depuis longtemps des gens. Ce n'est pas un hasard si Alain Juppé a été réélu en 2008 dès le premier tour.

Je sais, là, en ce moment précis, vous vous demandez si je ne vais pas adhérer à l'UMP. Je vous rassure, ce n'est pas au programme mais ce qui peut l'être, c'est qu'un jour, aux élections locales je vote à droite. C'est nouveau pour moi et il n'y a pas si longtemps je me serais dit que j'étais un traître si je faisais cela. Aujourd'hui la question ne se pose plus.

J'ai eu, ces derniers mois, des contacts avec des mairies socialistes, Modem et UMP. Chez les socialistes ou chez le Modem je n'ai vu que la volonté de faire partir les étrangers (les rroms) dans la commune voisine. Dans les mairies UMP, le dialogue s'est installé, des mesures ont été prises pour améliorer la vie des gens et un travail de fond a été entrepris.

J'ai toujours entendu dire et dit moi-même que la droite et la gauche ce n'était pas la même chose. C'était vrai. Mais on n'a jamais précisé si la meilleure était la gauche ou la droite.

Tout cela pour vous dire que les e-mails se perdent, comme les votes, comme les âmes, comme les militants. Cela a parfois du bon, lorsqu'ils permettent de se remettre en question, de s'interroger, même si on ne trouve pas toujours la réponse.

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