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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 01:57

Tiens ! Et si on en parlait ?

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Published by Mouette Rieuse - dans Solidarité
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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 02:12

Cela fait maintenant une semaine que deux incendies se sont déclarés dans des squats d'immigrés dans l'agglomération bordelaise.

Le premier, vendredi en début d'après-midi, dans un squat de rroms roumains, le seul de l'agglomération bordelaise, situé à Cenon. Je vous en ai parlé ici à plusieurs reprises tout comme du combat qui nous a opposé au maire de cette ville.

L'autre squat qui a brûlé, est situé sur la commune de Bordeaux et était occupé par des bulgares turcophones. Une famille de rroms bulgares y habitait aussi. Un hangar industriel, recouvert d'éverite, où les bulgares ont construit des cabanes en bois. Chaque famille a sa cabane et on a l'impression de vivre dans un bidonville, la boue en moins.

Au dessus de leurs têtes, l'amiante en grande quantité qui, quand il a brûlé, est encore plus dangereux. Mais les habitants du hangar l'ignorent, ou ne comprennent pas, même si on a essayé de leur faire passer le message.

Ces deux situations sont la conséquence des conditions de vie, où les branchements sauvages au réseau électrique peuvent provoquer un drame à chaque instant. A l'intérieur des cabanes, des fours électriques, des grille-pains et autres plaques de cuisine servent de chauffages de fortune et je suis souvent surpris que les accidents ne soient pas plus nombreux.

A Bordeaux, la mairie a envisagé de reloger les personnes sinistrées la nuit même de l'incendie tout comme la nuit suivante. La première nuit, les habitants s'étaient évaporés dans la nature, ou dans d'autres squats. La deuxième nuit, j'ai demandé à la mairie de ne pas ouvrir le gymnase voisin car les bulgares avaient trouvé une solution de relogement.

A Cenon, au contraire, malgré le froid et la pluie, les 46 sinistrés, dont 25 enfants, certains des nourrissons et un bébé de trois semaines, aucune solution de relogement n'avait été envisagée ni par la mairie, ni par la CUB, propriétaire des lieux, ni par l'état malgré la présence de la directrice de la DDCS - Direction Départementale de la Cohésion Sociale (ex-DDASS). Vers 20 heures, tous les responsables présents sont partis, laissant les familles rroms sous un pont de chemin de fer, les gamins enroulés dans des couvertures.

Ils avaient passé l'après-midi dans le froid, ensuite sous la pluie, sans même pouvoir prendre un repas. Si des animaux étaient concernés, on aurait certainement eu plus d'égard envers eux.

Vers 20 heures, les nombreux militants associatifs ou politiques présents (NPA, Parti de Gauche, anarchistes) décident de transporter les rroms dans le gymnase Palmer, ouvert dans le cadre du plan grand froid.

Opération très rapide et efficace au point que ni les policiers présents ni même certains "militants" de la 25ème heure ne se sont rendus compte que les rroms n'étaient plus là.

Nous avons nous mêmes averti la préfecture de la Gironde de la présence des rroms dans le gymnase.

J'ai eu l'impression que certains se sont fait remonter les bretelles mais à partir de là les choses se sont mieux passées et la présence dusous-préfet de permanence a contribué à installer un dialogue constructif qui a apaisé les esprits et permis de trouver une solution pour le week-end.

Le lendemain, des repas chauds ont été servis par la mairie de Cenon et le maire a accepté certaines de nos demandes qui dataient depuis un an et demi à savoir que les enfants rroms puissent manger à la cantine de l'école ou que les adultes puissent élire domicile (domiciliation administrative) au CCAS de la ville.

Par remords ou parce qu'il était en campagne pour les élections cantonales, ce maire qui m'avait donné l'impression d'être un monstre est devenu tout simplement un homme, sensible aux problèmes de cette population. J'ai alors eu l'impression qu'il était plus bête que méchant, certainement très mal conseillé par des vieux cons d'adjoints qu'il ferait bien de virer aux prochaines élections municipales.

J'ai eu aussi l'impression qu'il a souffert de cette image que nous avons donné de lui, lui qui se veut proche des gens. Je ne sais pas quoi penser, ce que j'ai constaté, c'est que ce n'était pas le même maire que j'avais rencontré dans son bureau et que j'avais mis au tribunal.

Mais lundi matin, parce qu'ils avaient donné leur parole à Madame le sous préfet, les rroms ont tenu à quitter le gymnase avant huit heures du matin. La veille, ils avaient repéré deux autres squats. L'installation dans l'un d'eux s'est avérée compliquée et ils se sont tous installés dans une maison abandonnée sur la commune de Lormont.

Des responsables et élus de la mairie se sont rendus sur place le matin même, gênés parce que la maison appartenait à des propriétaires privés mais ont toutefois apporté l'aide d'urgence dont avaient besoin les rroms avec le soutien d'associations locales.

Je ne sais pas si les rroms resteront longtemps dans ce squat. Ce que je sais, c'est qu'encore une fois, au lieu de trouver une solution sérieuse pour ce petit groupe, on le laisse errer de squat en squat en attendant 2012. Pourtant, dans ce groupe, sept adultes viennent d'obtenir un titre de séjour, ce qui fait que 20 personnes (enfants compris) devraient être relogées dans le cadre de la MOUS. Mais comme d'habitude, la MOUS n'a pas de solutions avant au moins quinze jours. Il faut dire que depuis plus d'un an, la MOUS n'a pas été capable de reloger de façon pérenne une seule famille. Pourtant, c'était sa mission principale. Volonté politique ou échec volontaire ? J'y reviendrai.

Pour terminer, je voudrais ici saluer l'engagement et le soutien des instituteurs et directeurs(trices) des écoles fréquentées par les enfants du squat. Que ce soit ceux/celles des écoles de Cenon ou de Bordeaux, ils/elles ont été extraordinaires et très présent(e)s. Chapeau !

Mais merci aussi à tous ceux, nombreux, qui pour la première fois se sont engagés auprès des rroms. Vous avez tous été extraordinaires !

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 10:28

 

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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 19:48
Voilà une excellente journée que ce vendredi 5 février. Vers 14H30, le branchement électrique du squat de l'avenue Thiers à Bordeaux a été effectué. C'est une très bonne nouvelle car les soucis d'électricité étaient l'objet du plus grand nombre d'appels que je recevais depuis ce squat, presque toujours tard le soir.

L'installation est aux normes à l'extérieur mais pas encore à l'intérieur. L'immeuble appartenant à la CUB, elle avait engagé une procédure d'expulsion qui n'a jamais été exécutée. C'est donc l'État qui est responsable en cas d'accident.

Je suppose donc, que dans le cadre de la MOUS mise en place par l'État, celui-ci fera les travaux nécessaires pour mettre aux normes l'installation électrique à l'intérieur du bâtiment pour éviter les accidents.

Je sais, j'en demande un peu trop. Mais la MOUS sert aussi à cela (enfin, je suppose...).

Mais ce branchement sera surtout bénéfique aux bulgares habitant dans le squat car ils n'auront plus des coupures à répétition, des branchements sauvages à refaire en permanence avec les risques que cela comporte et surtout les poursuites judiciaires que cela entraîne.

Merci encore au maire adjoint du quartier ainsi qu'à l'agent de proximité de la mairie chargé du secteur pour leur aide dans cette affaire. Par contre, carton rouge au CCAS de Bordeaux pour son manque de communication et de collaboration avec les associations intervenant sur le squat. Mais bon, on a l'habitude... depuis 2007 cela coince avec quelques fonctionnaires du CCAS. Il est vrai qu'ils ont laissé une famille dans un appartement pendant presque un an sans chauffage ni eau chaude.

Juste un point négatif, les habitants du squat situé dans un hangar à 150 mètres du bâtiment, n'auront pas accès à ce dispositif. Mais on ne peut pas tout avoir...

On attend maintenant un petit effort pour les autres squats. A Cenon, par exemple, il suffit juste de brancher le compteur qui est sur place.

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 01:17
Les choses n'arrivent jamais seules. Il faut toujours un petit déclic pour les provoquer, parfois de grands combats et souvent la volonté forte d'hommes ou de femmes pour que les choses aboutissent.

Ce fut le cas pour obtenir un raccordement au réseau EDF pour le squat de bulgares de l'avenue Thiers à Bordeaux.

La tenacité de certains et la volonté de quelques autres a permis de trouver une solution sérieuse au problème qui envenimait la vie des habitants de ce squat.

Il devenait urgent de faire quelque chose car les branchements sauvages étaient dangereux et dernièrement ont même provoqué des poursuites judiciaires pour leurs auteurs.

On en a parlé longuement et je ne vais pas y revenir même si je n'en pense pas moins. Ce qui est important aujourd'hui, c'est que la mairie de Bordeaux s'est engagée dans une démarche humanitaire, sociale et politique.

Elle a donné l'exemple à l'État, qui semble traîner les pieds, que si on avait la volonté on pouvait obtenir des résultats rapidement pour améliorer les conditions de vie des ces hommes, femmes et enfants qui vivent dans des conditions indignes.

Ils auront un peu plus de confort la semaine prochaine et je voudrais remercier ici la mairie de Bordeaux et en particulier le maire-adjoint de la Bastide, Muriel Parcelier, pour son engagement dans ce dossier.

Je n'ai jamais voté à droite de ma vie mais si cela continue comme ça, il se pourrait que je vote UMP aux prochaines municipales.

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 22:07

Vendredi soir, pendant que tous les décideurs (ou leurs représentants) se penchaient sur le sort des rroms de l'agglomération bordelaise, un début d'incendie a eu lieu dans un boîtier électrique situé à l'extérieur de l'immeuble occupé par les rroms bulgares.

Je venais de demander lors de cette réunion qu'on installe des branchements électriques dignes de ce nom, avec compteur, pour que les rroms puissent avoir accès à l'électricité, ce qui a été refusé par le représentant de la CUB.

Nous avons oublié depuis longtemps l'importance de l'électricité, tellement elle fait partie de notre quotidien et ne nous rendons compte de son importance que lorsqu'il y a une panne ou une catastrophe pour nous faire revenir aux bougies.

Il va sans dire qu'un branchement sécurisé éviterait tous ces débuts d'incendies que nous connaissons régulièrement.

Autre lieu, autre sujet mais toujours avec des rroms.

Samedi matin, lors de l'inauguration de la permanence électorale de Alain Rousset, une jeune femme rrom a essayé de faire la manche devant la permanence, vu le grand nombre de "gens de gauche" présents.

Mais la gauche n'a plus le monopole du coeur, elle n'a même plus de coeur du tout. La jeune femme a été chassée dans les cinq minutes, sous prétexte qu'il allait y avoir des gens importants.

Effectivement, tout ce que l'Aquitaine avait de gens (socialistes) importants était là. Aucun, je dis bien aucun, n'a donné une petite pièce à cette jeune femme qui mendiait.
Non seulement elle a été chassée alors qu'on n'avait pas le droit de le faire, la mendicité n'étant pas interdite, mais de plus elle n'a même pas reçu un centime.

Triste gauche ! Tristes socialistes !

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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 01:37

Depuis quelques semaines, les associations qui visitent les rroms des squats bordelais (Médecins du Monde et Procom) attirent l'attention des pouvoirs publics sur la situation du bidonville de Floirac où vivent un peu plus de 100 rroms bulgares.

Des demandes ont été faites à la mairie de Floirac, à la préfecture de Gironde ainsi qu'à la Communauté Urbaine de Bordeaux, propriétaire du terrain. Les demandes portaient sur le ramassage des tonnes d'ordures amassées depuis presque cinq ans, sur la livraison d'un camion de gravier pour mettre fin à la boue au milieu des baraques du bidonville, l'installation de toilettes et d'un point d'eau et dernièrement un appel a été lancé pour avoir du bois de chauffage, les rroms ayant brûlé tout ce qui pouvait l'être dans les environs.
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Depuis, un membre de RESF a rejoint le collectif qui intervient dans ce squat et son action a permis un certain nombre d'avancées surtout pour la scolarisation des enfants.

Avec l'arrivée du froid dans la région bordelaise, France 3 Aquitaine et TV 7 (télé locale Bordeaux) ont souhaité rendre compte des conséquences de cette vague de froid sur le quotidien des rroms en accompagnant une équipe de bénévoles de Médecins du Monde en visite à ce squat comme elle le fait régulièrement.
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Les équipes de télévision ont remarqué que l'urgence était de porter du bois aux rroms, qui seront en danger si le froid continue. Il y a dans ce bidonville, des bébés et des personnes âgées (78 ans) ainsi que des personnes ayant des problèmes de santé assez graves.

Une vingtaine de minutes avant notre arrivée, une équipe d'EDF venait de couper l'électricité aux habitants du squat, malgré le froid, ce qui empêchait tout branchement de chauffage électrique.

A tous ceux qui auront l'amabilité de lire ce billet et qui en auront la possibilité, je les invite à porter du bois aux rroms de ce bidonville. Planches de bois, troncs d'arbres, palettes, etc.
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Le bidonville se trouve rue Jules Guesde à Floirac, à 200 mètres de la mairie, juste à côté de la voie de chemin de fer désaffectée. Vous pouvez laisser le bois sur le parking en terre battue, situé juste à côté du squat. Mais vous pouvez aussi entrer sur le terrain, vous serez les bienvenus.


Les rroms comptent sur vous, sur vos amis, sur votre famille. Mobilisez autour de vous...

Pour voir le reportage de France 3 Aquitaine, cliquez ici (édition du 16/12).
Article Sud Ouest et vidéo de TV 7, cliquez ici

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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 14:38

Je vous rassure tout de suite, il n'y a pas encore eu de morts en raison du froid. Pourtant, cela pourrait être le titre d'un article de journal dans les jours qui viennent si rien n'est fait.

Alors que certains départementS activent le plan grand froid pour venir en aide à ceux qui vivent dans la rue, les rroms de l'agglomération bordelaise sont oubliés en cette période où les températures baissent sérieusement.

Dans les jours qui viennent, les prévisions météorologiques annoncent moins 5 ou moins six degrés à Bordeaux, certainement moins 8 ou moins 10 à l'extérieur de la ville et malgré les alertes des associations, personne n'est venue en aide aux rroms.

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Dans certains squats, cette année, il manquent cruellement de bois, indispensable pour avoir un peu de chaleur dans les baraques en tôles et en bois, construites à même le sol, souvent au milieu de la boue.

On ne peut pas installer des chauffages électriques car les installations électriques, quand il y en a, sont des branchements sauvages, incapables de supporter une grande charge.

Les squats de rroms de l'agglomération bordelaise existent depuis plusieurs années et les années précédentes le problème du bois ne se posait pas. Ayant brûlé tout ce qui pouvait l'être et qui se trouvait à proximité, ils n'ont plus rien pour se chauffer.

Il y a dans les squats des enfants en bas âge mais aussi des personnes âgées, une femme ayant 78 ans et des problèmes de santé.

Tout cela se passe bien loin de nos appartements surchauffés, bien loin de nos bureaux, bien loin de nos yeux surtout.

Nous sommes très forts pour réclamer des droits pour les malheureux du bout du monde mais bien peu nombreux à réclamer les mêmes droits pour ceux qui vivent dans la misère juste devant nos fenêtres.

Comment justifier que personne ne s'indigne que des hommes, des femmes et des enfants vivent sans eau no électricité, sans chauffage, sans douches ni cabinets de toilette dans une agglomération de 800 000 habitants ?

On me propose souvent des vêtements pour les rroms. Les vêtements ils en trouvent très souvent dans les poubelles. Ils ont aujourd'hui besoin de bois, d'un camion de gravier, d'eau et d'électricité. Parfois d'un peu de nourriture.

Mais le plus urgent est vraiment le bois, au risque de me répéter. Si dans quelques jours il y a un mort en raison du froid, vous n'aurez plus le droit de vous indigner, vous ne pouvez plus crier au scandale, parce que vous étiez au courant et n'avez rien fait. Parce que vous aviez la possibilité de mettre la pression sur les pouvoirs publics et vous ne l'avez pas fait.

Rassurez-vous, il vous restera toujours une glace dans votre salle de bains chauffée, qui renvoie toujours une image fausse et qui a l'avantage de ne pas vous mettre devant votre conscience.

Bonne journée. Et faites attention aux coups de chaleur...



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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 23:16
La sortie de Pierre Bergé contre le Téléthon a le mérite d'obliger les français à réfléchir sur le sens du don qu'ils font annuellement soit pour contribuer à une bonne cause mais parfois aussi pour se donner bonne conscience.

Je suis de l'avis de Pierre Bergé et j'ai toujours trouvé indécente cette mise en scène des enfants ayant pour seul but de récolter des millions.

Lorsque les millions d'euros tombent sur les comptes bancaires de l'AFM, le donateur n'est plus informé de la façon dont est dépensé le don qu'il a fait. 

Comme beaucoup d'autres associations, une partie de ces dons va, je suppose, être investi pour rechercher de nouveaux dons. Certaines grandes ONG utilisent 40% et parfois plus des dons qui leur sont faits pour la recherche... de nouveaux dons et de nouveaux donateurs.

Il y a aussi les frais de fonctionnement et autres investissements. Parfois, sur 10 € versés, seulement 2 ou 3 € vont à la cause pour laquelle le don était destiné.

Dans le cas du Téléthon, la télévision et le rôle de la presse en général a contribué au succès que nous connaissons, faisant de cette émission un classique comme "Intervilles" ou "Qui veut gagner des millions". Nous avons voulu faire un remake de ce qui se fait aux USA, vedettes du petit écran compris.

Du coup, l'AFM est certainement devenue une des associations les plus riches de France et le coup de gueule de Pierre Bergé est sain car il doit faire réfléchir les donateurs.

Faut-il mettre en scène des enfants malades pour obtenir des dons ? Les autres causes pour lesquelles se battent des centaines ou des milliers de bénévoles ne valent-elles pas la peine d'être aidées ? Les particuliers doivent-ils se substituer à l'état pour compenser le manque de moyens de la recherche ?

Mais le donnateur doit aussi se demander pourquoi il donne pour une cause qui passe à la télévision et ne donne pas un bout de pain au clochard qui fait la manche dans son quartier. Est-ce parce que le malheur est plus soft à la télévision ? Ou bien parce que le clochard sent mauvais ?

Tiens, l'année dernière, en fin d'année, j'ai envoyé une lettre à 50 entreprises de Gironde (très grosses entreprises mais aussi grands restaurants, etc) en leur demandant une aide pour distribuer de la nourriture aux rroms qui vivaient dans les squats bordelais.

Sur ces 50 entreprises, une seule a répondu présente et a envoyé un chèque de 150 €. Les autres, rien ! Grand Hôtel, Régent, Saint James, le 48, Fayat, Antoine et plein d'autres, tous des grands noms dans la région bordelaise, n'ont même pas eu la délicatesse de répondre même par la négative.

Un autre appel lancé dans ce blog pour parrainer des enfants rroms des squats bordelais n'a obtenu que quatre ou cinq réponses, toutes de mes amis et comme il en fallait beaucoup plus, il n'a pas été donné de suite à ces parrainages. 

Tout cela était bien loin des caméras de télévision et c'est bien ce que reproche Pierre Bergé. La mise en scène des enfants rapporte et il est vrai que cela casse la dynamique du don dont pourraient bénéficier d'autres associations.

J'ai l'habitude d'engueuler ma famille et mes amis qui envoyent des chèques pour le Téléthon. Promis, cette année je les enferme dans une pièce sans télévision et sans téléphone.
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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 00:15
Images de misère, images de souffrance, images d'indifférence.

Ce n'est pas au bout du monde, c'est tout près de chez nous, juste à côté de très beaux immeubles tout neufs.

Les enfants ont les pieds dans la boue, les vêtements mouillées et pleins de boue jusqu'aux genoux, la fumée des poêles à bois les fait sortir de leurs baraques pour ne pas s'intoxiquer. Mais du bois, il n'y en a plus, d'ailleurs. Autour, tout a été brûlé. Il n'y a plus rien à brûler, à part les baraques elles-mêmes.

Ah, si ! Il reste les tonnes d'ordures, accumulées depuis presque cinq ans. Il y a aussi les rats.

Mais franchement, ce n'est pas bien grave. Ils ne sont même pas français.

Et puis, samedi, avec un médecin de Médecins du Monde, nous sommes partis à la recherche d'une famille dont la femme était enceinte. Nous ne l'avons pas trouvée. Elle était partie en Roumanie avec ses deux enfants de 9 et 6 ans.

Par contre, nous avons trouvé son mari, accompagné d'un vieil homme, certainement son père, en train de manger dans une baraque.

Depuis deux ans et demi que j'interviens auprès des rroms, je n'ai jamais vu une situation aussi misérable. La baraque était construite contre un mur, avec une couverture en bois. Pas d'autres murs, pas de portes non plus. De la boue partout. Et un froid à vous glacer sur place. Il pleuvait.

Les deux hommes, gênés, nous ont bien accueillis mais nous ont demandé s'il était possible de les rencontrer ailleurs la prochaine fois.

J'en ai vu des choses dans ma vie, pourtant, j'ai eu du mal à m'endormir en pensant à ces deux vieux, dont l'un mangeait un bout de saucisson et l'autre un plat qui semblait une soupe aux haricots blancs. Vous ne verrez pas d'images de cette situation. Je ne voudrais pas vous donner mauvaise conscience.

Et là, je me suis dit que j'ai bien fait de ne pas aller au Forum Social organisé au Hangar 14 où l'on a beaucoup parlé de solidarité.

Actes et paroles, c'est tellement différent.

 



Le journal Sud Ouest a publié ce matin un article sur la situation dans le squat de Floirac. Pour lire, cliquez ici.
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