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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 01:39

Depuis déjà longtemps, les roms sont devenus un sujet de polémique entre politiques.

Pour les uns ils sont des voleurs sans vergogne, pour les autres des pauvres malheureux qui meurent de faim. La vérité est entre les deux, parfois assez éloignée des clichés tout fabriqués par les occidentaux que nous sommes.

Le rom voleur existe, tout comme le rom travailleur, qui se lève tôt, qui gagne sa vie à la sueur de son front.  Parfois le rom est un exemple pour ses collègues de travail, assidu, courageux et travailleur.

Parfois aussi, le rom est l’exemple qu'on voudrait cacher, car il a un comportement peu conforme aux règles de la vie en commun, à la limite de la légalité et même souvent  ayant franchi la ligne rouge.

Les politiques connaissent mal cette population et s’en servent souvent dans leurs batailles dans les hémicycles.  Pourtant, ils sont bien nombreux à aller sur les squats, voir leurs conditions de vie, discuter avec eux de leurs problèmes.

Peux nombreux sont aussi ceux qui vont à la rencontre des riverains, souvent excédés par les nuisances créées par les squatters. Musique à fond lors des différentes fêtes (anniversaires, mariages, etc.) organisées dans les squats, feux avec des fumées toxiques lorsqu’ils brûlent les câbles électriques pour récupérer le cuivre, fourgons stationnés en permanence sur la voie publique, poubelles débordant sur le trottoir, prostituées habitant sur les squats avec leurs proxénètes et bien d’autres choses dont je ne manquerai pas de vous parler dans les prochains billets.

Mais les roms sont aussi utilisés par les politiques, comme des bêtes de cirque, dans les colloques et autres réunions où l’on retrouve parfois des « spécialistes » mais aussi du public en général. Les roms y parlent de leurs parcours de vie, des problèmes qu’ils ont rencontré dans le processus d’intégration, parfois des réussites souvent grâce à leur volonté de s’en sortir.

Parfois le public semble s’apitoyer sur leur sort, parfois il semble admiratif devant leur courage. Mais ils restent des roms aux yeux de tous, alors qu’on devrait les considérer seulement comme des européens sans avoir besoin de leur demander de témoigner des difficultés rencontrées.

Quand les politiques comprendront qu’il vaut mieux évoluer très vite vers le droit commun plutôt que d’en discuter des dizaines de fois, pour se faire plaisir ou pour donner l’impression qu’on s’intéresse aux roms, alors nous pourrons considérer que l’intégration est réussie, que les roms sont des citoyens comme les autres.

D’ailleurs, il convient de préciser qu’ils n’ont pas un passeport rom mais un passeport bulgare ou roumain, parfois d’un autre pays.   En tenir compte c’est déjà oublier ses préjugés.

Est-ce que cela viendrait à l’idée de quelqu’un d’organiser un colloque sur les alsaciens, les auvergnats ou les basques ?

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Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 12:14

Nous nous doutions tous qu'à un moment ou un autre les rroms seraient au centre de la campagne présidentielle. Ce que personne n'imaginait, c'est que ce serait François Hollande qui allait créer la polémique.

Il y a quelques semaines, lors d'une émission sur Canal Plus, par maladresse ou par ignorance, il a exprimé ce que beaucoup de ses amis socialistes pensent depuis longtemps.

Dans son camp, personne n'a réagi à ses propos, personne ne s'est indigné. Tous ceux qui crient au scandale quand la droits s'exprime sur le sujet semblent avoir une oreille sélective.

François Hollande a bien parlé de camps créés par les pouvoirs publics, il a bien indiqué que l'Europe devrait fixer une règle pour fixer cette population là où elle doit vivre, c'est à dire en Roumanie.

Mais monsieur Hollande ne sait-il peut-être pas que des rroms il n'y en a pas seulement en Roumanie, il ne sait peut-être pas non plus que les rroms roumains ou bulgares sont des citoyens européens comme les autres.

Quand on est candidat à la présidence de la République on n'a pas le droit de dire de telles absurdités qu'on ne dirait pas si on parlait d'anglais, allemands, espagnols ou italiens. Pourquoi pas, alors, remettre en cause la résidence de tous ces anglais dans le périgord ?

Ah ! C'est vrai, ce sont des riches...

Pour être franc avec vous, je ne suis pas étonné de cette position du candidat socialiste. Mon expérience associative et maintenant professionnelle me permet chaque jour de vérifier les actions mises en place par les différentes collectivités, tenues par la droite ou la gauche.

Combien de mairies socialistes ont demandé l'expulsion des rroms de leur territoire ? Combien de Conseils Généraux dirigés par les socialistes mènent des politiques auprès de cette population souvent en situation bien difficile ? Combien de Conseils Régionaux socialistes se sont engagés dans la formation professionnelle des jeunes rroms en grand échec scolaire ?

Le problème est là, les rroms presque tout le monde s'en fout ! Ils ne votent pas et peuvent même faire perdre pas mal de voix si un candidat avait l'idée de les soutenir.

Je reviendrai dans un prochain billet sur les engagements en faveur des rroms des différentes collectivités girondines.Vous verrez que les actions viennent de là où l'on ne s'attend pas. D'autres, malgré des promesses anciennes, ne se bougent toujours pas.

Pour revenir à François Hollande, il faut qu'il comprenne que faire une réglementation européenne pour que les rroms restent vivre en Roumanie est non seulement un acte de discrimination mais est contraire au principe même de la libre circulation pour TOUS les citoyens européens.

S'il est élu, François Hollande peut rattraper ses propos en levant immédiatement les mesures transitoires qui freinent l'accès à l'emploi en France pour les ressortissants roumains et bulgares, comme l'ont déjà fait d'autres pays européens. La levée de ces mesures permettra alors l'accès au droit commun, seule clé pour l'accès au logement, à la formation professionnelle, la scolarisation où l'accès au soins.

Mais tout cela le veut-il ? Ne fera-t-il pas comme le président actuel qui préfère avoir les rroms dans les squats, où ils continueront à avoir quelques activités en marge de la légalité, pour mieux s'en servir auprès de l'opinion publique mais aussi pour mieux les surveiller.

Vivement que la campagne se termine, que nous soyons fixés sur le sort qui leur sera réservé ! 

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 23:42

Que de choses se sont passées depuis mon dernier billet...

L'expulsion pure et dure d'un squat de rroms bulgares un mardi à 6 heures du matin, suivie d'un retour "humanitaire" par avion le lendemain pour 155 personnes et puis le jeudi à 6H30 le "déplacement" des habitants d'un autre squat de quelques dizaines de mètres pour raisons de sécurité.DSC01150.JPG

Il est vrai que ce squat posait vraiment problème non seulement en raison de l'amiante mais aussi de par le fonctionnement d'une partie des bulgares qui y vivaient.

Tout le monde était d'accord qu'il fallait une intervention policière sur ce site et nous avions pris des engagements dans ce sens avec la préfecture.

Mais cela ne s'est pas passé comme prévu. L"évacuation du premier squat n'était pas à l'ordre du jour et j'ai eu l'impression que le préfet a voulu faire un test auprès des associations et de la presse.

La mobilisation des uns et des autres a certainement transformé l'évacuation en d"placement. Je regrette que cela se soit passé de cette manière, ces opérations n'ayant, du coup, pas atteint l'objectif initial.

Subissant une opération ratée, tout le monde a été obligé de régir dans l'urgence. La mairie de Bordeaux qui a ouvert un gymnase pour mettre à l'abri les familles qui le souhaitaient (le gymnase est resté ouvert du jeudi au lundi matin), elle a aussi fait livrer du bois pour construite une quinzaine de cabanes.DSC01233.JPG

Alain Juppé en personne s'est déplacé pour se rendre compte de la situation et a donné ordre d'acheter du bois pour construire cinq cabanes de plus.

Deux médiateurs ont été embauchés par la mairie de Bordeaux et une action d'accompagnement a été mise en place auprès de ces familles.

La tâche sera très difficile, la situation familles concernées étant complexe, les activités des unes ou des autres différentes, leur fonctionnement aussi. La gestion du site demandera des efforts à tout le monde, rroms y compris.

A regretter l'absence de la CUB et du Conseil Général de la Gironde dans l'accompagnement de ces familles. Il manque des sanitaires, une installation électrique sûre, un point d'eau, etc.

La vie s'organise sur ce site composé de cabanes en bois, de caravanes et d'un bâtiment en dur.

Après l'évacuation des véhicules et le nettoyage du site, la prochaine étape sera la scolarisation de tous les enfants même si beaucoup d'entre eux ont déjà repris le chemin de l'école. Ensuite viendront d'autres démarches afin d'accompagner ces familles vers l'intégration.DSC01213.JPG

Le plus difficile sera certainement de faire respecter certaines règles de vie commune dans ces lieux qui n'ont pas l'habitude d'avoir des règles de fonctionnement.

La volonté de tous est grande pour que ce projet soit une réussite même si je regrette que parfois certaines personnes viennent mettre leur grains de sel dans une tambouille déjà assez compliquée et à laquelle ils ne connaissent souvent rien. Ce sont souvent des bobos venus se donner bonne conscience, parfois pour épater leurs amis ou alors critiquer alors qu'on ne les a jamais vus faire quoi que ce soit pour les rroms. Enfin, si ! J'en ai vu passer des gens qui ne sont venus que pour faire des photos, des recherches et autres études sur les rroms. Ils ont pris ce qui les intéressait et ensuite on ne les a jamais revus...

En marge de tout cela, une bonne nouvelle. Le jour même de la deuxième expulsion, le préfet de Gironde a annoncé le lancement d'une nouvelle phase de la MOUS (Mous 3) qui tiendra compte des erreurs commises lors des deux premières phases. Cela m'a fait tellement plaisir d'autant plus que ces erreurs je suis le seul à les dénoncer depuis un an et demi. En fait la nouvelle méthode correspond presque exactement à ce qui je préconise depuis janvier 2010.

Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis... Dommage que parfois ils mettent trop longtemps pour s'en rendre compte !

DSC01170.JPGDSC01166.JPG


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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 16:47

Ce n'est pas que je sois pressé que les vacances se terminent mais plutôt que la politique menée pour les rroms de l'agglomération soit plus claire, plus lisible par tous ceux qui sont concernés par le sujet, à commencer par les rroms eux-mêmes.

Après une MOUS (Maîtrise d'Oeuvre Urbaine et Sociale) en deux phases d'une durée totale de 18 mois, il semble qu'une troisième phase se dessine, certainement pour le début de l'année.

Le financement est là, la volonté politique aussi (même si elle me semble faible), mais le choix de l'outil semble avoir été fait sans réflexion malgré la demande des associations Médecins du Monde et Procom qui souhaitaient que l'État propose d'autres outils juridiques pour que les différents partenaires puissent faire le choix de celui qui semblerait le plus adapté.

Le choix du dispositif est d'autant plus important que tout le monde s'accorde pour dire qu'il y a eu des erreurs qui ont été faites lors des deux premières phases. J'en profite pour vous dire que cela me fait énormément plaisir que ces erreurs soient reconnues parce que j'ai été le seul à les dénoncer pendant de longs mois. J'adore avoir raison avant les autres... LOL !

Pour cette prochaine phase, nous avons commencé à faire quelques propositions qui, je l'espère, seront prises en compte si on veut obtenir de meilleurs résultats.

Vu de loin, vous devez vous dire que cela a bien peu d'importance. Bien au contraire. Il s'agit de la vie de familles complètes, venues en France avec l'espoir de donner une vie meilleure à leurs enfants. Il s'agit aussi du sort de personnes, pour qui les décisions sont prises, sans leur demander leur avis, comme si nous avions une quelconque légitimité pour choisir la vie des autres.

Le mois d'août devait être le mois des grandes opérations de départs volontaires, ou pas, afin de repartir sur de nouvelles bases de permettre un meilleur accompagnement de la population roumaine ou bulgare habitant dans les squats.

Depuis ce matin, le seul squat de roumains est fermé, sur décision de justice, et les rroms sont partis en Roumanie. Seules sont restées deux familles, qui iront s'installer un peu plus loin, certainement en caravane, pour ne plus avoir à chercher un nouveau site dont ils seront expulsés dans quelques mois.

Pour l'une des familles retournées en Roumanie, je pense que nous avons tous raté quelque chose. J'ai demandé il y a quelques semaines à l'État de leur accorder des titres de séjour, en raison de leur parcours de vie, de la scolarisation de tous leurs enfants, de leur histoire personnelle.

Les enseignants des différents établissements scolaires avaient déjà écrit au préfet pour demander un titre de séjour pour cette famille. Mais l'administration fait peu cas de l'avis des gens qui côtoient les rroms, même quand leur avis est des plus intéressants. Souvent les décision sont prises sur dossier, presque toujours préparés à la va-vite, sans véritable connaissance des familles.

Peut-être qu'un jour cela changera... Un jour... Mais quand ?

Vivement septembre pour que nous en sachions un peu plus sur la politique qui sera menée dans les mois à venir ou même jusqu'en 2014 pour les rroms de l'agglomération.



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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 17:55

Dans l'agglomération bordelaise comme dans le reste de la France, on parle de plus en plus de rroms, souvent en confondant rroms et roumains, parfois rroms et bulgares et encore plus souvent rroms et gens du voyage.

S'il est vrai que le mot rrom, qui signifie "homme adulte" en romani (la langue tsigane), peut être utilisé pour l'ensemble de la population tsigane, ce mot est surtout adapté pour désigner les tsiganes de l'Europe de l'est. D'ailleurs, il me semble que les gens du voyage français préfèrent qu'on les appelle "gitans", parfois "gitans espagnols" que rroms.

Le mode de vie des uns et des autres est aussi différent, les rroms étant presque toujours sédentaires y compris dans leurs pays d'origine.223.jpg

A Bordeaux, le terme rrom ne correspond absolument pas à l'utilisation que nous en faisons, souvent par ignorance, parfois par facilité.

Nous avons pris l'habitude de désigner les personnes originaires de Bulgarie et de Roumanie habitant dans les squats de l'agglomération par le mot rrom. Pourtant, il y a dans ces squats une importance population non rrom surtout dans la communauté bulgare.

Chez les roumains, un petit groupe d'individus habitant dans un squat à Lormont, il n'y  que des tsiganes. Par contre, chez les bulgares, répartis sur six sites différents, on y trouve un mélange assez complexe. Tsiganes bulgares, bulgares turcophones (ils se désignent eux-mêmes comme bulgares turcs), bulgares grecs et bulgares tout court. Vous suivez ?

J'ai, comme un médecin intervenant dans les squats, mis longtemps à comprendre tout cela.

En fait, en raison des activités des uns et des autres, différentes en fonction du groupe auquel ils appartiennent, je ne suis pas sur que d'utiliser le terme rrom pour les désigner puisse rendre service aux rroms, bien au contraire.

Être rrom aujourd'hui en France est difficile, moins que d'être roumain ou bulgare. En même temps, l'action des association et l'intérêt des médias permet parfois de les protéger contre la politique gouvernementale et d'autres populations l'ont compris. Chez nous, les bulgares non rroms se mélangent aux rroms dans les squats car ils ne paient pas de loyer, pas d'électricité ou d'eau (quand il y en a). Il y a même des bulgares avec des titres de séjour qui ont abandonné leurs appartements pour s'installer dans les squats.

Alors, ces rroms qui dérangent dans le tramway, qui font la manche, qui nettoyent les pare-brises des voitures, qui font commerce de la ferraille, sont-ils vraiment des rroms ?

Vous en saurez un peu plus en suivant le fil du blog dans les prochains billets où je vous tiendrai au courant de la situation car il va y avoir un peu de mouvement dans les jours qui viennent.

Je vous conseille aussi de lire dès demain, mardi, un article important sur le sujet dans notre quotidien régional Sud Ouest.



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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 11:32

Ce n'est plus un secret pour personne, Dominique Schmitt, le préfet de la Gironde s'en va. Un nouveau préfet, Patrick Stefanini, a été nommé ce matin.

Si son parcours personnel peut être considéré comme un mauvais signe pour les étrangers résidant en Gironde, sa proximité avec Alain Juppé est peut-être une bonne nouvelle pour les rroms. D'ailleurs, je pense que le maire de Bordeaux n'est pas étranger à sa nomination en Gironde.

Comme vous le savez, l'ancien préfet avait trouvé un arrangement avec le président de la CUB pour vider et détruire les squats de rroms e l'agglomération bordelaise. A la fin de l'année scolaire les forces de l'ordre et les pelleteuses devaient entrer en action.

L'arrivée de Patrick Stefanini devrait perturber les souhaits de la CUB et pourrait même permettre de mettre en place un dispositif efficace pour l'après MOUS.

Avec ce nouveau préfet, les propositions que nous faisons en collaboration avec les élus de la mairie de Bordeaux, pourraient trouver une oreille attentive, ce qui n'était pas le cas avec Dominique Schmitt.

C'est donc avec beaucoup d'espoir que je ferai part aux rroms de la nomination d'un nouveau préfet.

A suivre...

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 10:44

La solution finale a été trouvée !

Les rroms de l'agglomération bordelaise vont jubiler quand ils apprendront les décisions présentées ce matin à la presse par le président de la CUB, Vincent Feltesse, dans les locaux du Cos, l'opérateur de la Mous Rroms.

Il a fallu 16 mois pour diagnostiquer 450 personnes, enfants compris, pour enfin décider de les reloger dans de petites structures dans différentes villes de la CUB.

Franchement, si on m'avait écouté il y a un an, ils auraient gagné beaucoup de temps.

Passons !

De ces 450 personnes, 200 vont être relogées et bénéficieront de facilités pour s'intégrer. Apprentissage de la langue, accompagnement vers l'emploi (peut-être), tout sera fait pour que les tsiganes deviennent de bons immigrés. 100 personnes, soit environ 20 familles, seront relogées dans les semaines qui viennent à Bruges, Bordeaux, Bègles, etc. D'ailleurs, ce matin, Vincent Feltesse et Noël Mamère, ont visité ensemble une de ces maisons destinées à accueillir les rroms.

Les emplacements restent secrets en raison du risque d'opposition de la population à l'arrivée de ces voisins indésirables, ce qui pourrait faire capoter le projet.

Après ces relogement, les pouvoirs publics feront raser tous les squats de rroms de l'agglomération et les 250 personnes restantes seront priées d'aller tenter leur chance ailleurs.

Le préfet de Gironde en a décidé ainsi, comme il décide de la méthode du casting, de ses règles et même du choix des heureux gagnants qui seront récompensés par une autorisation provisoire de séjour (APS) de trois mois qui ne leur donne pas le droit de travailler. D'ailleurs, 3 mois est la période pendant laquelle ils peuvent rester en France sans titre de séjour. Cherchez l'erreur !

Aujourd'hui, les associations de terrain, Médecins du Monde et Procom, présentes dans les squats depuis 2007, ne savent absolument pas qui a été choisi pour être relogé ou bénéficier d'un titre de séjour. Pourtant, aussi bien l'une que l'autre ont fait un travail considérable auprès de la population rrom. Pourquoi les autorités n'ont pas tenu compte de leurs avis ?

Pourquoi aussi avoir attribué des titres de séjour à des voyous, qui refusent d'envoyer leurs enfants à l'école, qui cherchent uniquement à bénéficier des allocations familiales sans à aucun moment manifester une volonté d'intégration ou de respect des lois de la république ?

A côté, des familles sérieuses sont restées ignorées des pouvoirs publics certainement victimes de la mauvaise connaissance de ces familles par l'opérateur de la Mous.

Un jour, il faudra qu'on m'explique.

Comme il faudra qu'on m'explique pourquoi certains squats n'ont jamais été diagnostiqués, d'autres ne l'ont été qu'à moitié et d'autres l'ont été à deux reprises (du moins les mêmes individus). Il faudra aussi expliquer pourquoi tout a été si secret, pourquoi aucun chiffre n'a été communiqué, pourquoi les comptes-rendus contenaient de fausses informations.

Qu'avait-on à cacher ? Et pourquoi le cacher ? Combien ont coûté réellement les deux phases de la Mous et l'accompagnement des 14 familles choisies ?

Je vais suivre cela de près et si un certain nombre de familles que je considère parfaitement en situation d'être accompagnées dans le processus d'intégration n'ont pas été prises en charge, en particulier les bulgares du squat de l'avenue Thiers ou les roumains relogées dans un appartement en ville (les pouvoirs publics comprendront !), je peux vous garantir que des actions seront menées. Je ne sais pas lesquelles mais on ne peut pas demander des efforts aux gens pendant des années pour ensuite les prendre pour des cons.

A bon entendeur !

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 13:47

Au delà de la question politique, la situation des rroms migrants résidant en France a beaucoup de mal à évoluer bien que localement il y ait beaucoup de bonnes volontés pour permettre l'intégration de cette population dans les meilleures conditions possibles.

Un autre frein, la méconnaissance de cette population par les travailleurs sociaux, les administratifs ou les élus.

Sur Bordeaux, depuis peu de temps, plusieurs élus se sont donnés la peine d'essayer de comprendre, de rencontrer les rroms et les intervenants sur les squats. Grâce à cela, j'ai l'impression que beaucoup de choses vont changer dans la vie des rroms sur la commune de Bordeaux.

Il y a plus d'un an, le préfet s'est lancé dans une grande aventure sans se rendre compte de l'ampleur de la tâche. Ajoutons à cela un départ dans la mauvaise direction et toutes les conditions étaient réunies pour aller droit à l'échec.

Villages d'insertion, camps, bungalows, chalets Emmaüs, villages d'insertion de nouveau et le vide sidéral. Plus de solutions, plus d'idées. Et puis, Vincent Feltesse, le président de la CUB a eu une idée de génie, reloger les rroms dans des maisons en dur, éparpillées dans l'agglomération.

Que de temps perdu, que d'énergies gaspillées. Cette solution, je la ressors régulièrement depuis un an mais personne n'a voulu écouter. Cela me fait vraiment plaisir qu'elle fasse l'unanimité aujourd'hui car cela permettra, semble-t-il, de reloger environ 200 personnes.

Et puis, le fait d'abandonner l'idée des villages d'insertion est certainement la meilleure chose qui pouvait arriver. D'abord, parce qu'ils n'ont rien de villages et puis parce que l'insertion n'est qu'une illusion. Comment vouloir insérer dans une société des gens que l'on parque dans un espace fermé, souvent gardé, entre eux et sans que personne puisse même leur rendre visite. L'insertion se fait au contact des autres, dans le partage des règles de la société, règles qui sont parfois difficiles à comprendre. 

Le seul point positif de ces villages, c'est le contrat passé avec les familles et parfois l'accompagnement dans la recherche d'emploi. C'est cela l'important : l'emploi. C'est par l'emploi que se fera l'intégration des adultes tout comme c'est par la scolarisation que se fera l'intégration de toute la famille.

Des expériences de villages d'insertion il y en a eu plusieurs en France. Tout d'abord en région parisienne (Saint-Denis, Bagnolet, Saint-Ouen ou Montreuil). Des villages contestés, aux résultats pas très encourageants. En quelque sorte, un casting qui laisse sur le bord de la route beaucoup de monde.

Il y a eu aussi l'expérience nantaise, plus compliquée encore mais avec de meilleurs résultats. Et puis, dernièrement, tous les regards se tournent vers Lille Métropole, où une expérience nouvelle a été mise en place. Pas vraiment de villages mais de toutes petites structures éparpillées dans l'agglomération qui semblent donner satisfaction à tout le monde et avec de bons résultats. Dans cette expérience, l'état délivre plus facilement des titres de séjour et de travail et cela change tout.

A Bordeaux, les mauvais résultats de la MOUS (14 familles prises en charge dans le cadre d'un accompagnement social mais aucune logée de façon pérenne depuis 16 mois), sont la conséquence de l'absence de volonté du préfet de délivrer des titres de séjour, certainement en raison du manque de fermeté des autres partenaires (CUB, mairies, assos) face au représentant de l'état.

Aujourd'hui, j'ai l'impression qu'il y a un ras-le-bol de tout le monde au sujet de cette situation. Médecins du Monde a levé la voix en public pour la première fois pour dénoncer les mauvais résultats de la MOUS, les élus cherchent à comprendre pourquoi cela ne fonctionne pas et se rendent dans les squats pour écouter les rroms, la presse attend le bilan de l'opération de communication lancée il y a plus d'un an mais sur laquelle les pouvoirs publics ont aujourd'hui beaucoup de mal à communiquer. La MOUS, sa méthode, ses résultats, l'utilisation des fonds publics, tout cela est bien opaque et c'est certainement pour cela que les questions et les critiques dérangent. Si le bilan était bon, il serait facile d'argumenter pour expliquer les raisons de certains choix. Ce n'est pas le cas et le silence s'impose.

Devant cette situation ridicule, la mairie de Bordeaux envisage de mettre en place des actions pour faire avancer le processus d'intégration des rroms. Alain Juppé en a donné l'ordre et les élus s'exécutent pour que cela aille vite d'autant plus que la trêve hivernale se termine dans un mois.

Cette démarche est intéressante à double titre. D'abord, parce que cela permettra de prendre en compte la situation des rroms qui vivent dans des squats situés dans des bâtiments privés, ce que le préfet refuse de faire à ce jour, parce que vexé par l'attitude du Crédit Agricole qui refuse de demander l'expulsion d'un groupe de 25 bulgares sans qu'il y ait une solution de relogement. La banque a même fait une proposition intéressante que, j'espère, les pouvoirs publics ne vont pas rater.

D'autre part, le souhait de la mairie de Bordeaux est de refaire un diagnostic dans certains squats, avec les partenaires qui connaissent les familles. C'est très bien car la méthode utilisée aujourd'hui est inadaptée. On ne peut pas juger de l'aptitude d'une famille à s'intégrer uniquement lors d'un entretien de 15 minutes, sans jamais avoir rencontré cette famille, sans connaître son histoire, sans connaître son parcours dans le processus d'intégration en France.

En ce qui me concerne, cela fait trois ans et demi que j'interviens dans les squats de rroms et je suis, à ce jour, l'intervenant le plus ancien avec un médecin de Médecins du Monde qui a maintenant d'autres responsabilités.

Ces nouvelles initiatives sont porteuses d'espoir pour un grand nombre de familles. Malgré cela, certains resteront encore exclus de ces dispositifs car ils ne manifestent pas toujours l'envie de rester en France, de respecter les règles de vie de notre société ou tout simplement car ils n'ont pas envie de quitter leurs activités parfois illégales. Je propose alors la création d'un terrain de stabilisation, avec des règles de fonctionnement claires, avec des propositions d'accompagnement social. Cela permettrait de faire un bilan des avancées faites par ces personnes, de vérifier la volonté d'intégration et même de montrer parfois la fermeté des pouvoirs publics dans le respect des lois du pays.

Vous l'avez compris, les choses bougeront bientôt et je ne manquerai pas d'avoir un oeil attentif sur tout ce qui se fera sur Bordeaux. Bien sûr, je vous tiendrai au courant...

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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 22:26

Le titre vous choque ? ... Et alors ?

Moi aussi je suis choqué par ce qui se passe depuis quelques temps avec les rroms dans l'agglomération bordelaise. De réunion en colloque, de forum social en exposition, ils sont devenus le sujet à la mode dont tout le monde parle en ville.

Ne pas connaître de rrom devient ringard. C'est un peu comme le fait de ne pas avoir été en garde à vue.

Mais le must est quand même de les étudier. Chercheurs, étudiants préparant leur thèse, d'autres leur rapport de fin d'études, des étudiants en journalisme qui font un sujet sur les rroms, tout le monde, absolument tout le monde s'intéresse aux rroms.

En réalité, je dois vous le dire, tout le monde s'en fout des rroms. Chacun vient prendre ce qui l'intéresse, il disparaît dès que l'étude est terminée et ne donne plus jamais de nouvelles. Seuls les journalistes de la presse locale s'y intéressent vraiment, souvent avec un regard amical qu'ils joignent à leur regard de professionnels.122.jpg

En quelques mois, plusieurs colloques et réunions ont été organisés sur les rroms. Comme d'habitude, toujours aussi sans les rroms.

Parfois, certaines associations membres du collectif Romeurope s'y associent, ce qui me désole et surtout me met en colère.

Ces associations, très impliquées dans le collectif au niveau national, n'ont jamais souhaité s'investir auprès des rroms au niveau local. Pendant longtemps, elles ne se sont jamais manifestées dans ce sens. Comme elles ne se sont pas manifestées lorsque je les ai invitées à créer un collectif Romeurope à Bordeaux, il y a environ quatre mois.

Elles (la Ligue des Droits de l'Homme, le CCFD-Terre Solidaire, le Secours Catholique, la Cimade et l'ASET) ne se sont jamais investies non plus auprès des rroms bordelais sauf le Secours Catholique, très ponctuellement, sur le bidonville de Floirac. Certaines d'entre elles se sont associées à une manifestation sur les rroms où les grands esprits bordelais vont se donner bonne conscience.

On va y parler de solidarité avec les rroms, parfois en duplex de Dakar, car la solidarité est beaucoup plus belle dans un salon que dans la boue misérable des squats. Et puis, ce duplex depuis l'Afrique, cela fait top, cela fait chic, cela fait... trou du cul !!!

Vous l'avez compris, je suis en colère. Cette façon de se servir des rroms m'indigne. Des gens qui ne se sont jamais battus pour leurs droits, des gens qui ne se sont jamais souciés d'améliorer leurs conditions de vie, des gens qui n'ont jamais mis les pieds dans un squat pour scolariser un gosse ou juste apporter un soutien dans les moments difficiles, ces gens vont parler des droits des rroms qu'ils n'ont rencontré qu'à la sortie de la boulangerie ou aux feux tricolores et auxquels ils n'ont même pas donné une pièce.

Aujourd'hui les rroms sont devenus un enjeu politique, une sorte de marchandise qu'on expose, dont on parle, surtout quand on ne les connaît pas. Par exemple, dans une de ces réunions, deux intervenants ne savaient rien des rroms il y a un an et demi et là, ils vont donner leur avis de spécialistes. Un jour, ils nous écriront peut-être un livre.

Franchement, entre les élus qui votent des délibérations dans leurs assemblées sans savoir de quoi on parle, des spécialistes sans spécialité, des associatifs en mal d'existence sociale, les rroms, les pauvres, ont beaucoup de soucis à se faire pour leur avenir.

Mais qu'importe ? L'important, c'est qu'on parle d'eux. Un jour, on organisera peut-être une foire ou un salon et, moyennant quelques euros, on pourra repartir avec un rrom chez soi. Avouez, ce serait le top ! Un rrom, un vrai, dans son salon...

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 21:39

J'ai déjà eu l'occasion à plusieurs reprises, dans ce blog ou dans la presse, de vous dire tout le mal que je pense de la MOUS rroms et de la façon dont elle est menée.

Elle a été lancée en novembre 2009 et devrait se terminer en mai 2011.  Beaucoup d'argent aura alors été dépensé et les résultats attendus ne seront pas au rendez-vous.

Cette MOUS qui devait être la solution miracle pour reloger les bulgares et roumains habitant dans les squats de l'agglomération bordelaise n'a même pas permis de reloger durablement une seule famille.

Il y a bien quelques familles relogées à l'hôtel ou en résidences hôtelières, deux autres dans des locaux appartenant à l'opérateur de la MOUS et puis, surtout, tous ceux qui n'ont pas été pris en charge pour des raisons obscures.

Oui, la MOUS est un échec et la prolonger serait une folie.

Si les pouvoirs publics veulent continuer à mener une politique inutile, ils continueront dans cette voie sans issue. S'ils souhaitent améliorer la vie de la population rrom, alors ils devront se poser des questions et réfléchir à d'autres méthodes et solutions.

Soyons positifs et acceptons le fait que les décideurs se sont rendu compte de leur erreur. Il faudra alors tout remettre à plat, engager la discussions avec les intéressés, les rroms, et avec les associations qui les accompagnent depuis plusieurs années. Il faudra aussi accepter l'idée que pour que cela aboutisse, il faut que tous les services de l'état s'impliquent et se sentent concernés par le sujet.

On ne peut pas parler d'intégration d'une population si l'éducation nationale est absente de la table des négociations, si la CAF, la securité sociale, les services fiscaux, les collectivités locales et autres services de l'état ne mettent pas en commun leurs compétences pour mener une politique efficace et volontaire.

Alors, en changeant d'opérateur ou, du moins, en lui donnant une autre feuille de route avec une mission bien précise, on pourra justifier de prolonger la MOUS. Mais il faudra aussi de la transparence, de l'honnêteté dans les chiffres et dans les résultats, du dialogue entre partenaires et financeurs et non pas que tout le monde doive suivre les décisions prises par les représentants de l'état ou l'opérateur de la MOUS.

Après tant d'attentes, tant d'espoirs et de désillusions, tant de mensonges et d'occasions ratées, j'ai envie de dire au préfet et aux élus concernés :

 

Changez tout ou arrêtez la MOUS !

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Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
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