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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 23:45

L'installation prochaine de chalets Emmaüs à Bacalan, où l'association fondée par l'abbé Pierre va loger des rroms, fait couler beaucoup d'encre et encore plus chauffer les esprits.

Le conseil de quartier de Bordeaux-Maritime (quartier nord de Bordeaux où se situe Bacalan) a été l'occasion pour certains habitants du quartier de prendre la parole avec une rare violence.

Alexandra Siarri, adjointe au maire de Bordeaux en charge des nouvelles précarités, a eu beaucoup de mal à expliquer le projet mené par la mairie. Pascal Lafargue, président d'Emmaüs en Gironde, enfant du quartier et respecté en tant que tel, a su expliquer avec force les différentes actions menées par son association dans le quartier.

J'ai pour ma part pris la parole pour soutenir le projet car la mairie de Bordeaux a voulu donner un signe fort aux autres communes afin que celles-ci, aussi, acceptent d'accueillir des rroms sur leur territoire.

Ces châlets sont de véritables logements destinés à durer 20 ou 25 ans, fonctionnels et confortables.

Malheureusement, comme souvent lorsqu'il s'agit des rroms, personne n'est capable de dire qui sera logé dans ces chalets. J'espère, et je me suis certainement un peu trop avancé, que ce ne seront que des couples sans enfants qui habiteront ces logements de 16 m2. Qu'on ne vienne pas nous dire ensuite que des familles vont y être logées même si certains envisagent de mettre des chalets côte à côte. Je le dis de suite, ce n'est pas la solution.

En même temps, dans le cadre de la MOUS rroms, aucun couple sans enfants n'a été diagnostiqué où pris en charge pour un accompagnement social ou relogement. Nous assistons là à un décalage entre la réalité d'une situation et le manque de visibilité politique à long terme en ce qui concerne les rroms.

Encore une fois, on ne peut que regretter le manque de communication, en amont, avec les rroms et les associations qui les accompagnent.

Pour ma part, je suis disponible pour aider à accompagner les personnes qui seront logées dans ces chalets à condition que le choix des personnes soit clair et en liaison avec les deux associations de terrain qui sont Médecins du Monde et Procom, toutes deux membres du collectif Romeurope. C'est valable pour ces 10 chalets comme pour les autres 40, dont on ne sait toujours pas où ils seront installés à part que la ville de Talence a donné son accord tout comme Villenave d'Ornon.

Vous avez compris qu'on n'a pas fini de parler des chalets puisque la situation n'est pas claire.

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 23:49

Dans une élection, la semaine entre les deux tours est toujours pleine de surprises et d'émotions.

Si la campagne électorale sur le deuxième canton de Bordeaux a été terne malgré les pronostics de tous les journalistes et autres observateurs, la campagne a pris une autre tournure depuis dimanche dernier.

Le débat entre Michèle Delaunay et Anne-Marie Cazalet sur TV7, mardi dernier, a donné l'impression de deux femmes s'étant invitées à prendre le thé et parlant de choses et d'autres.

Par contre, aujourd'hui sur France Bleu Gironde, c'est un véritable duel que se sont livrées les deux femmes.

Pugnace, combative, Anne-Marie Cazalet a eu le dessus presque tout au long du débat. Elle a bousculé Michèle Delaunay dans son usage de l'héritage de Chaban Delmas, elle a démontré les absences de Michèle Delaunay lors des votes des délibérations au Conseil Général, son manque d'intérêt pour le quartier du fait de sa démission du conseil municipal mais aussi le fait qu'elle s'approprie des réalisations qui avaient débité avant même son élection ou ses absences aux réunions du conseil d'administration du collège du Grand Parc dont elle est membre de droit de par son titre de conseillère générale.

Michèle Delaunay a eu bien du mal à contester les chiffres donnés par Anne-Marie Cazalet. De ce côté de la radio, j'ai eu l'impression qu'elle a été perturbée par le fait de rencontrer une résistance, ou même une attaque frontale, à laquelle elle ne s'attendait pas et qu'elle n'a pas eu lors du débat télévisé. Passant du local au national ou du national au local selon que cela l'arrangeait, elle n'a pas été mise KO mais a certainement perdu aux points.

Il y a donc eu ce soir un vrai débat, intense, politique, un débat de campagne électorale. J'avais peur de m'ennuyer, ce fut un vrai plaisir. A écouter sur le site de radio France Bleu Gironde (ce soir il n'était pas encore en ligne).


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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 21:41

Le Front National est certainement le grand gagnant de cette élection cantonale de 2011. En effet, avec un Parti Socialiste à 25 %, l'UMP à 16 % et le Front National à 14 %, ce dernier bénéficie certainement de l'image de Marine Le Pen.

Jean-François Coppé a refusé ce soir de participer à un front républicain pour battre le Front National là où il sera face au Parti Socialiste. En Gironde, Yves d'Amécourt a dit sur France Bleu Gironde qu'à titre personnel, s'il avait à choisir, il ne voterait pas pour le FN. Il a d'ailleurs conseillé au candidat UMP de Pauillac à appeler à voter pour le candidat socialiste.

A Bordeaux, sur le canton de Bordeaux 2, le score est très serré entre Anne-Marie Cazalet (36,14 %), Michèle Delaunay (34,28 %), Valérie Colombier (11,51 %), Marc Lasaygues (10,39 %) et Patrick Alvarez (5,69 %).

A Bordeaux 6, Jacques Respaud est arrivé en tête avec 36,67 % des voix, Alain Moga 31,02 % et Olivier Cazaux 22,88 %.

Dans le canton de Caudéran (Bordeaux 8), Pierre Lothaire a obtenu 53,42 % des voix, Béatrice Desaigues 27,28 % et Alexandre Marsat 15,31 %. Il y aura un deuxième tour aussi dans ce canton car, ici aussi, l'abstention a été forte.

C'est aussi à cause de l'abstention que nous aurons un deuxième tour aussi à Carbon-Blanc, le fief du président Madrelle. Mais le Front National sera aussi au deuxième tour à Libourne, Cenon, Castenau-du-Médoc et Pauillac, à chaque fois face à un candidat PS.

L'UMP paie la mauvaise image et surtout les conséquences de la politique nationale de Nicolas Sarkozy et a eu du mal à imposer l'idée que les élections cantonales étaient des élections locales. Il devra en tirer les conséquences pour 2012 au risque que son candidat ne soit pas présent au deuxième tour de l'élection présidentielle.

Pour voir les résultats de tous les cantons renouvelables en Aquitaine, cliquez ici !

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 23:45

Le dernier incendie dans un squat de bulgares, situé cours Edouard Vaillant à Bordeaux, a été l'occasion de découvrir une des raisons pour lesquelles certains citoyens ne sont pas informés lors des élections.

Comme vous le savez, chaque électeur reçoit à son domicile les professions de foi des candidats ainsi que les bulletins de vote. Tout cela est fourni par les candidats à la préfecture qui se charge de la mise sous pli et de l'envoi.

Dans ce hangar qui a brûlé, des milliers d'enveloppes étaient stockées depuis un bon bout de temps. Elles étaient adressées et sur l'enveloppe était indiqué : "URGENT - REFERENDUM".

Le dernier référendum était celui sur le "Traité établissant une Constitution pour l'Europe" et a eu lieu le 29 mai 2005. J'ose espérer que les enveloppes n'étaient pas pour le référendum sur le "Traité de Maastrich" qui a eu lieu le 20 septembre 1992.

Espérons que pour les élections cantonales de demain, les enveloppes n'aient pas bénéficié du même traitement.

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 10:44

La solution finale a été trouvée !

Les rroms de l'agglomération bordelaise vont jubiler quand ils apprendront les décisions présentées ce matin à la presse par le président de la CUB, Vincent Feltesse, dans les locaux du Cos, l'opérateur de la Mous Rroms.

Il a fallu 16 mois pour diagnostiquer 450 personnes, enfants compris, pour enfin décider de les reloger dans de petites structures dans différentes villes de la CUB.

Franchement, si on m'avait écouté il y a un an, ils auraient gagné beaucoup de temps.

Passons !

De ces 450 personnes, 200 vont être relogées et bénéficieront de facilités pour s'intégrer. Apprentissage de la langue, accompagnement vers l'emploi (peut-être), tout sera fait pour que les tsiganes deviennent de bons immigrés. 100 personnes, soit environ 20 familles, seront relogées dans les semaines qui viennent à Bruges, Bordeaux, Bègles, etc. D'ailleurs, ce matin, Vincent Feltesse et Noël Mamère, ont visité ensemble une de ces maisons destinées à accueillir les rroms.

Les emplacements restent secrets en raison du risque d'opposition de la population à l'arrivée de ces voisins indésirables, ce qui pourrait faire capoter le projet.

Après ces relogement, les pouvoirs publics feront raser tous les squats de rroms de l'agglomération et les 250 personnes restantes seront priées d'aller tenter leur chance ailleurs.

Le préfet de Gironde en a décidé ainsi, comme il décide de la méthode du casting, de ses règles et même du choix des heureux gagnants qui seront récompensés par une autorisation provisoire de séjour (APS) de trois mois qui ne leur donne pas le droit de travailler. D'ailleurs, 3 mois est la période pendant laquelle ils peuvent rester en France sans titre de séjour. Cherchez l'erreur !

Aujourd'hui, les associations de terrain, Médecins du Monde et Procom, présentes dans les squats depuis 2007, ne savent absolument pas qui a été choisi pour être relogé ou bénéficier d'un titre de séjour. Pourtant, aussi bien l'une que l'autre ont fait un travail considérable auprès de la population rrom. Pourquoi les autorités n'ont pas tenu compte de leurs avis ?

Pourquoi aussi avoir attribué des titres de séjour à des voyous, qui refusent d'envoyer leurs enfants à l'école, qui cherchent uniquement à bénéficier des allocations familiales sans à aucun moment manifester une volonté d'intégration ou de respect des lois de la république ?

A côté, des familles sérieuses sont restées ignorées des pouvoirs publics certainement victimes de la mauvaise connaissance de ces familles par l'opérateur de la Mous.

Un jour, il faudra qu'on m'explique.

Comme il faudra qu'on m'explique pourquoi certains squats n'ont jamais été diagnostiqués, d'autres ne l'ont été qu'à moitié et d'autres l'ont été à deux reprises (du moins les mêmes individus). Il faudra aussi expliquer pourquoi tout a été si secret, pourquoi aucun chiffre n'a été communiqué, pourquoi les comptes-rendus contenaient de fausses informations.

Qu'avait-on à cacher ? Et pourquoi le cacher ? Combien ont coûté réellement les deux phases de la Mous et l'accompagnement des 14 familles choisies ?

Je vais suivre cela de près et si un certain nombre de familles que je considère parfaitement en situation d'être accompagnées dans le processus d'intégration n'ont pas été prises en charge, en particulier les bulgares du squat de l'avenue Thiers ou les roumains relogées dans un appartement en ville (les pouvoirs publics comprendront !), je peux vous garantir que des actions seront menées. Je ne sais pas lesquelles mais on ne peut pas demander des efforts aux gens pendant des années pour ensuite les prendre pour des cons.

A bon entendeur !

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 00:30

Les campagnes électorales sont toujours l'occasion pour les candidat(e)s de dire des conneries. D'ailleurs, plus c'est gros et mieux ça passe.

Ainsi, Michèle Delaunay, la toujours novice en politique après dix années de mandats divers, députée de Bordeaux et "tombeuse" de Alain Juppé, candidate à toutes les élections et à tous les postes (y compris de télévision), nous ressert de l'information réchauffée sur son blog.

Alors que toute la presse a les yeux tournés vers le deuxième canton de Bordeaux, le seul où il devrait se passer quelque chose en raison de l'affrontement des deux clans politiques et de leurs caciques, je suis déçu qu'il ne s'y passe rien après la petite pièce de théâtre de début de campagne ayant pour sujet la salle des fêtes du Grand Parc.

En réalité, la campagne y est aussi plate qu'ailleurs, sans propositions, sans enjeux autres que ceux de garder ou ne pas garder un mandat.

Michèle Delaunay, certainement à court d'arguments, nous ressort les déclarations de Ludovic Martinez, directeur de cabinet du maire de Bordeaux. faites lors d'une interview en... février 2009 et où il annonce qu'il y a 126 collaborateurs au cabinet de la mairie de Bordeaux.

Il faut vraiment être de mauvaise foi ou ne rien connaître ni à la politique, ce qui n'est pas son cas, ni aux institutions, pour agiter des chiffres sans les expliquer.

Michele Delaunay sait bien que dans toutes les grosses collectivités (mairies des grandes villes, conseils généraux, conseils régionaux, communautés urbaines) il y a des cabinets composés de nombreux services. Cela peut varier d'une collectivité à l'autre, il y a bien entendu les postes politiques, chargés de mission et autres, en général peu nombreux et surtout il y a les services qui font fonctionner la structure. Service du courrier, hôtesses, huissiers, chauffeurs, gardiens, communication ou service du protocole sont en général rattachés au cabinet du maire ou du président pour une meilleure efficacité.

Bien entendu, cela ne veut pas dire que tout ce monde est encarté dans un parti politique, qu'il assure un militantisme féroce et surtout qu'il est au service politique du maire ou du président. J'ai connu une collectivité dirigée par la gauche où un poste important était assuré par un agent encarté à l'UMP. A la CUB, des huissiers de droite travaillent au cabinet du président socialiste.

Annoncer cela en pleine campagne électorale n'a pour but que de troubler l'électeur qui doit se dire que c'est vraiment beaucoup de monde au service d'un seul homme. C'est presque une insulte vers les agents qui font leur travail en dehors de tout esprit partisan, comme c'est souvent le cas avec les personnels de catégorie B ou C.

Mais Mme Delaunay aime la polémique qui lui assure souvent une tribune dans la presse locale. Exister médiatiquement, n'est-ce pas un de ses premiers objectifs pour s'assurer d'exister aussi politiquement ?

Tiens, cela me fait penser à cette salle des fêtes du Grand Parc, fermée depuis de nombreuses années. Mais Michèle Delaunay aussi est conseillère générale de ce canton depuis de nombreuses années. Pourtant, elle ne s'est jamais vraiment préoccupée de cette salle. Mais peut-être qu'elle n'a des idées pour le deuxième canton qu'à l'arrivée des élections au point de nous sortir une solution miracle (payée par tous les girondins) pour garantir sa réélection. D'ailleurs, si le Conseil Général veut faire quelque chose avec cette salle pourquoi ne pas financer un projet municipal au lieu de faire semblant de vouloir acheter la salle alors qu'il demande à la mairie de Bordeaux de la céder gratuitement ?

Tout cela n'est pas très clair et c'est pour cela que l'affaire est politique. Encore une de ces embrouilles que la candidate socialiste sait orchestrer comme personne. Remarquez, comme elle ne fait pas grand chose, elle a le temps de préparer ses coups médiatiques. Et d'y ajouter une bonne dose de (sa) mauvaise foi...

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 13:47

Au delà de la question politique, la situation des rroms migrants résidant en France a beaucoup de mal à évoluer bien que localement il y ait beaucoup de bonnes volontés pour permettre l'intégration de cette population dans les meilleures conditions possibles.

Un autre frein, la méconnaissance de cette population par les travailleurs sociaux, les administratifs ou les élus.

Sur Bordeaux, depuis peu de temps, plusieurs élus se sont donnés la peine d'essayer de comprendre, de rencontrer les rroms et les intervenants sur les squats. Grâce à cela, j'ai l'impression que beaucoup de choses vont changer dans la vie des rroms sur la commune de Bordeaux.

Il y a plus d'un an, le préfet s'est lancé dans une grande aventure sans se rendre compte de l'ampleur de la tâche. Ajoutons à cela un départ dans la mauvaise direction et toutes les conditions étaient réunies pour aller droit à l'échec.

Villages d'insertion, camps, bungalows, chalets Emmaüs, villages d'insertion de nouveau et le vide sidéral. Plus de solutions, plus d'idées. Et puis, Vincent Feltesse, le président de la CUB a eu une idée de génie, reloger les rroms dans des maisons en dur, éparpillées dans l'agglomération.

Que de temps perdu, que d'énergies gaspillées. Cette solution, je la ressors régulièrement depuis un an mais personne n'a voulu écouter. Cela me fait vraiment plaisir qu'elle fasse l'unanimité aujourd'hui car cela permettra, semble-t-il, de reloger environ 200 personnes.

Et puis, le fait d'abandonner l'idée des villages d'insertion est certainement la meilleure chose qui pouvait arriver. D'abord, parce qu'ils n'ont rien de villages et puis parce que l'insertion n'est qu'une illusion. Comment vouloir insérer dans une société des gens que l'on parque dans un espace fermé, souvent gardé, entre eux et sans que personne puisse même leur rendre visite. L'insertion se fait au contact des autres, dans le partage des règles de la société, règles qui sont parfois difficiles à comprendre. 

Le seul point positif de ces villages, c'est le contrat passé avec les familles et parfois l'accompagnement dans la recherche d'emploi. C'est cela l'important : l'emploi. C'est par l'emploi que se fera l'intégration des adultes tout comme c'est par la scolarisation que se fera l'intégration de toute la famille.

Des expériences de villages d'insertion il y en a eu plusieurs en France. Tout d'abord en région parisienne (Saint-Denis, Bagnolet, Saint-Ouen ou Montreuil). Des villages contestés, aux résultats pas très encourageants. En quelque sorte, un casting qui laisse sur le bord de la route beaucoup de monde.

Il y a eu aussi l'expérience nantaise, plus compliquée encore mais avec de meilleurs résultats. Et puis, dernièrement, tous les regards se tournent vers Lille Métropole, où une expérience nouvelle a été mise en place. Pas vraiment de villages mais de toutes petites structures éparpillées dans l'agglomération qui semblent donner satisfaction à tout le monde et avec de bons résultats. Dans cette expérience, l'état délivre plus facilement des titres de séjour et de travail et cela change tout.

A Bordeaux, les mauvais résultats de la MOUS (14 familles prises en charge dans le cadre d'un accompagnement social mais aucune logée de façon pérenne depuis 16 mois), sont la conséquence de l'absence de volonté du préfet de délivrer des titres de séjour, certainement en raison du manque de fermeté des autres partenaires (CUB, mairies, assos) face au représentant de l'état.

Aujourd'hui, j'ai l'impression qu'il y a un ras-le-bol de tout le monde au sujet de cette situation. Médecins du Monde a levé la voix en public pour la première fois pour dénoncer les mauvais résultats de la MOUS, les élus cherchent à comprendre pourquoi cela ne fonctionne pas et se rendent dans les squats pour écouter les rroms, la presse attend le bilan de l'opération de communication lancée il y a plus d'un an mais sur laquelle les pouvoirs publics ont aujourd'hui beaucoup de mal à communiquer. La MOUS, sa méthode, ses résultats, l'utilisation des fonds publics, tout cela est bien opaque et c'est certainement pour cela que les questions et les critiques dérangent. Si le bilan était bon, il serait facile d'argumenter pour expliquer les raisons de certains choix. Ce n'est pas le cas et le silence s'impose.

Devant cette situation ridicule, la mairie de Bordeaux envisage de mettre en place des actions pour faire avancer le processus d'intégration des rroms. Alain Juppé en a donné l'ordre et les élus s'exécutent pour que cela aille vite d'autant plus que la trêve hivernale se termine dans un mois.

Cette démarche est intéressante à double titre. D'abord, parce que cela permettra de prendre en compte la situation des rroms qui vivent dans des squats situés dans des bâtiments privés, ce que le préfet refuse de faire à ce jour, parce que vexé par l'attitude du Crédit Agricole qui refuse de demander l'expulsion d'un groupe de 25 bulgares sans qu'il y ait une solution de relogement. La banque a même fait une proposition intéressante que, j'espère, les pouvoirs publics ne vont pas rater.

D'autre part, le souhait de la mairie de Bordeaux est de refaire un diagnostic dans certains squats, avec les partenaires qui connaissent les familles. C'est très bien car la méthode utilisée aujourd'hui est inadaptée. On ne peut pas juger de l'aptitude d'une famille à s'intégrer uniquement lors d'un entretien de 15 minutes, sans jamais avoir rencontré cette famille, sans connaître son histoire, sans connaître son parcours dans le processus d'intégration en France.

En ce qui me concerne, cela fait trois ans et demi que j'interviens dans les squats de rroms et je suis, à ce jour, l'intervenant le plus ancien avec un médecin de Médecins du Monde qui a maintenant d'autres responsabilités.

Ces nouvelles initiatives sont porteuses d'espoir pour un grand nombre de familles. Malgré cela, certains resteront encore exclus de ces dispositifs car ils ne manifestent pas toujours l'envie de rester en France, de respecter les règles de vie de notre société ou tout simplement car ils n'ont pas envie de quitter leurs activités parfois illégales. Je propose alors la création d'un terrain de stabilisation, avec des règles de fonctionnement claires, avec des propositions d'accompagnement social. Cela permettrait de faire un bilan des avancées faites par ces personnes, de vérifier la volonté d'intégration et même de montrer parfois la fermeté des pouvoirs publics dans le respect des lois du pays.

Vous l'avez compris, les choses bougeront bientôt et je ne manquerai pas d'avoir un oeil attentif sur tout ce qui se fera sur Bordeaux. Bien sûr, je vous tiendrai au courant...

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Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 21:53

Ma vie de militant politique m'a fait côtoyer beaucoup d'hommes politiques. Des grands et des petits. Surtout des petits...

Il y a eu aussi quelques femmes, peu nombreuses. Parmi celles avec qui j'ai eu l'occasion de militer et qui sont élues, une seule a gardé mon amitié et mon estime : Emmanuelle Ajon, conseillère municipale socialiste à Bordeaux et conseillère régionale d'Aquitaine.

Une femme extraordinaire, engagée, vraie, certainement trop honnête pour faire de la politique.

Je vous fait ici grâce des noms de toutes les autres, celles qui m'ont laissé de mauvais souvenirs.

Depuis quelques temps, j'ai eu aussi l'occasion de rencontrer des petites élues par leur mandat mais tellement grandes dans leur action, comme par exemple Christine Héraud, élue NPA à Cenon ou Monica Casanova, élue NPA dans la commune voisine de Lormont.

Mais mon engagement auprès de rroms m'a aussi fait découvrir des élues que je n'avais pas l'habitude de rencontrer, car au PS les élus de droite sont tous mauvais, infréquentables, surtout s'ils sont élus à la mairie de Bordeaux.

Parmi ces femmes élues, deux d'entre elles méritent mon respect, mon admiration et certainement mon soutien. Élues de terrain, à l'écoute de tous, accessibles et surtout proches des gens. Cela faisait longtemps que je commençais à désespérer de ne pas en avoir rencontré en politique.

Ces deux élues ont redonné un sens à mon engagement de militant associatif, avec leur soutien, avec leur écoute et surtout avec leur humanité. Elles ont envie de faire avancer les choses, parfois avec beaucoup de difficultés mais elles continuent avec courage.

Elles sont de droite, l'une d'elles même pas encartée, élues à la mairie de Bordeaux et adjointes au maire. Elles, ce sont Muriel Parcelier et Alexandra Siarri.

Toutes ces femmes sont différentes et pourtant si proches dans leur volonté de bien faire, avec leurs doutes, avec leurs sentiments de femmes. Cela change tellement des hommes politiques qui, eux, n'ont que des certitudes. En effet, après tant d'années de militantisme politique, je n'ai jamais entendu un homme parler de ses doutes. Toujours de ses certitudes...

A l'approche de la Saint Valentin, je ne voudrais pas qu'il y ait de malentendu. Je ne suis pas amoureux de toutes ces femmes. Et pourtant, je les aime....

Merci à toutes.

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Published by Mouette Rieuse - dans Partis politiques
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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 22:26

Le titre vous choque ? ... Et alors ?

Moi aussi je suis choqué par ce qui se passe depuis quelques temps avec les rroms dans l'agglomération bordelaise. De réunion en colloque, de forum social en exposition, ils sont devenus le sujet à la mode dont tout le monde parle en ville.

Ne pas connaître de rrom devient ringard. C'est un peu comme le fait de ne pas avoir été en garde à vue.

Mais le must est quand même de les étudier. Chercheurs, étudiants préparant leur thèse, d'autres leur rapport de fin d'études, des étudiants en journalisme qui font un sujet sur les rroms, tout le monde, absolument tout le monde s'intéresse aux rroms.

En réalité, je dois vous le dire, tout le monde s'en fout des rroms. Chacun vient prendre ce qui l'intéresse, il disparaît dès que l'étude est terminée et ne donne plus jamais de nouvelles. Seuls les journalistes de la presse locale s'y intéressent vraiment, souvent avec un regard amical qu'ils joignent à leur regard de professionnels.122.jpg

En quelques mois, plusieurs colloques et réunions ont été organisés sur les rroms. Comme d'habitude, toujours aussi sans les rroms.

Parfois, certaines associations membres du collectif Romeurope s'y associent, ce qui me désole et surtout me met en colère.

Ces associations, très impliquées dans le collectif au niveau national, n'ont jamais souhaité s'investir auprès des rroms au niveau local. Pendant longtemps, elles ne se sont jamais manifestées dans ce sens. Comme elles ne se sont pas manifestées lorsque je les ai invitées à créer un collectif Romeurope à Bordeaux, il y a environ quatre mois.

Elles (la Ligue des Droits de l'Homme, le CCFD-Terre Solidaire, le Secours Catholique, la Cimade et l'ASET) ne se sont jamais investies non plus auprès des rroms bordelais sauf le Secours Catholique, très ponctuellement, sur le bidonville de Floirac. Certaines d'entre elles se sont associées à une manifestation sur les rroms où les grands esprits bordelais vont se donner bonne conscience.

On va y parler de solidarité avec les rroms, parfois en duplex de Dakar, car la solidarité est beaucoup plus belle dans un salon que dans la boue misérable des squats. Et puis, ce duplex depuis l'Afrique, cela fait top, cela fait chic, cela fait... trou du cul !!!

Vous l'avez compris, je suis en colère. Cette façon de se servir des rroms m'indigne. Des gens qui ne se sont jamais battus pour leurs droits, des gens qui ne se sont jamais souciés d'améliorer leurs conditions de vie, des gens qui n'ont jamais mis les pieds dans un squat pour scolariser un gosse ou juste apporter un soutien dans les moments difficiles, ces gens vont parler des droits des rroms qu'ils n'ont rencontré qu'à la sortie de la boulangerie ou aux feux tricolores et auxquels ils n'ont même pas donné une pièce.

Aujourd'hui les rroms sont devenus un enjeu politique, une sorte de marchandise qu'on expose, dont on parle, surtout quand on ne les connaît pas. Par exemple, dans une de ces réunions, deux intervenants ne savaient rien des rroms il y a un an et demi et là, ils vont donner leur avis de spécialistes. Un jour, ils nous écriront peut-être un livre.

Franchement, entre les élus qui votent des délibérations dans leurs assemblées sans savoir de quoi on parle, des spécialistes sans spécialité, des associatifs en mal d'existence sociale, les rroms, les pauvres, ont beaucoup de soucis à se faire pour leur avenir.

Mais qu'importe ? L'important, c'est qu'on parle d'eux. Un jour, on organisera peut-être une foire ou un salon et, moyennant quelques euros, on pourra repartir avec un rrom chez soi. Avouez, ce serait le top ! Un rrom, un vrai, dans son salon...

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Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 02:12

Cela fait maintenant une semaine que deux incendies se sont déclarés dans des squats d'immigrés dans l'agglomération bordelaise.

Le premier, vendredi en début d'après-midi, dans un squat de rroms roumains, le seul de l'agglomération bordelaise, situé à Cenon. Je vous en ai parlé ici à plusieurs reprises tout comme du combat qui nous a opposé au maire de cette ville.

L'autre squat qui a brûlé, est situé sur la commune de Bordeaux et était occupé par des bulgares turcophones. Une famille de rroms bulgares y habitait aussi. Un hangar industriel, recouvert d'éverite, où les bulgares ont construit des cabanes en bois. Chaque famille a sa cabane et on a l'impression de vivre dans un bidonville, la boue en moins.

Au dessus de leurs têtes, l'amiante en grande quantité qui, quand il a brûlé, est encore plus dangereux. Mais les habitants du hangar l'ignorent, ou ne comprennent pas, même si on a essayé de leur faire passer le message.

Ces deux situations sont la conséquence des conditions de vie, où les branchements sauvages au réseau électrique peuvent provoquer un drame à chaque instant. A l'intérieur des cabanes, des fours électriques, des grille-pains et autres plaques de cuisine servent de chauffages de fortune et je suis souvent surpris que les accidents ne soient pas plus nombreux.

A Bordeaux, la mairie a envisagé de reloger les personnes sinistrées la nuit même de l'incendie tout comme la nuit suivante. La première nuit, les habitants s'étaient évaporés dans la nature, ou dans d'autres squats. La deuxième nuit, j'ai demandé à la mairie de ne pas ouvrir le gymnase voisin car les bulgares avaient trouvé une solution de relogement.

A Cenon, au contraire, malgré le froid et la pluie, les 46 sinistrés, dont 25 enfants, certains des nourrissons et un bébé de trois semaines, aucune solution de relogement n'avait été envisagée ni par la mairie, ni par la CUB, propriétaire des lieux, ni par l'état malgré la présence de la directrice de la DDCS - Direction Départementale de la Cohésion Sociale (ex-DDASS). Vers 20 heures, tous les responsables présents sont partis, laissant les familles rroms sous un pont de chemin de fer, les gamins enroulés dans des couvertures.

Ils avaient passé l'après-midi dans le froid, ensuite sous la pluie, sans même pouvoir prendre un repas. Si des animaux étaient concernés, on aurait certainement eu plus d'égard envers eux.

Vers 20 heures, les nombreux militants associatifs ou politiques présents (NPA, Parti de Gauche, anarchistes) décident de transporter les rroms dans le gymnase Palmer, ouvert dans le cadre du plan grand froid.

Opération très rapide et efficace au point que ni les policiers présents ni même certains "militants" de la 25ème heure ne se sont rendus compte que les rroms n'étaient plus là.

Nous avons nous mêmes averti la préfecture de la Gironde de la présence des rroms dans le gymnase.

J'ai eu l'impression que certains se sont fait remonter les bretelles mais à partir de là les choses se sont mieux passées et la présence dusous-préfet de permanence a contribué à installer un dialogue constructif qui a apaisé les esprits et permis de trouver une solution pour le week-end.

Le lendemain, des repas chauds ont été servis par la mairie de Cenon et le maire a accepté certaines de nos demandes qui dataient depuis un an et demi à savoir que les enfants rroms puissent manger à la cantine de l'école ou que les adultes puissent élire domicile (domiciliation administrative) au CCAS de la ville.

Par remords ou parce qu'il était en campagne pour les élections cantonales, ce maire qui m'avait donné l'impression d'être un monstre est devenu tout simplement un homme, sensible aux problèmes de cette population. J'ai alors eu l'impression qu'il était plus bête que méchant, certainement très mal conseillé par des vieux cons d'adjoints qu'il ferait bien de virer aux prochaines élections municipales.

J'ai eu aussi l'impression qu'il a souffert de cette image que nous avons donné de lui, lui qui se veut proche des gens. Je ne sais pas quoi penser, ce que j'ai constaté, c'est que ce n'était pas le même maire que j'avais rencontré dans son bureau et que j'avais mis au tribunal.

Mais lundi matin, parce qu'ils avaient donné leur parole à Madame le sous préfet, les rroms ont tenu à quitter le gymnase avant huit heures du matin. La veille, ils avaient repéré deux autres squats. L'installation dans l'un d'eux s'est avérée compliquée et ils se sont tous installés dans une maison abandonnée sur la commune de Lormont.

Des responsables et élus de la mairie se sont rendus sur place le matin même, gênés parce que la maison appartenait à des propriétaires privés mais ont toutefois apporté l'aide d'urgence dont avaient besoin les rroms avec le soutien d'associations locales.

Je ne sais pas si les rroms resteront longtemps dans ce squat. Ce que je sais, c'est qu'encore une fois, au lieu de trouver une solution sérieuse pour ce petit groupe, on le laisse errer de squat en squat en attendant 2012. Pourtant, dans ce groupe, sept adultes viennent d'obtenir un titre de séjour, ce qui fait que 20 personnes (enfants compris) devraient être relogées dans le cadre de la MOUS. Mais comme d'habitude, la MOUS n'a pas de solutions avant au moins quinze jours. Il faut dire que depuis plus d'un an, la MOUS n'a pas été capable de reloger de façon pérenne une seule famille. Pourtant, c'était sa mission principale. Volonté politique ou échec volontaire ? J'y reviendrai.

Pour terminer, je voudrais ici saluer l'engagement et le soutien des instituteurs et directeurs(trices) des écoles fréquentées par les enfants du squat. Que ce soit ceux/celles des écoles de Cenon ou de Bordeaux, ils/elles ont été extraordinaires et très présent(e)s. Chapeau !

Mais merci aussi à tous ceux, nombreux, qui pour la première fois se sont engagés auprès des rroms. Vous avez tous été extraordinaires !

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Published by Mouette Rieuse - dans Solidarité
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