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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 20:35
Si Nicolas Sarkozy ne se représente pas à l'élection présidentielle, Alain Juppé n'exclut pas d'être candidat. C'est du moins ce qu'il a déclaré aujourd'hui sur BFM TV. Il envisage de participer à des primaires à droite qui sont certainement incontournables vu le nombre de candidats qui s'y préparent.

C'est une bonne nouvelle pour la France car Alain Juppé est incontestablement un homme d'état, connaissant bien les rouages du pouvoir, intelligent et ayant assez de courage pour faire avancer la société.

C'est aussi une bonne nouvelle pour les bordelais, quel que soit le bord politique. S'il est président, Alain Juppé ne manquera pas de faire bénéficier Bordeaux de son influence. Les bordelais de droite seront certainement très fiers que Alain Juppé soit élu président. Pour ceux de gauche, ce sera une bonne occasion de se débarrasser de lui et de prendre le pouvoir à la mairie avec certainement l'arrivée de Vincent Feltesse.

Mais Alain Juppé ne sera candidat que si Nicolas Sarkozy ne se représente pas. Je parie qu'il va tout faire pour qu'il n'ait pas envie de renouveler son bail à l'Elysée.

Alors, dans les mois qui viennent, cela ne m'étonnerait pas que les socialistes bordelais fassent tout pour faciliter la candidature du maire de Bordeaux. C'est dans leur intérêt. C'est dans l'intérêt de la France.

En ce qui me concerne, cela fait plusieurs années que je dis qu'il y aura un duel Juppé-Fabius en 2012. Mes anciens amis socialistes en riaient et me prenaient presque pour un fou. Gardez bien une copie de ce billet et on en reparlera dans deux ans...
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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 10:30
Il n'y a pas d'autres termes pour classifier le choix de Alain Rousset, président du Conseil Régional, dans le choix de ses vice-président(e)s.

Le nouvel exécutif de la région Aquitaine fait la part belle aux élus issus du système politique, aux habitués des appareils à élire, cumulards dans l'âme plutôt qu'à ceux qui travaillent, qui s'engagent dans leurs dossiers et pour qui les engagements pris devant leurs électeurs sont assumés avec le plus de sérieux.

Je suis indigné et en colère, à la lecture de la presse de ce matin, de voir que Naïma Charaï n'a pas été promue vice-présidente au Conseil Régional. Cette élue a montré par ses engagements, son caractère de battante, le sérieux de son travail qu'elle méritait plus que la place de l'arabe de service dans laquelle on a souhaité la laisser.

Je trouve qu'il y a là un manque de respect, un déni du travail accompli par cette élue, qui ne font pas honneur au président. Naïma Charaï méritait mille fois plus une présidence que certains élus qui eux les ont obtenues parce qu'ils ont des fonctions importantes dans les partis politiques.

Cependant, cela ne m'étonne qu'à moitié, au PS ont aime les immigrés uniquement pendant les campagnes électorales. Après, c'est une autre histoire...
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Published by Mouette Rieuse - dans Coup de bec
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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 15:04
Il y a des personnes qui aiment les gens, d'autres aiment les choses. Conchita Lacuey, semble faire partie de la deuxième catégorie.

Après avoir préféré démolir quatre maisons plutôt qu'un bidonville composé de cabanes, le maire de Floirac fait encore l'actualité avec d'autres cabanes. La lecture du journal Sud Ouest de ce jour, nous apprend qu'elle aime tellement les cabanes qu'elle y a investi 400 000 € d'argent public sous forme de subvention municipale.

Au fait, elle a été tellement énervée avec cette histoire de cabanes des rroms que les services de la mairie ont reçu l'ordre de ne plus scolariser les enfants rroms. Heureusement, cela n'a pas duré longtemps et un contre-ordre a été donné de continuer à scolariser.

C'est bien mieux comme ça, cela nous aura évité une procédure au tribunal et une saisine de la Halde.

A bientôt, pour d'autres aventures... J'aime Floirac (et les maires socialistes) de plus en plus. On ne s'y ennuie pas...

Pour lire l'article de Sud Ouest, c'est ici.
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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 01:57
A ceux qui me demandent pourquoi je m'occupe des rroms de l'agglomération bordelaise, j'ai pour habitude de répondre : "Par accident !"

C'est la vérité et complètement involontaire de ma part. Ceux qui m'y ont entraîné m'ont abandonné depuis longtemps dans ce combat difficile et presque sans issue.

Mille fois j'ai eu envie de laisser tomber, mille fois j'ai été découragé, mille fois je me suis posé des questions sur l'utilité de mon engagement, mille fois je me suis mis en colère contre moi-même et pourtant, il y a toujours une nouvelle fois qui me fait revenir, une fois où j'essaie de me convaincre que cela sert à quelque chose.

Le doute est toujours là mais parfois des moments forts sont là aussi pour m'inciter à continuer.

Ce fut le cas hier, lors d'une aventure dont je ne vous donnerai pas les détails ici mais qui a contribué à l'apaisement d'un homme angoissé en raison des graves problèmes de sa famille. Il m'avait téléphoné à plusieurs reprises depuis le matin mais je dois dire que je n'ai rien compris à son histoire.

Ce n'est que dans l'après-midi que je me suis rendu compte de la gravité de la situation. J'ai immédiatement essayé de trouver une solution et une heure plus tard, j'ai vu l'angoisse de ce père de famille disparaître de son visage, le sourire revenir au milieu de sa barbe grise.

Cela a été possible grâce à la gentillesse et à l'aide de trois femmes. Elles aussi étaient heureuses de voir ce sourire revenir. Nous ne nous connaissions pas et pourtant nous avons partagé quelques instants de bonheur avec cet homme dont un de ses problèmes avait été résolu.

Des problèmes, il en a des sacs pleins et nous ne pourrons pas l'aider à tous les régler. Mais hier, parce que j'ai contribué à n'en régler qu'un seul, je me suis dit que cela valait la peine de continuer, même si parfois c'est difficile, même si des fois je me sens bien seul.

Merci à ces trois femmes d'avoir apporté ce rayon de soleil dans la vie de cet homme et de sa famille. Elles font partie de ces gens engagés, ces militants anonymes tellement indispensables avec leur sourire, leur gentillesse, leur capacité d'écoute et leur énorme coeur.

Ce sont ces moments uniques, cette mille et unième fois, qui me font oublier les mille autres de découragement.
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Published by Mouette Rieuse - dans Moments intimes
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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 18:34
On en parle très peu mais aujourd'hui est la journée de l'eau. Cela peut faire sourire mais l'eau, cet élément essentiel à notre survie est en danger et sera certainement dans quelques années l'objet de conflits entre les peuples. Oui, aujourd'hui on sa bat pour le pétrole, demain ce sera pour l'eau.

Dans nos villes, dans la région bordelaise mais aussi ailleurs en France, des milliers de rroms n'ont pas accès à l'eau. Je vous ai parlé ici à plusieurs fois des rroms roumains de Cenon, qui n'ont pas d'eau depuis plus d'un an et demi. Il y avait bien l'eau mais je ne sais quel petit chef l'a faite couper à deux reprises.

Un peu plus loin, à Floirac, les rroms bulgares n'ont pas pas accès à l'eau courante depuis plusieurs années. Pour leurs besoins, ils vont la chercher dans des bouteilles plastiques ou des bidons, au parc voisin, avec des caddies pour faire un peu moins de voyages .Photo1007.jpg

A Bordeaux, en plein centre ville, une trentaine de personnes doivent aller chercher l'eau à plusieurs kilomètres pour cuisiner, se laver ou tout simplement boire.

Dans le monde, un humain sur quatre n'a pas accès à l'eau potable. Sommes-nous un pays sous développé, incapable de fournir de l'eau à toutes les personnes résidant en France, uniquement en raison de leur origine, de leur couleur ou de leur race ?

Dans les revendications des rroms qui ont manifesté le mois dernier, il y avait bien la demande d'accès à l'eau et à l'électricité pour tous les squats de rroms de l'agglomération bordelaise.

Seuls quelques élus (Pierre Hurmic, Natalie Victor-Retali et Jean-Jacques Paris) sont venus soutenir ces demandes. D'autres ont sourit, comme si on demandait la lune. Pourtant, ils ont été nombreux à soutenir l'action de Danièle Mitterrand qui est venue en Gironde parler de l'accès à l'eau mais sous d'autres latitudes.

Lorsqu'il fait très froid, tout le monde est sensibilisé aux problèmes que rencontrent les Sdf et autres squatters. Pourtant, quand il fait chaud, quand le thermomètre voisine les 40 ou 45 °au soleil, comment accepter que des gens qui vivent dans des baraques en tôles puissent vivre sans eau ?

Comment peut-on laisser des enfants dans ces conditions inhumaines ?

J'ai demandé hier soir de nouveau l'accès à l'eau pour tous les rroms qui vivent dans les squats ou bidonvilles dans la région de Bordeaux et qui n'y ont pas accès. Mon interlocuteur m'a promis de voir ce qu'il pouvait faire dans ce sens. Malheureusement, les élus socialistes de banlieue y sont opposés.

Pour ma part, l'accès à l'eau sera, avec l'octroi des cartes de séjour pour l'accès au travail, la prochaine bataille en faveur des rroms. Nous ne pouvons plus continuer à parler développement durable si on laisse des gens dans ces conditions.

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Published by Mouette Rieuse - dans Environnement
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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 00:12
Cela fait trois ans que je n'étais plus retourné à une soirée électorale. Je ne peux pas dire que cela me manquait, car dans ces soirées on y trouve de tout. Des ami(e)s, des copains et des copines, des connaissances, des cons (des connes aussi) et des faux-culs.

C'est ce qui fait le charme de ces soirées. Après, à chacun de mettre l'étiquette sur la bonne personne.

Alors, dimanche soir, je me suis dit que c'était l'occasion de montrer l'intérieur d'une soirée électorale aux rroms. En réalité, ils n'ont pu voir que la partie buffet, la partie "technique" étant inaccessible à ceux qui ne sont pas dans les équipes de campagne.

Me voilà donc parti avec deux rroms, vers 20H30, direction la mairie de Bordeaux. L'ambiance y était morose, comme vous pouvez vous en douter, mais l'accueil plutôt sympa. Le buffet était correct et il y avait de nombreuses personnes qui, à mon avis, n'avaient aucune carte de parti et n'avaient peut-être jamais voté UMP.

Comme souvent, beaucoup étaient plus intéressés par le buffet que par les résultats électoraux. Je n'y ai croisé que trois personnes que je connaissais : des dirigeants associatifs, dont un de l'ère Chaban.

Au bout de trois quarts d'heure, direction le Conseil Régional. Beaucoup de monde mais l'ambiance n'était pas aussi festive que je l'espérais. J'y ai vécu des soirées électorales plus joyeuses, plus festives, où l'on avait eu vraiment du plaisir à gagner.

Un peu par provocation, j'ai fait plusieurs fois le tour des convives. J'ai pris du plaisir à saluer certains de mes anciens camarades socialistes. Pour quelques uns, je crois que cela a été réciproque. Pour d'autres, ils auront certainement des boutons lundi matin.

- "Mais qu'est-ce qu'il est venu faire là ?"

Eh bien, je suis venu montrer une soirée électorale aux rroms. Cela aussi fait partie du processus d'intégration et je ferai tout pour qu'ils votent aux prochaines municipales.

Mais je dois l'avouer, je suis aussi venu un peu par provocation. La barbe de trois jours, les cheveux longs, un vieux jean et un vieux blouson.

Certains faux-culs, sont venus me saluer. Ils n'y étaient pas obligés, j'aurais même préféré qu'ils ne le fassent pas. Mais les socialistes sont comme ça... Et puis, il y a eu une idiote qui m'a fait la remarque sur ma présence. J'ai du lui rappeller que le Conseil Régional était une institution publique et que ce n'était pas la propriété des socialistes. C'est vrai quoi ! C'est un peu comme une ferme qui n'appartient pas au fermier mais qu'il exploite avec un contrat de fermage. Dans ce cas, le contrat a été ramené à quatre ans cette fois-ci.

Mais la soirée a été intéressante parce qu'elle a permis d'approcher des élus et d'attirer leur attention sur la situation des rroms. Elle a aussi permis de faire prendre conscience de ce qui s'est passé cette semaine à Floirac.

Des promesses ont été faites devant les rroms qui m'accompagnaient. Par des députés, par des responsables de la CUB mais surtout par Philippe Madrelle, qui m'a semblé sensible à la question. A ce moment-là, je me suis dit qu'en fait, le problème du président du Conseil Général ne venait pas de lui mais de son entourage. Dans quelques semaines, je prendrai rendez-vous avec lui et j'espère que les choses avanceront.

Alors, la soirée électorale a été positive. J'ai eu du plaisir à savoir que Emmanuelle Ajon et Mathieu Hazouard ont été élus. J'ai eu du plaisir à voir Claire, Pierre, Françoise, Anne, Florence, Patrice, Eric, Yann, Maria, Bernard et quelques autres. J'ai aussi pris du plaisir de voir que cela dérangeait que je sois là. Le plaisir a été encore plus intense.

Vers 22H40, nous sommes partis et avons pris le tram. Descendus à l'arrêt Place du Palais, juste en face de la permanence de Jean Lassalle, nous nous sommes arrêtés quelques instants pour saluer des élus que je connaissais. Jean Lassalle arrive à ce moment-là et a été très applaudi. A peine descendu de voiture, à l'extérieur de la permanence, il a fait la bise à tout le monde. Il était heureux de son résultat.

A ce moment précis, j'ai été heureux moi aussi d'avoir écrit le billet "OSEZ". J'étais sur que cet homme aimait les gens.

Voilà donc le récit d'une soirée électorale vue de l'extérieur des partis politiques et je peux vous garantir que vu de l'intérieur ce n'est pas la même chose.


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Published by Mouette Rieuse
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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 23:08
Je cherchais les interventions de Mme Conchita Lacuey, députée-maire de Floirac, à l'assemblée nationale sur un sujet bien précis qui nous est commun : les rroms !

En effet, la ville de Floirac (proche banlieue de Bordeaux) a sur son territoire une grande communauté rrom bulgare (environ 180 personnes). Je me suis dit que comme cela dure depuis de nombreuses années, la députée avait certainement posé au moins une question au gouvernement sur le sujet. Rien trouvé.

Sur le site de l'Assemblée Nationale, je n'en croyais pas mes yeux... En une année, elle n'a été présente à l'assemblée (hémicycle et commissions) que 13 semaines sur 52. Et encore, avec un maximum de deux jours par semaine. Mais où a-t-elle passé le reste du temps ?

C'est vrai qu'elle a beaucoup de mandats. Et puis, il fallait comploter pour obtenir Arena à Floirac. Cela prend du temps tout ça...

Voici donc l'acticité parlementaire de Mme Conchita Lacuey et pour vous donner l'idée du travail d'une députée assidue, voici l'activité de Mme Michèle Delaunay.

Il y a tellement de choses à découvrir... N'oubliez pas de regarder dans les sessions 2007-2008 et 2008-2009. C'est encore mieux.

J'y reviendrai...
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Published by Mouette Rieuse - dans Coup de bec
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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 16:56
Le 21 mars 2010, osez Lassalle, osez Moga. C'est par ces mots que commence le dernier tract de Jean Lassalle, candidat Modem aux élections régionales en Aquitaine.

Ayant dépassé les 10 % au premier tour (10,43 %), Jean Lassalle a provoqué une triangulaire pour le deuxième tour. Il aurait pu négocier des places aussi bien avec Alain Rousset et certainement encore plus avec Xavier Darcos.

Le PS dit que le Modem est de droite, l'UMP dit que le Modem est de gauche. Franchement, je crois qu'il est bien au centre et les alliances du Modem avec les uns et les autres aux dernières municipales prouvent que le Modem est surtout compatible toutes options.

Pourtant, je pense que la candidature de Jean Lassalle pour le deuxième tour est intéressante. Tout d'abord parce que les élus Modem sont incontrôlables, capables de ne pas respecter les consignes de vote du parti, ayant souvent assez de courage pour s'exprimer haut et fort, de dire leurs désaccords, y compris lorsqu'ils font partie d'une majorité. Je dirais qu'ils ont parfois besoin d'un peu de révolte, du moins de liberté.

Ensuite, la personnalité de Jean Lassalle ne peut laisser indifférent. Montagnard à l'accent rocailleux, il semble se soucier peu de l'image que les bobos des villes attendent de lui. Engagé jusqu'à se faire mal physiquement, se mettant même en danger comme lors de sa grève de la faim pour défendre l'emploi chez Toyal, l'homme se fait un devoir de respecter sa parole, parole d'honneur qu'il semble donner sans le dire. Un caractère bien affirmé, une convivialité à vous mettre à l'aise comme si vous le connaissiez depuis trente ans, il semble sorti de je ne sais où, certainement pas du moule politique habituel.

Il donne l'impression d'aimer les gens, qu'il fait de la politique pour eux. Chose rare de nos temps en politique, il semble honnête.

Alors, entre un ministre périgourdin futur candidat aux législatives sur le bassin d'Arcachon et un député-président sortant-baron de Saint-Symphorien* n'ayant pas beaucoup fait avancer l'Aquitaine en 12 années de pouvoir, pourquoi ne pas donner sa chance à celui qui semble réellement aimer l'Aquitaine ?

Dans son programme, si je ne devais retenir qu'une proposition, ce serait celle de faire entrer les collectivités publiques dans le capital des entreprises qui reçoivent de l'argent public. Non seulement il serait possible de mieux contrôler l'utilisation de cet argent mais aussi d'empêcher les délocalisations qui font tant de mal à notre économie.

Voter pour Lassalle serait aussi un beau message à envoyer aux socialistes arrogants tout comme aux UMPistes au pouvoir.

Beaucoup veulent voter blanc. D'autres ne veulent pas aller voter. Pourquoi ne pas aller voter Lassalle ?

Vous ferez alors peut-être partie de ceux qui ne savaient pas qu'ils allaient voter pour lui...

(*) La destination du chalet de François Mauriac à Saint-Symphorien est à l'origine de ce surnom donné par une députée socialiste
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Published by Mouette Rieuse - dans Campagne électorale
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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 14:24
Mardi dernier, vers 10 heures du matin j'ai reçu un coup de fil m'annonçant la fermeture, dans la journée, avec le concours des forces de l'ordre, du squat/bidonville situé rue Jules Guesde à Floirac, dans la banlieue de Bordeaux.

Comme à leur habitude, les rroms bulgares installés dans ce bidonville avaient brûlé des câbles pour en extraire le cuivre et cela faisait de la fumée.

Devant la gravité de la situation, je me suis rendu sur place un peu avant midi et j'ai passé un bon savon aux rroms, leur expliquant que cela créait des nuisances pour les voisins et que cela allait leur attirer des ennuis avec les voisins et avec la mairie. Ils m'ont promis de ne pas recommencer, promesse qui n'a pas tenu 24 heures.

Vers midi j'ai donc contacté le directeur de cabinet du maire de Floirac pour lui dire que le feux était éteints et qu'il n'y avait plus de raison pour expulser. Il m'a alors dit qu'il avait un autre problème puisque une dizaine de rroms étaient dans le hall de la mairie.

Cinq minutes plus tard j'étais devant la mairie avec le directeur de cabinet et les rroms. Le problème cette fois venait d'un autre squat (Gaston Cabannes), évacué la veille par d'autres rroms qui se sont installés dans un squat quatre étoiles à 300 mètres du premier. Mais ils ne voulaient pas de la dizaine qui était devant la mairie.

Le directeur de cabinet s'est déplacé dans le nouveau squat et a été assez persuasif pour imposer le logement de tout le monde. Tout le monde sauf 4 personnes dont les autres ne voulaient absolument pas.

Comme toujours avec les rroms, la situation était compliquée. Très compliquée.

Je me suis retrouvé donc encore à 22 heures dans le bidonville, en train d'expliquer la situation aux rroms et pour négocier avec eux un éventuel déménagement pour permettre de raser le bidonville.

Le terrain où est situé le bidonville appartient à la CUB mais doit être rendu "propre" par la société Bouygues. Je ne connais pas les détails de l'accord (ou de la transaction) mais cela m'a été répété à plusieurs reprises.

En échange de la fermeture de l'évacuation du bidonville pour lundi matin (22 mars), j'ai demandé au directeur de cabinet de la mairie de Floirac de négocier avec la société Bouygues un don par chèque pour l'association que je préside en précisant qu'il ne fallait pas qu'il soit de 1000 €. sans autre précision.

Mercredi matin de bonne heure, le directeur de cabinet du maire me téléphone, tout énervé, parce qu'il s'était déplacé a Gaston Cabannes et qu'il y avait là dix familles qui lui auraient dit que c'est moi qui leur ai dit d'investir les lieux. Je lui ai proposé de venir sur place car je n'ai jamais ouvert un squat ni même donné une quelconque autorisation dans ce sens. Ni à Floirac, ni ailleurs.

A mon arrivée, le problème ne se posait plus. Nous avons discuté de nouveau des problèmes que rencontraient les voisins du squat, bien que cela ne ressorte que depuis le 15 mai, fin de la trêve hivernale. Il ne devait pas savoir que la trêve hivernale ne s'applique pas aux squats qui peuvent être évacués à n'importe quel moment de l'année. Dans l'après-midi, dans le bureau du directeur de cabinet, un nouveau problème très grave a surgit. Les rroms auraient séquestré, dimanche dernier, deux employés de la déchètterie gérée par Véolia. Des rroms ? Sur ? Non, il n'était pas sur... mais le squat n'est pas loin de la déchètterie. Mais les faits se seraient passés dimanche après-midi, les employés n'ont pas appelé la police et aucune plainte n'avait été déposée mercredi après-midi. mais ils (les employés) allaient la déposer. Vous avez dit bizarre ?

Revenons à la matinée. J'avais proposé au directeur de cabinet du maire de reloger dans les quatre maisons abandonnées par le premier groupe de rroms, les habitants des cabanes du bidonville, sachant qu'il ne serait pas possible de reloger tout le monde et qu'il faudrait trouver une solution de relogement pour une vingtaine de personnes. J'étais prêt à aller négocier l'installation de petits groupes dans d'autres squats de l'agglomération. Ce serait difficile mais je savais que j'y arriverais. J'avais donné ma parole pour que cela se fasse lundi matin.

Je connais bien le fonctionnement de cette communauté et j'ai une relation avec elle à la fois privilégiée et difficile de par le recadrage que je fais souvent lorsque les règles de vie en société ne sont pas respectées.

Mais le directeur de cabinet a eu une idée de génie. Il y avait à Floirac, pas loin du nouveau squat, une maison rose, appartenant à une société en dépôt de bilan. Vous savez, le monsieur qui rachetait les crédits et qu'on voyait sa tronche un peu partout sur les panneaux publicitaires. Mais il ne m'avait rien dit, bien sur. Sauf que nous sommes montés dans sa voiture pour aller voir la maison. Nous avons été jusqu'au rond point un peu plus loin et lorsque nous avons fait demi tour, il m'a dit qu'il me faisait visiter la ville, que l'entrée de Floirac était là. Ensuite il m'a parlé des maisons qu'on voyait. Mais il ne m'a jamais parlé de maison rose. Par contre, il a été jusqu'à me dire qu'il n'y avait pas de micro dans la voiture.

Je lui ai dit que je pouvais faire passer le message aux rroms, sans me mettre en difficulté ni devenir complice d'une effraction. Mais non, si les rroms se faisaient prendre, ils n'avaient qu'à dire que la porte était déjà fracturée. Mais bien sur, il ne m'a jamais parlé de maison rose. Il ne m'a pas non plus dit qu'il fallait dire que la porte était déjà fracturée.

Pourtant, après avoir fait le point du nombre de familles avec enfants, nous nous sommes encore vus de nouveau dans son bureau dans l'après-midi, en présence d'une tierce personne, qui nous a dit ne pas être d'accord ni avec ma demande de chèque pour mon association ni avec la solution de la maison rose.

Mais quelles étaient alors les solutions ? Deux possibilités, la première, l'évacuation par la force du bidonville, le dircab devant avoir une réunion avec les responsables de la préfecture. La deuxième solution, consistait à loger une partie des gens à Gaston Cabanes. Mais la mairie ne gérait rien. Elle ne trouvait pas non plus de relogement pour les vingt restants. En somme, je devais me débrouiller.

Mais il était scandaleux que je conditionne mon aide pour l'évacuation du squat au versement d'une aide par Bouygues à mon association. Autant je ne veux pas faire de demande de subvention publique pour garder ma liberté de parole, autant je n'ai aucun scrupule à prendre un chèque de Bouygues qui, comme d'autres promoteurs immobiliers, profitent largement des marchés publics. Dans ce cas, le projet s'élève à plusieurs millions d'euros, s'agissant d'un groupe scolaire, de logement et dans le prolongement, du fameux projet Arena. Cela ne vous dit rien ? Si, si !

Nous nous somme quittés en milieu d'après-midi, n'ayant plus rien à nous dire, paraît-il.

En sortant de la mairie de Floirac, j'ai donc informé la mairie de Bordeaux que la fermeture du bidonville entraînerait l'arrivée d'une centaine de personnes dans le squats de Bordeaux. J'avais aussi alerté les journalistes qu'il pouvait y avoir du mouvement ce matin.

Je me suis donc rendu à Gaston Cabannes ce matin, des fonctionnaires de la CUB étaient sur place ainsi qu'une entreprise de démolition avec une pelleteuse.

Les journalistes sont arrivés peu de temps après. Prises de vues, photos et voilà qu'un élu de la mairie arrive, accompagné du directeur de cabinet et de la police municipale. Nous avons été priés de quitter les lieux. Pourtant, là où nous étions, il n'y avait aucun danger pour nous. Après cela, le site a été sécurisé, mais mon oeil curieux a remarqué une chose. Le permis de démolir n'était été affiché. Je ne connais pas grand chose à la loi mais il me semble que c'est obligatoire. Pourquoi la CUB ne l'a-t-il pas affiché ? Et puis, quand est-ce que la décision de démolir a vraiment été prise ? Y avait-il un permis de démolir ?

Je voudrais revenir sur ce qui a été le prétexte pour ne pas loger les gens dans ces maisons, à savoir l'aide que j'ai demandé à une société privée. Pourquoi le directeur de cabinet en a été choqué ? Je suppose que Mme le maire est sur la même position. Mais puisqu'on parle de bulgares, pourquoi Mme la députée-maire n'a-t-elle pas été choquée par le départ des 200 bulgares en avion, payé par le contribuable (entre 500 000 et 600 000 €) et auxquels ont a donné 300 € d'argent de poche  (encore entre 55 000 et 60 000 €) ?

Est-ce que Mme la députée-maire s'est indignée ? Est-ce qu'elle a été choquée ? Est-ce qu'elle s'est exprimée là-dessus ? RIEN ! ABSOLUMENT RIEN ! PAS UN MOT !

Est-ce que Mme la députée-maire s'est scandalisée quand elle a vu la facture du nettoyage du site (environ 35 000 €) alors que les associations s'y opposaient et avaient proposé leur aide pour fermer le site au directeur de cabinet de la CUB ? Pourtant, elle s'est bien gardée d'en donner le chiffre aux riverains du squat. Nettoyer le site était une preuve de vouloir pérenniser ce bidonville. L'évacuer en relogeant ailleurs et laisser le soin à Bouygues de nettoyer aurait été bien plus raisonnable. Ah, encore Bouygues !

Est-ce qu'elle s'est indignée que hier vers midi, un homme ayant de graves problèmes de santé et qui cherchait une solution pour se reloger, a été placé en garde à vue au commissariat ? (A l'heure actuelle, n'ayant pas vu sa femme, je ne sais pas s'il est sorti).

Est-ce qu'un responsable politique ne s'indigne que lorsqu'une association, pour garder sa liberté de parole, ne fait pas appel à l'argent public et demande à des sociétés privées une aide financière ? Est-ce qu'une association doit être au service d'une mairie ou d'une société privée, leur rendre service pour que certains puissent faire leurs affaires, comme si c'était son devoir mais sans qu'il y ait une contrepartie ? Je ne suis pas là pour mener à bien les désirs ni d'une société privée ni d'un maire.

Franchement, mon association existe depuis cinq ans et à ce jour elle n'a pas reçu un seul centime d'argent public. Est-ce cela qui dérange de ne pas être à la botte des politiques ?

Depuis mardi, j'ai l'impression qu'on a cherché à me manipuler. Vu mon âge, je suis capable de m'en rendre compte et parfois de contrer ce type d'attitude qui n'honore pas ceux qui les utilisent. Je me demande quand même pourquoi il était si urgent soit d'évacuer le bidonville soit de démolir avant la fin de la semaine. Serait-ce à cause des élections ? Il ne peut pas y avoir urgence car les voisins des maisons détruites n'ont pas encore été évacués et peut-être même pas encore expropriés.

J'espère qu'on nous expliquera tout cela... Tiens, cela me fait penser qu'il faut que je vous parle de la MOUS...

Ci-dessous les photos des maisons détruites.
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Et voici les cabanes qui auraient pu être détruites...
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Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 22:29

Depuis hier midi, j'ai l'impression d'avoir joué dans un film. Un scénario imprévu avec des figurants malgré eux, où je me suis trouvé à jouer un rôle qui n'est pas le mien.

Un squat de rroms abandonné par ses habitants qui n'avaient plus de courant électrique pour aller s'installer à quelques centaines de mètres dans un immeuble qui appartient à... EDF !

D'autres rroms, dans un autre squat, qui malgré eux ont été l'objet d'un poker menteur entre un responsable de la mairie et moi-même, où chacun a essayé de manipuler l'autre. Je vous raconterai... (dès que j'ai un peu plus de temps). Une histoire de vies humaines, de politique et d'argent.

Au milieu de tout cela, les rroms, bien entendu, mais aussi un militant surpris et dégoûté par nos comportements, mais tellement innocent devant les enjeux de la scène qui s'est déroulée sous ses yeux.

J'ai eu l'impression de faire de la politique, de la plus basse, mais je déteste me faire manipuler.

La presse est en alerte, les politiques informés de ce qui se passe. Mais la suite du film va-t-elle être tournée avant ou après les élections de dimanche prochain ?

Je sais, ce que je vous raconte est un peu du chinois mais vous saurez tout en détail dans peu de temps.

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Published by Mouette Rieuse - dans Salades
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