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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 15:00

Je ne sais pas sur quoi va déboucher cette table ronde mais j'espère que, pour une fois, il s'y prendra des décisions responsables, précises et dans l'intérêt des rroms mais aussi de la société française.

Parce que de s'occuper des rroms ne doit pas être une sorte d'engagement angélique, où tout le monde est beau, où tout le monde est gentil.

Je pense qu'il faut accompagner dans la démarche d'intégration les familles qui le souhaitent mais en mettant un place un contrat avec elles, où elles s'engagent à respecter ce qui est convenu entre les parties. Mais attention, l'intégration ne doit pas être une assimilation. Les rroms ont une culture, dont il faut tenir compte et respecter tout en les guidant sur des pratiques modernes.

Par exemple, l'abandon des mariages des jeunes filles dès l'âge de 13 ou 14 ans, la scolarisation obligatoire de ces mêmes jeunes filles, doivent faire partie de ce contrat social fait avec les familles. Ils font partie de mes combats depuis mon engagement auprès des rroms et je ne lâcherai pas sur ce sujet.

L'apprentissage de la langue doit aussi être pris en compte dans le processus d'accompagnement et doit être généralisé et non pas réservé à quelques personnes prises en charge dans le cadre de la MOUS.

Il faudra aussi envisager de développer l'apprentissage professionnel pour ces jeunes, souvent illettrés, n'ayant aucun sens de la discipline ou du respect d'un horaire. La tâche est difficile mais il faudra s'y engager.

Mais pour tout cela il faut aussi mettre un place un médiateur, qui connaisse cette population ainsi que les institutions. Le succès de toute entreprise passera par cette démarche.

Ce médiateur aura pour mission de repérer les familles en situation d'être prises en charge et accompagnées, il permettra de mettre fin à des activités douteuses, pourra empêcher l'arrivée de nouvelles personnes et orientera chacun dans ses démarches administratives. Il sera le lien entre les rroms et les pouvoirs publics, à condition d'avoir l'indépendance nécessaire pour mener à bien sa mission.

Pour ce qui est de l'emploi des rroms, il ne faut pas se voiler la face. Il sera difficile pour certains d'intégrer le monde du travail, en raison de leur âge, de leur état de santé et même du fait de ne pas maîtriser la langue française. Pour les femmes, souvent courageuses, l'obstacle sera aussi linguistique mais surtout "culturel" comme  pour leurs tenues vestimentaires.

Je pense que pour beaucoup de rroms on devrait envisager une installation en zone rurale, parce qu'ils ont déjà travaillé dans l'agriculture, mais aussi parce que la transition entre les deux cultures se ferait plus facilement. Il ne s'agit pas d'abandonner ces familles au fin fond de la campagne mais de mettre en place un accompagnement "soft" qui ne serait certainement pas possible en ville.

Et puis il y a le logement. Et c'est là qu'on se trompe. On commence par vouloir reloger tout le monde alors que l'intégration se fera par le travail. Le logement doit venir après les titres de séjour.

Loger les gens est certainement honorable car c'est leur donner des conditions de vie dignes mais les laisser travailler est leur donner les moyens de s'assumer et de se créer ces conditions de vie par eux-mêmes.

Mais comme tout cela ne peut se faire dans les mois qui viennent, il conviendrait que les pouvoirs publics soient plus clairs dans leurs engagements ou leurs décisions.

L'expulsion des lieux de vie, tout comme les retours humanitaires (qui n'ont rien d'humanitaire) ne serviront à rien si ce n'est qu'à déplacer cette population d'un squat à un autre, à déscolariser les enfants, à provoquer la rupture dans le parcours de santé et très souvent à augmenter les conditions de vie misérables.

Ayons le courage de distribuer des tires de séjour rapidement ce qui pourrait servir d'expérience nationale. Dans quelques mois faisons le point et nous serons surpris du taux de réussite. A titre d'exemple, j'ai accompagné hier dans ses démarches un rrom qui veut créer son entreprise. D'autres pourraient suivre son exemple et pourraient même embaucher leurs compatriotes.

Je pense aussi qu'il faut réfléchir à la prise en charge de ces personnes. Aujourd'hui, des personnes prises en charge par la MOUS se retrouvent sans couverture sociale alors qu'elle bénéficient d'un titre de séjour. C'est une anomalie qu'il faudra corriger rapidement avec les services de l'état. Il en est de même avec cette injustice qui est de ne pas bénéficier des allocations familiales lorsque les enfants suivent une scolarité régulière.

Et puis, pourquoi ne pas mettre en place des chantiers d'insertion pour les rroms qui pourraient participer à la rénovation de leurs appartements, ce qui non seulement les responsabiliserait mais permettrait aussi de faire un bilan de compétences professionnelles.

En attendant tout cela, il est aussi temps de permettre l'accès à l'eau dans tous les squats. Pour des raisons d'hygiène, de santé, de dignité et de respect de la condition humaine.

Pour terminer, je pense qu'il faut abandonner cette idée folle de vouloir les mettre dans des terrains, avec ou sans caravanes, car les rroms sont des sédentaires et cela fait belle lurette qu'ils n'utilisent plus la roulotte et les chevaux pour se déplacer.

Voilà, ce sont quelques idées comme ça, en vrac, qui pourraient servir à ceux qui ont du mal à en trouver.


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Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 14:08

Dans la presse...

Pour lire l'article, cliquez ici.

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 03:25

Vous n'allez certainement pas me croire mais depuis presque un an que le préfet de Gironde a lancé la Maîtrise d'Oeuvre Urbaine et Sociale (MOUS) destinée à éradiquer les squats de rroms dans l'agglomération bordelaise ainsi que la mise un place d'un accompagnement social pour les familles prises en charge dans le cadre de cette MOUS, aucun responsable politique ni aucun décideur administratif n'a pensé à rencontrer les rroms.

Il est vrai que le personnel de l'opérateur de cette MOUS a rencontré rapidement un certain nombre de rroms, dans des conditions que je trouve pour le moins parfois douteuses, que des fiches du diagnostique de familles ont été établies et que de superbes "camemberts" ont été offerts aux élus.

Mais a-t-on demandé seulement aux rroms qu'est-ce qu'ils voulaient ?

Bien sûr, quand on propose quelque chose à une personne qui n'a rien, elle va accepter l'offre, certainement par peur d'en rater une deuxième si elle refuse la première. Alors les rroms disent oui, presque toujours oui.

Après avoir pensé à les mettre dans des camps (attention, je n'ai pas dit camps de concentration !), entre eux, comme s'ils avaient envie de vivre en tribu ou clan isolé du monde, après avoir voulu leur construire des maisons, après avoir voulu les loger dans des hôtels, après les avoir voulu loger en ville, les pouvoirs publics sont revenus à l'idée initiale des terrains.

En réalité, ils ne savent pas quoi faire des rroms. Tout d'abord, parce que c'est une population complexe, fermée aux gens de l'extérieur, méfiante (on les comprend un peu), ayant tendance à se débrouiller par elle-même, cette population échappe aux critères que nous voulons lui coller sur la peau, à l'image de nos clichés et surtout à notre ignorance.

Alors, je me suis dit que la meilleur solution était de provoquer la rencontre des rroms avec les élus. C'est ainsi que plusieurs partis politiques ont été contactés et auxquels j'ai proposé une rencontre avec les associations de terrain et deux rroms, un bulgare et un roumain.

La première rencontre a eu lieu il y a quelques jours avec les Verts, peu nombreux, mais la rencontre a été très intéressante. La prochaine aura lieu courant novembre avec les élus du Modem. Les élus communistes ont donné un accord de principe et il semble que les socialistes soient en train d'organiser aussi une rencontre. Malheureusement, je crains que peu d'élus de l'agglomération bordelaise (ces grands élus !) ne soient intéressés par cette rencontre et que nous nous retrouvions surtout avec des élus ruraux, en réalité bien peu concernés par la situation des rroms.

J'ai aussi demandé une rencontre avec les élus UMP mais ceux-ci semblent ne pas donner suite à la demande.

Pour moi, ces rencontres sont importantes car les élus que nous rencontrons ont souvent à prendre des décisions concernant les rroms de l'agglomération bordelaise et, surtout, à ce moment-là, ils peuvent entendre les aspirations des rroms, pour une fois qu'on leur donne la parole. Et je vous assure, ce qu'ils disent est très intéressant.

Aujourd'hui a lieu à la préfecture une importante réunion sur les rroms. Encore une fois, aucun rrom n'a été invité à y participer.

J'ai l'impression que les gens veulent donner l'impression de s'occuper des rroms en faisant des réunions (il y en a eu trois le même jour une fois) et qu'en réalité ils passent plus de temps en réunions qu'à vraiment essayer de comprendre la situation.

C'est à se demander s'il y a une volonté politique de trouver une solution et surtout d'intégrer cette population.

Cela me fait penser qu'il faut que je vous parle de la MOUS. Ce  sera dans un prochain billet.

A bientôt les gadjé !


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Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 01:04

Depuis quelques temps, Alain Juppé est devenu le personnage central des conversations des politiques bordelais.
Ira-t-il ou n'ira-t-il pas à Paris ? Si oui, dans quel ministère ?

Voilà la question que tout le monde se pose. Tout le monde... ou presque !

En réalité, cela n'intéresse que les politiques et les journalistes, les bordelais d'en bas se foutent pas mal de l'éventuel destin parisien de leur maire.

Alors, chacun y va de son pronostic. Les proches (et moins proches) du maire aimeraient que Juppé prenne des responsabilités à Paris, certains parce qu'ils aimeraient voir leur chef non seulement avec plus de responsabilités mais aussi en meilleure position pour 2012, les autres trop contents de se débarrasser d'un maire exigeant avec son équipe et qui n'hésite pas à désavouer ses collaborateurs lorsque les résultats ne sont pas visibles. roulette-russe.jpg

Dans l'opposition, certains ont calé leur vie sur celle du maire de Bordeaux et chaque mouvement de respiration de Alain Juppé fait battre le coeur de ceux qui le détestent tout en ayant besoin de lui comme un jeune arbre a besoin d'un tuteur.

Exister à travers Alain Juppé est devenu le sport favori de certains élus. Au lieu de provoquer l'évènement, ils régissent à l'actualité du maire, comme si la vie politique bordelaise sans lui ne pouvait avoir de but.

Alors, on aimerait qu'il s'en aille tout en lui reprochant d'accepter un poste ministériel.

Pourtant, son absence de Bordeaux pourrait le mettre en danger pour une réélection au niveau local, surtout qu'il a déclaré haut et fort qu'il serait maire à plein temps comme le souhaitaient les bordelais. Sa meilleure opposante (je devrais dire suiveuse), a elle aussi fait des déclarations de mandat unique tout en s'accrochant à ses mandats comme une sangsue s'accroche à sa victime.

Mais Juppé, comme nous tous, vieillit. S'il rate son rendez-vous avec l'Histoire et avec les français, il s'en voudra tout le reste de sa vie. Il sera candidat à la présidence et seul un ministère lui permettra de s'attirer la sympathie des français.

Ne vos étonnez donc pas qu'il ne soit pas candidat aux législatives de 2012.

Non, Michèle Delaunay ne l'a peut-être pas compris, mais ce ne sera pas contre Juppé qu'elle aura à se battre en 2012.

Juppé mettra toutes ses troupes sur le deuxième canton pour le reprendre à celle qui lui a pris son siège de député mais il n'ira pas au combat pour la deuxième circoncription. Et c'est bien pour cela qu'il veut aller à Paris.

Mais à Paris, dans quel ministère ?

C'est là que cela devient drôle car on le voit partout. Juppé aux affaires étrangères, Juppé aux finances, Juppé aux affaires sociales, Juppé à l'écologie.

Pourtant, personne n'a pensé à Juppé aux relations avec le parlement, poste qu'il prendrait avec plaisir non seulement pour renforcer son réseau d'influence mais aussi pour avoir le plaisir d'évoquer certains dossiers avec la députée de Bordeaux.

La situation risque de se compliquer si on continue à le voir partout. Il se trouvera certainement en difficulté, quel que soit le ministère, comme s'il devait jouer à la roulette russe. A force d'appuyer sur la gâchette, la balle finit par partir, atteignant le tireur et faisant de considérables dégâts.

Le roulette parisienne pourrait être dangereuse pour le maire de Bordeaux, à moins qu'il soit capable de substituer la balle réelle par une balle à blanc.

Mais Juppé est assez malin pour cela, même s'il a du mal à s'entourer de collaborateurs aussi astucieux que lui.

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Published by Mouette Rieuse - dans Divers
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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 22:53

Ah ! Il s'en passe des choses sur la rive droite de la Garonne...

 

A Floirac...

 

Et à Cenon...

J'y reviendrai.

 

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 23:10

Zoé Shepard vient d'être déboutée par Tribunal Administratif de Bordeaux de sa demande en référé concernant la suspension de la sanction qui lui a été infligée par le conseil de discipline du Conseil Régional d'Aquitaine.

Je ne vais pas ici vous raconter le feuilleton de l'affaire car je suppose que vous le connaissez tous. Cependant, je suis un peu choqué par cette affaire et cela pour diverses raisons.

Tout d'abord, alors que Zoé Shepard n'a jamais parlé dans son livre de la collectivité territoriale où elle travaillait, certains se sont reconnus dans ce qu'elle a écrit. Des propos tellement justes que, alors qu'il y a 22 régions en France, 100 départements et 36 682 communes, ses collègues de travail se sont reconnus dans ce qu'elle a raconté. Très forte Zoé !

Que des surnoms, quelques histoires, vraies ou pas, une méthode de travail (ou plutôt de présence) et ces perspicaces fonctionnaires du Conseil Régional d'Aquitaine ont compris qu'ils étaient les vedettes du feuilleton.

Mais tout cela aurait pu en rester là mais, encore une fois, les conseillers de Alain Rousset n'ont rien compris à la situation. Tout le bruit qui a été fait autour de cette affaire a été préjudiciable pour le Conseil Régional d'Aquitaine et a permis de faire une belle publicité au livre de Zoé Shepard qui, sans cela, serait resté certainement confidentiel.

Et puis, il y a eu cette façon de régler le problème. Qui faisait partie de cette commission destinée à la juger ? Comment des membres du Conseil Régional pouvaient-ils être neutres alors qu'il s'agissait de statuer sur le sort d'un agent qui a craché dans la soupe et a éclaboussé l'institution avec ce scandale ?

N'y avait-il pas d'autre solution que de partir à l'affrontement ? N'a-t-on pas compris que Aurélie Boullet n'avait plus rien à perdre et qu'elle irait au bout de sa démarche ?

Du côté de Zoé Shepard, j'ai l'impression qu'elle a mal géré cette affaire. Non seulement elle aurait pu augmenter sensiblement les ventes de son livre avec deux ou trois révélations croustillantes dont elle n'a pas parlé dans le livre et qui auraient pu faire comprendre à ses détracteurs que le livre pouvait avoir une suite mais elle s'est aussi engagée dans une procédure en référé qui ne pouvait la mener nulle part. Les recettes de son livre compensent son manque de salaire pendant ces quatre mois de suspension.

Elle aurait du attendre sagement le jugement sur le fond qui risque de lui donner raison.

Alain Rousset, le président de la région Aquitaine, a eu certainement beaucoup de mal pour prendre une décision dans le climat qui régnait au sein de sa collectivité. Beaucoup voulaient la peau de Zoé Shepard, faute de pouvoir la brûler sur la place publique, mais l'opinion publique aurait vu d'un très mauvais oeil une sanction sévère de celle qui a osé dénoncer un système, d'avoir écrit ce que les français pensent des fonctionnaires. Et puis, certains fonctionnaires, ceux qui travaillent et qui ont aussi les plus bas salaires, les catégories C, n'étaient pas mécontents de toute cette médiatisation.

Il me semble, pourtant, que Alain Rousset a raté l'occasion de mettre de l'ordre au Conseil Régional. Cette affaire aurait du l'inciter à demander un audit sur ses services, de faire le point sur les embauches des copains et du véritable travail accompli par ceux-ci. Il suffit de voir certains profils Facebook pour comprendre la situation.

J'avais envisagé, dans ce blog, de parler des dysfonctionnements aussi bien au Conseil Régional d'Aquitaine qu'au Conseil Général de la Gironde. Les preuves ne m'ont jamais été remises par les personnes qui me les avaient promises. Zoé a parlé de ce qui se passe au Conseil Régional mais je peux vous assurer que personne n'osera jamais raconter la vie au Conseil Général.

Vivement 2014 !

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 23:45

Le Conseil de la Communauté Urbaine de Bordeaux devant voter ce matin une délibération sur la MOUS (Maîtrise d'Oeuvre Urbaine et Sociale) rroms, je me suis trouvé dans le public avec un rrom que j'avais invité pour qu'il comprenne où et quelles décisions les politiques prenaient pour améliorer leurs conditions de vie.

Ce fut une première pour ce rrom et je ne suis pas sur qu'il ait tout compris. Mais ce dont je suis sur, c'est qu'il a compris le plus important et j'ai été surpris quand il m'a demandé s'il ne pouvait pas aller leur expliquer.

J'ai eu l'impression qu'il a surtout été inquiet lorsque les politiques ont parlé de villages d'insertion.

J'aurais l'occasion de revenir sur ces villages comme sur le contenu de la délibération en question mais moi, ce qui m'a étonné, c'est le nombre de fauteuils vides dans la salle du conseil.

Trente exactement, c'est à dire un quart de cette assemblée (120 élus).

C'est beaucoup d'abstentionnistes surtout quand on sait que certains conseillers communautaires ne sont pas surchargés par le travail. Une réunion mensuelle serait-il trop leur demander ?

Tiens, au fait, quelle est l'indemnité mensuelle d'un conseiller communautaire ?


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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 01:17

" Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n'ai rien dit,
Je n'étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n'ai rien dit,
Je n'étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n'ai pas protesté,
Je n'étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n'ai pas protesté,
Je n'étais pas catholique.



Puis ils sont venus me chercher,
Et il ne restait personne pour protester "

( Poème de Martin Niemöller )

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Published by Mouette Rieuse - dans Coup de bec
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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 19:10

La politique et la communication n'étant pas mon fort, j'ai souvent du mal à comprendre certaines attitudes, décisions ou choix de nos dirigeants.

Je reviendrai sur les décisions et les choix dans un prochain billet et je m'en tiendrai aujourd'hui à l'épisode relaté par le journal Sud Ouest, lors de la visite de Valérie Létard, secrétaire d'État en charge du développement durable.

La communication politique étant un élément indispensable à la survie dans ce milieu hostile, la place d'un élu sur une photo dans un journal a son importance.

Ainsi donc, deux députées girondines, la socialiste Michèle Delaunay et l'UMP Chantal Bourragué, en sont venues sinon aux mains au moins aux coups de fesses pour mieux pousser l'adversaire hors du cadre des photographes.

Je ne sais pas laquelle a commencé ni à qui la faute mais je trouve ce comportement lamentable de la part de deux députées.

Les photos du journal Sud Ouest sont très drôles, surtout sous le regard indifférent et imperturbable de Alain Juppé et de Valérie Létard.

Quand est-ce que TV7 organise un combat de boxe entre les deux députées bordelaises ?

delaunay-bourrague.jpg



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Published by Mouette Rieuse - dans Coup de bec
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18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 17:03

En été, pour compenser les humeurs de la météo, les augmentations des tarifs de gaz et d'électricité où même les vacances parfois pourries, les français ont besoin d'un feuilleton médiatique.

Cette année, la casting a été fait parmi les gens du voyage et les rroms. Oui, je fais une distinction entre les deux catégories car bien que le terme Rrom (oui, avec deux "r") soit utilisé pour désigner toute la communauté tsigane, il y a bien une différence entre ces deux communautés.148884_roms002.jpg

Et encore, quand je parle de communautés, j'utilise cela au sens large parce que pour les rroms, la communauté est juste la famille élargie. D'une famille à l'autre, d'un squat à l'autre, le fonctionnement est différent, la relation des uns aux autres est particulière.

Il ne fait pas bon être rrom aujourd'hui en France (et même dans la partie riche de l'Europe). Être rrom c'est être assuré d'être contrôlé régulièrement par les forces de l'ordre, parfois obligé de quitter le territoire français même lorsqu'on se trouve en situation régulière (moins de 3 mois de présence sur le territoire).

Eh, oui  On peut être roumain ou bulgare et être en situation régulière en France contrairement à ce que je lis chaque jour. Ils entrent tous légalement en France puisqu'il n'y a plus besoin de visa pour ces ressortissants européens et si on peut leur reprocher quelque chose, c'est uniquement le fait de squatter illégalement leurs lieux de vie.

Justement, lorsque le président de la République (oui, président avec un petit "p" et République avec un grand "R") nous dit qu'il va faire expulser tous les rroms vivant dans des terrains en situation irrégulière, il veut dire par là qu'ils n'ont pas l'autorisation de vivre dans ces lieux. Et rien d'autre. Ceux qui ont compris autre chose n'ont rien compris.

Bordeaux est en ce moment même le théâtre d'un affrontement juridique entre les gens du voyage et les pouvoirs publics au sujet des aires de grand passage. Je ne sais pas si les communes ont obligation de mettre à la disposition des voyageurs des aires pouvant accueillir 200 ou 500 caravanes. Cependant, le comportement de cette communauté me choque un peu étant donné qu'il me semble qu'elle ne fait pas d'effort pour s'installer sur les terrains proposés sous prétexte que les terrains ne sont pas herbés. Un jour, il faudra peut-être mettre aussi des fleurs et une piscine....

A côté du luxe des caravanes, les rroms (les tsiganes originaires des pays de l'est) vivant dans les squats misérables sont bien loin de comprendre tout ce qui se passe en France et qui les concerne directement.

D'ailleurs, certains ne comprennent rien à rien, n'ayant jamais fréquenté une école, ne comprenant même pas ce qu'on leur explique dans leur langue maternelle.

Il ont juste compris qu'ils sont indésirables, ici et ailleurs, parce qu'ils ont une étiquette qui leur colle à la peau depuis des siècles.

Des voleurs chez les rroms ? Oui, il y en a, comme dans le reste de la société !

Des gens bien chez les rroms ? Oui, il y en a aussi. Je peux vous en présenter. Les rroms sont comme le reste de la société, il y a des gens très bien, il y a des cons, des voleurs, des menteurs et il y a aussi des familles qui veulent s'en sortir par leur travail, assurer un meilleur avenir à leurs enfants, améliorer leurs conditions de vie. Des familles comme n'importe quelle famille française.

Mais ces gens-là (comme on dit souvent) souffrent d'une mauvaise image et surtout du fait que les français ne font pas l'effort de les connaître. Un jour, dans ce blog, j'avais invité les lecteurs à visiter un squat lors d'une journée portes ouvertes. Un vrai bide !

79 % des français approuvent la politique d'expulsion du gouvernement car la peur des rroms ou des gens du voyage reste bien ancrée dans ce qui reste de l'ignorance paysanne. Les français ont peur de l'étranger et parfois je me demande s'ils n'ont pas peur d'eux-mêmes.

Comme ils ont eu peur du plombier polonais qui n'a jamais voulu venir en France, les français ont aujourd'hui peur des rroms, pourtant déjà présents en France depuis plusieurs années.

Les élections approchent à grand pas et le français, qui se lève tôt pour travailler plus pour gagner plus et qui a voté Nicolas Sarkozy, a besoin de la sensation de peur pour stimuler son civisme et surtout pour orienter son vote. Cela marche à tous les coups et comme les rroms n'avaient pas encore été pris pour cible, c'est une aubaine pour la droite (et l'extrême droite) que les français soient pris par cette folie collective.

Les indésirables partiront, même s'il faut payer des avions y compris en période de crise. Et puis, même les politiques de gauche sont d'accord. Seuls les Verts ont dénoncé avec fermeté ces expulsions.

Mais les autres ? Ces indésirables français, SDFs de luxe avec des caravanes et des voitures que jalousent les petits ouvriers, souvent inscrits à la chambre de commerce, que va-t-on faire d'eux ? Peut-être les expulser dans les DOM-TOM, dans leur pays, mais bien loin quand même. Tiens, c'est une idée ça !!!




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