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16 août 2010 1 16 /08 /août /2010 01:05

Voici le témoignage d'une militante associative suite aux expulsions des rroms de Saint-Etienne.

C'est un mail privé mais je n'ai pas pu m'empêcher de le publier tellement il est le reflet de ce que vivent les rroms lors des expulsions.

 


[Le terrain de la périphérie où s' étaient réfugiés quelques familles
rroms roumaines, mardi soir,
" les damnés de la terre " semblerait-il ,
a été vidé et nettoyé hier vers les 15 heures par les forces de police.

Certaines personnes avaient pris la précaution, avant de partir le
matin, d' aller cacher quelques sacs personnels
dans la forêt d' en face .

Quand elles sont revenues le soir sur ce terrain, il n' y avait plus rien .
Enfin ! un euphémisme puisqu'il n' y avait déjà rien .

A partir de 17 heures l' errance était totale .
Certains membres de la même famille ne se retrouvaient plus entre eux .

Nous les retrouvions deci delà , complètement déboussolés,  hagards, les
yeux dans le vide .
 Certains ont été récupérer leurs affaires dans la forêt,
d' autres comme Rosa et Constantin ne l' ont pas fait .
Trop épuisés , c' est un couple âgé, malade.

Vers 20 heures , nous avons cherché Rosa et Constantin.
Nous les avons trouvés ,  debouts et complètement seuls ,  mais encore
dignes, sur un parking vide de la Ricamarie .
Un seul sac plastique à la main . Pas de couverture . Ils attendaient
... rien .
Vers 22 heures une famille de 4 personnes dont deux bébés attendaient
aussi dans la nuit,  sans plus rien attendre.

Ceux que nous retrouvé n' ont pas passé la nuit sans toit.
Il reste encore beaucoup de familles roumaines sur St-Etienne, les jours
à venir vont être très rudes .


Certains partent vers d' autres départements. quelques uns en Espagne ou
en Italie.
Certains ont accepté l' aide au retour ANAEM* . ( un quarantaine de
personnes selon la Préfecture , dans les 40 il y a 22 enfants )
Les autres veulent rester ici , mais la traque est continue sur la ville.]

 

P.S.: * En fait l'ANAEM n'existe plus, elle a été remplacée par l'OFII.

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Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 14:49

L'arrivée du Tour de France à Bordeaux a été l'occasion de se débarrasser de cet équipement "culturel" qu'est la passerelle Kawamata.

Ayant coûté extrêmement cher, ayant gêné les conducteurs pendant de nombreux mois, cette offense à la culture a enfin été démontée grâce aux risques qu'elle faisait prendre aux coureurs du Tour.

Je m'en félicite et j'espère qu'à l'avenir on ne donnera pas carte blanche aux dirigeants d'Evento pour faire n'importe quoi au nom de la culture.

Mais le mois d'août est aussi l'occasion pour la CUB et la société Kéolis de faire disparaître la verrue de la station de tramway "Porte de Bourgogne". En effet, les sociétés chargées de l'entretien de la station et autres véhicules ont pris l'habitude de rouler sur le gazon ce qui fait de beaux trous et surtout beaucoup de boue les jours de pluie.

Vendredi dernier, vers 07H30, une voiture dont le conducteur semblait un peu fatigué s'est retrouvé en mauvaise posture en raison des travaux.

Le gazon est remplacé par des pavés, que des ouvriers, qui semblent bien connaître leur métier, posent la nuit. Dommage que la CUB ne profite pas de ces travaux pour aménager un passage pour les handicapés et les personnes âgées, le quai étant très haut et le bout du quai bien lointain pour quelqu'un qui a du mal à marcher.

Mais bon, on ne peut pas tout avoir...


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Published by Mouette Rieuse - dans Vie des quartiers
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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 23:09

Cher(e) camarade,

Je suis ce qu’on appelle un militant de base, sans mandat, sans fonction, sans responsabilité si ce n’est celle qui incombe à tout homme de dénoncer les injustices qui viennent heurter ses convictions et ses principes.
Ces dernières semaines, la polémique concernant l’accueil de familles Rroms à Marseille m’a particulièrement interpellé (voir mon article précédent). L’attitude des autorités à leur égard est particulièrement révoltante et dénoncée depuis des années par les associations qui oeuvrent sur le terrain.
L’occasion me fût donnée d’informer mes camarades et de leur faire un point sur la situation au cours d’une réunion de section dont je vous livre quelques extraits.

Un militant : - « Ah oui, mais c’est des gens qui roulent tous en Mercedes avec des caravanes avec tout le confort, et en plus ils ne payent même pas d’impôt ! »

Ah ? je pensais avoir précisé qu’il s’agissait de Rroms roumains et pas de touristes allemands ni de forains. Qu’ils ne sont pas nomades, mais seulement forcés à une mobilité que les préjugés et les expulsions à répétition leur imposent. Et que si certains occupent des caravanes brinquebalantes c’est pas par amour du voyage mais faute de mieux.
Quant aux impôts et taxes payés par ceux qu’on appelle communément les « gens du voyages » il faut savoir que lorsque des personnes stationnent sur une aire de passage (lorsqu'elle existe), elles payent un loyer comprenant le prix de l'eau, de l'électricité, du retrait des ordures. De plus, ces personnes sont redevables d’une taxe d’habitation sur les caravanes dont le prix au mètre carré est digne des plus beaux quartiers sans qu'une caravane ne soit pour autant reconnue comme logement et donc n'ouvre droit à aucune aide.

Le militant : - « Oui enfin, c’est des tsiganes, des romanichels !»

Ah ! j’avais pas prévu la leçon de vocabulaire sur les exonymes et les endonymes. Reprenons.
L’endonyme « Roms » ou « Rroms » est le nom courant qu’emploie ce groupe pour se désigner lui-même
Les exonymes sont employés par nous, les « gadjé », pour désigner ce groupe auquel on n’appartient pas :
- Les Manouches (ou Sinti) sont installés en France depuis plusieurs siècles (tu sais…Django Reinhart, Zavata…)
- Les Gitans (le flamenco, Manitas de Plata…ça te parle ?)
- Les Tsiganes, du grec athingano « intouchable ». En allemand « Zigeuner », d’où le « Z » que leur tatouaient les SS dans les camps de concentration.
- Les Romanichels, du romani « Romani çel » (groupes d’hommes)
- Les Roms quand ils sont des Balkans ou d’Europe centrale
- Les Bohémiens car le roi de Bohème leur avait jadis donné un passeport. En provençal on dit « Boumian». Tu sais le santon qu’on va bientôt trouver sur les étals des santonniers aux Allées Léon Gambetta. Et oui camarade ! tu as un Rrom dans ta crèche aux côtés du Ravi et du Petit Jésus. Préviens le berger de garder un œil sur ses brebis !

Le militant : - « Bon alors si c’est des vrais Rroms, ça va ! »

En effet, il ne s’agit pas ici de Rroms frelatés, camarade, je peux te l’assurer.

Une militante : « Oui, mais es-tu déjà allé en Roumanie ? tu sais qu’il se font construire de magnifiques villas là-bas ? »

Ah ? Elle a du voir le reportage sur le roi auto-proclamé des Rroms, Florin Cioaba, qui a fait fortune dans la récupération de métaux.
Oui je connais très bien la Roumanie, camarade. Les rares Rroms aisés que j’ai pu croisé étaient des stars du « Manele » (style de musique en vogue). Les Rroms dans leur immense majorité vivent isolés dans des ghettos et des bidonvilles.
Des images me reviennent de l’accueil chaleureux que j’ai reçu chez des amis dans le quartier Rrom de Ferentari où pas plutôt assis on m’a offert boissons et nourriture en me proposant une « tzuica calde » pour soigner mon rhume.
J’ai une envie soudaine de traiter ma camarade de « vielle c… ». Mais il vaut mieux rester poli et expliquer encore et encore…
Je lui fais simplement remarquer que j’ai du mal à comprendre pour quelles raisons ils viendraient à Marseille survivre dans des squats sordides s’ils possédaient de luxueuses villas en Roumanie.
Les familles Rroms roumaines viennent en France pour fuir la misère et les discriminations dont elles sont victimes dans leur pays. Qu’on se le dise, camarades !

La militante : - « ils ne sont pas pauvres, ils portent des bijoux, des chaînes en or, des bracelets, des boucles d’oreilles… »

Ah ? Oui, pour ceux qui en ont. Des dents en or aussi parfois. Les Rroms furent autrefois esclaves dans certaines principautés roumaines et le restèrent pendant des siècles. Plus précisément un lien féodal, la robie, les attachés à leurs maîtres. Ils pouvaient être vendus mais aussi racheter leur liberté. C’est pour cela que traditionnellement ils portent leur or sur eux, bien visible, sous forme de colliers, bijoux ou dents, afin de montrer leur solvabilité et leur capacité à se racheter. C’est la marque de leur dignité.

Un militant : « Mais ils ne travaillent pas ? »

La France a adopté un régime transitoire concernant les ressortissants Roumains et Bulgares pourtant citoyens européens. Les barrières administratives sont tellement contraignantes qu’il leur est quasiment impossible d’être embauchés par un employeur qui devra en outre s’acquitter d’une taxe !
Ils vivent de la vente d’objets et de métaux trouvés dans nos poubelles, animent les rues en jouant de la musique, vendent des fleurs, lavent les vitres des voitures.
La mendicité leur permet aussi de survivre et elle est bien souvent indispensable. Rappelons quand même qu’elle n’est pas illégale, du moins pas pas tout à fait.
Au bout de trois mois, leur droit de séjour est subordonné à la condition de disposer d’une assurance maladie et de ressources suffisantes ! Pas évident quand on ne peut pas travailler ! Les expulsions ont lieu dans le cadre d’arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière (APRF) ou d’obligations de quitter le territoire français (OQTF). Parfois, on n’attend même pas la fin des trois mois.

La militante : - « Oui mais bon, vous savez, on leur donne de l’argent pour partir !»

Oui, c’est vrai. Il faut quand même justifier ces expulsions de citoyens européens sous prétexte qu’ils sont pauvres en les enrobant de bonnes intentions.
C’est l’aide au retour « humanitaire » gérée par l’OFII. Malheureusement, dans la plupart des cas, les « demandes » d’aide au retour ne résultent pas d’un réel projet de retour. Elles sont signées sous la contrainte, des pressions de toutes sortes, des menaces de prison, en l’absence d’interprète, etc…
De plus elles ne sont en réalité d’aucune utilité et peuvent même avoir un effet pervers.
Les partenaires avec qui l’OFII a signé des conventions en Roumanie pour leur confier l’accompagnement social et l’aide au montage de projets ne disposent d’aucun moyen sur place.
Enfin, tout ce qui peut être mis en œuvre pour empêcher ces gens de revenir en France est complètement illégal.

Une autre militante : - « en tous cas, moi je ne supporte pas ces femmes qui mendient avec des enfants, ça c’est inadmissible ! »

Ah ! nous y voilà ! Là, j’hésite… Que répondre ?
La halte garderie du squat était fermée ? La nounou était malade ?
Certes avoir un petit enfant à ses côtés favorise la manche, mais est-ce vraiment un choix ?
Culturellement pour les Rroms, le lien entre la mère et l’enfant reste étroit : les enfants en Roumanie ne vont à l’école qu’à partir de 7 ans. Par conséquent se séparer de son enfant dès son plus jeune âge peut être vécu comme une forme d’abandon.
Il y a aussi la peur d’être arrêté par la police et d’être expulsé de façon séparé de son enfant.
Mais bon, le punk avec son chien passe encore mais la mère Rrom et son enfant sur la Canebière ça fait tâche…

C’est bien pour toutes ces raisons que nous, socialistes, nous devons être capables de proposer des solutions en respectant les droits de chacun et en s’informant auprès des associations qui oeuvrent auprès de cette population. Il est grand temps d’agir.

Cher(e) camarade, si toi aussi tu veux faire ton coming-rroms dans ta section, voilà ce qui t’attends.
Si tu as besoin d’aide pour effectuer cette démarche courageuse mais néanmoins nécessaire, tu peux compter sur moi !

 

Jean-Paul Kopp, militant socialiste de base à Marseille.

 

Ce texte a été écrit en 2009 mais il est tellement d'actualité. Merci à Jean-Paul d'avoir accepté sa publication.

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Published by Mouette Rieuse - dans Parti Socialiste
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31 juillet 2010 6 31 /07 /juillet /2010 12:33

Et de 2011... Et de 2012... Et peut-être des années suivantes...

 


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Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
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10 juillet 2010 6 10 /07 /juillet /2010 19:38

Depuis que le bidonville de bulgares situé rue Jules Guesde a Floirac a été médiatisé, les pouvoirs publics rêvaient de le détruire dans la discrétion sans toutefois trouver une solution pour les habitants.

Il s'était installé il y a déjà quelques années et les bulgares (rroms et non rroms) qui y vivaient sont restés très longtemps ignorés de tout le monde.

Cabanes en bois et en tôles métalliques, de la boue partout en hiver, sans eau, sans toilettes, l'électricité provenant de branchements sauvages, se chauffant au bois grâce à des poêles de fortune fabriqués par eux-mêmes, donnaient l'impression d'être en quelques minutes dans un autre monde, bien loin d'une grande capitale régionale.

La vie s'organisait tant bien que mal, certains vivant de mendicité, d'autres de récupération ou vol de ferraille, d'autres encore que quelques petits boulots au noir.

Les enfants n'allaient pas à l'école car ils avaient honte de se présenter sales et mouillés car la boue remontait parfois jusqu'au genou et les vêtements ne séchaient pas la nuit. Personne ne s'était donné la peine de les inscrire non plus.

Et puis un jour, l'équipe de Médecins du Monde et moi-même sommes arrivés sur ce bidonville et avons alerté les pouvoirs publics sur cette situation. Cela n'a pas été facile de faire avancer les choses. Plusieurs mois ont été nécessaires pour installer quelques malheureuses poubelles, les soins se sont un peu organisés et l'arrivée de Nicolas, un instituteur, a changé la vie des enfants de ce squat.

Des petites actions sans importance mais qui parfois ont donné un peu d'espoir aux habitants du bidonville.

Et puis, il y a eu la création d'un collectif de riverains, malheureusement un peu tard, mais qui a permis un autre contact avec les bulgares, loin de celui que nous avions avec eux. Médecins du Monde c'était le parcours de soins, pour ma part c'était les problèmes administratifs et parfois judiciaires et ne collectif plutôt une approche culturelle et conviviale.

Et puis les enjeux financiers de la construction d'un groupe scolaire et du controversé projet Arena, ont accéléré les choses et fait en sorte qu'en raison de la pression mise sur les habitants ces derniers mois, beaucoup d'entre eux s'étaient enfuis en Bulgarie et il ne restait qu'un tiers des habitants au moment de l'expulsion. Beaucoup d'entre eux n'étaient là que depuis peu de temps et il y en avait beaucoup que je ne connaissais même pas.

Maintenant c'est fait, les rroms ne sont plus là, les bidonville a été détruit et Mme la députée-maire peut voir son rêve se concrétiser.

Les "mauvais" bulgares ne sont plus à Floirac, il ne reste que les "bons" dans l'ancienne cité EDF. Les mauvais, c'étaient les plus pauvres, ceux qui vivaient dans des baraques misérables, de la manche et parfois de petites combines comme on en trouve souvent chez les pauvres. Mais chez les "mauvais", il y avait aussi des gens très bien, des gens qui avaient des rêves d'occident, de vie comme tout le monde, d'enfants avec un meilleur futur que le leur. Mais Mme le maire aura certainement des surprises avec les bons... le temps lui fera découvrir que les gens ne sont pas toujours conformes aux apparences.

Cela dit, ceux de la cité EDF sont loin du centre ville et des nouveaux électeurs, la prochaine élection sera assurée.

Voilà, c'est fait ! Et les rroms, que sont-ils devenus ? Ou, surtout, que vont-ils devenir ?

Nous le saurons à la rentrée, en septembre. Pour l'instant, ils passeront un moins chez eux, tranquilles, car leur vie s'est toujours organisée avec les imprévus, nombreux, qui font partie de leur quotidien.

Pour ma part, j'observerai avec attention ces retours, les installations dans de nouveaux squats et le suivi que est fait par la MOUS.

Ah, vous pensiez qu'ils étaient partis définitivement ? Non, non, je vous rassure. Cet épisode n'est qu'une étape de plus dans cette attitude des pouvoirs publics que je ne comprends pas. Une politique faite de coups médiatiques, de déclarations sans effets, de gaspillage d'argent public et surtout, de manque de clarté aussi bien avec les rroms, la presse, les bordelais ou même avec les associations.

Nous sommes donc repartis pour une nouvelle étape, qui je l'espère sera celle du dialogue, de l'écoute, des mises en réseau des compétences.

Tout le monde a droit de rêver, non ?

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Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 03:17

J’ai assisté avant-hier soir à une réunion du collectif des voisins du bidonville de bulgares de Floirac. Il y a dans ce collectif des gens pleins d’énergie et de conviction, des opportunistes  et même un parasite, fou, alcoolique et malhonnête intellectuellement.

La démarche du collectif est intéressante, enrichissante et surtout pleine de bonnes intentions. Ce qui est dommage, c’est qu’étant un collectif floiracais, composé de riverains du squat, on y retrouve des gens de Bordeaux.

Revenons à la réunion, qui a commencé avec une heure de retard. Elle faisait suite à d’autres initiatives déjà mises en place par le collectif comme une soirée culturelles et conviviale avec les rroms et un atelier pour enfants au centre social. Cela fait plaisir de voir que les citoyens sont sensibles à la situation des rroms, qu’ils souhaitent les rencontrer, les connaître, les comprendre. C’est avec des initiatives comme celles-là qu’on avancera.

Lors de cette soirée, nous avons assisté à la projection d’un film tourné sur trois squats de l’agglomération bordelaise. Un film un peu trop musical à mon avis, des clichés posés côte à côte qui ne reflètent pas vraiment la vie des squats, ni des rroms. Seul le témoignage d’un rrom roumain sur ses démarches administratives et ses recherches de travail avaient vraiment de l’intérêt. Tout le reste est conforme à l’image que l’on a des rroms, sans plus.

Après le film, il y a eu un petit débat avec la trentaine de personnes présentes dans la salle dont huit rroms bulgares du bidonville de Floirac. Les rroms pensaient que la réunion se faisait en cachette des pouvoirs publics, qu’on allait trouver une solution à leurs problèmes.

Ils ont parlé de travail et pas vraiment de logement. Ils voulaient juste un terrain. Mais il n’y avait pas de terrain sur Floirac. Et l’élue présente dans la salle a eu bien du mal à expliquer que bien que la loi oblige les communes à avoir des aires d’accueil pour les gens du voyage, ce que ne sont pas les rroms, Madame le Maire n’en voulait pas. Mais cela, on le savait déjà… D’ailleurs, comment une députée, peut-elle ne pas respecter les lois que vote l’assemblée dont elle fait partie ? Certes, elle ne l’a peut-être pas votée, cette loi, comme bien d’autres, étant donné son manque d’assiduité à l’Assemblée Nationale.

Le débat a continué et, comme souvent, lorsqu’on évoque les sujets qui fâchent, on fait tout pour ne pas donner la parole à celui qui ose en parler. On n’a donc pas parlé de la MOUS (Maîtrise d’Oeuvre Urbaine et Sociale), qui est le sujet majeur qui concerne le plus les rroms. Ce n’était pas le sujet ce soir-là et pourtant celui qui distribuait le tour de parole est un proche collaborateur de la MOUS et, si mes informations sont bonnes, a même été payé pour la réalisation de son film sur les rroms. Pourquoi a-t-on tellement peur de parler de la MOUS ? Pourquoi les décisions qui sont prises sur la MOUS sont-elles presque des secrets d’état ? Pourquoi ce mystère et ce silence autour de la MOUS ? Il faudra certainement revenir sur tout cela.

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Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 10:28

 

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Published by Mouette Rieuse - dans Solidarité
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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 02:43

Je ne sais pas... Je ne sais plus...

J'essaie de m'éloigner des squats de roumains et de bulgares de plus en plus depuis quelques mois et voilà que l'actualité fait que je reviens à chaque fois.

Je me dis qu'il faut que je m'occupe un peu de moi, de ma famille, de mes amis, j'ai changé de numéro de téléphone pour avoir un peu de tranquillité mais rien ne change complètement.

Les rroms (et des non-rroms) me demandent de l'aide. Comment refuser alors que tout cela fait partie de ma vie depuis trois ans ?

Depuis quelques semaines les choses s'accélèrent, s'emballent même. La MOUS est un échec total, les Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF) sont délivrées en grandes quantités, les règles ne sont parfois pas respectées.

Le changement de législation qui s'annonce concernant la possibilité d'évacuer un lieu occupé illégalement, sur décision administrative et sans passer par un tribunal, n'augure rien de bon. Les juges ont cette faculté d'analyse et ce regard humain qui manque à l'administratif. Ils ont aussi l'expérience de la pauvreté et de ses conséquences, qu'ils côtoient tous les jours. Ils n'y sont pas insensibles, loin de là.

J'ai parfois le sentiment que tout le monde baisse les bras devant cette évidence qu'est l'expulsion massive qui se prépare pour la fin du mois.

Les élus de gauche tout d'abord. J'ai invité quatre parlementaires de gauche à participer à une conférence de presse commune sur la question rrom.

Catherine Grèze, députée européenne (Toulouse) aimerait bien mais... Noël Mamère m'a donné son accord lors d'une réunion publique à Bègles, devant une soixantaine de personnes. Malgré mes différentes relances, aucune réponse à mes mails. Alain Anziani, sénateur, seul socialiste girondin pour qui j'ai vraiment de l'estime, n'a répondu ni à mes mails ni même au message que j'ai laissé sur son répondeur. Pour terminer, ma députée préférée, Michèle Delaunay, après une première excuse d'agenda chargé, était en consultation lors de la deuxième date proposée (ce qui est vrai). En même temps, je ne suis pas sûr qu'elle ait souhaité y participer. Pourtant, si je suis dans cette galère avec les rroms, c'est bien à sa demande que j'ai mis les pieds dans un squat pour la première fois le 13 juin 2007.

Tout ça pour vous dire que les rroms n'intéressent personne. Pas même les associations.

Par exemple, Médecins du Monde (MDM). Ses membres interviennent dans les squats et suivent cette population dans leurs locaux de Bacalan. Pourtant, malgré les problèmes que rencontrent les rroms, les membres de l'association n'ont jamais pris position publiquement depuis maintenant huit mois.

Les enjeux sont énormes y compris dans le domaine sanitaire. Devant l'étendue des dégâts dans la vie de ces familles, comment rester silencieux ? Nous nous sommes rencontrés aujourd'hui en vue de préparer une conférence de presse commune sur la situation actuelle dans la CUB. Elle n'aura certainement pas lieu car nos points de vue sont différents, notre liberté de parole n'a pas le même degré de liberté, justement.

MDM est partenaire de la MOUS (je devrais dire caution morale de la MOUS) et ne peut, ou ne veut, s'exprimer sur ce sujet. Bien sûr, en privé tout le monde reconnaît que j'ai eu raison avant tout le monde en critiquant cet outil extraordinaire dont on n'avait pas le mode d'emploi. En fait, le mode d'emploi était bien là mais il manquait un code, que les administratifs ne connaissaient pas, pour déchiffrer ce mode d'emploi destiné à intervenir auprès d'une population complexe.

Alors que faire ? Continuer à essayer de défendre les droits de ces hommes et de ces femmes qui en réalité en ont bien peu ? Ou laisser tomber en attendant les expulsions ?

Je ne sais pas... Je ne sais plus... Je suis fatigué et pourtant tous ces problèmes me motivent, me donnent la force de continuer. Certainement aussi mon côté un peu fier et mon caractère de cochon qui m'obligent à continuer de penser que je ne peux pas abandonner la devise qui a toujours guidé ma vie : Seules les causes perdues d'avance méritent d'être défendues !

   

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Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 08:00

Je vous ai parlé en début de semaine de Kypró, le rrom bulgare qui fait la manche dans la montée du pont de pierre, lorsqu'on vient des quais rive gauche.

Kypró est parti en Bulgarie mardi dernier dans l'avion spécialement affrété par l'OFII (Office Français de l'Immigration et de l'Intégration) avec semble-t-il la bénédiction des préfectures de Gironde et de Haute-Garonne.

Arrivé chez lui mardi en fin de journée, il est reparti jeudi matin et hier, samedi après-midi, Kypró faisait de nouveau la manche à son endroit habituel. Quand on sait qu'il faut bien deux jours et demi de voyage depuis son village, je me dis qu'il a battu tous les records avec ce retour.

Il était sous le coup d'une OQTF (Obligation de Quiter le Territoire Français) et a profité de ce vol pour régulariser sa situation administrative en France. Par la même occasion, il a bénéficié de l'aide au retour humanitaire (sic !) de 300 euros.

Kypró est l'exemple même de ce que je dénonce depuis trois ans. Les reconduites à la frontière, même avec le label "humanitaire" ne servent à rien avec les ressortissants bulgares ou roumains, européens, qui reviennent de suite. Ce n'est que de l'argent gaspillé inutilement et cela ne sert qu'à gonfler les chiffres du Ministère de l'Immigration.

Au lieu de faire des opérations de reconduite bidons, quand est-ce que les pouvoirs publics vont-ils mettre en place une véritable politique d'intégration sur le long terme ?

 C'est parti pour encore trois mois, Kypró !

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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 07:00

Il se peut que le nombre de départs de ce matin vers Sofia (Bulgarie) soient plus importants que je ne le pensais.220px-Air_Via_A320-200_LZ-MDA.jpg

En effet, sur le site de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, un vol à destination de Sofia est annoncé avec un départ à 11 heures.

La compagnie qui assure le vol est une compagnie low-cost bulgare (Air VIA).

Plus d'informations sur les liens ci-dessous :

Plus de détails sur le vol, cliquez ici.

Plus de détails sur Air VIA, cliquez ici.

 


Complément d'information 10H30 (Modification)

 

Il semble que l'avion soit affrété spécialement pour l'opération.

Il y avait ce matin deux bus place Gambetta qui ont transporté environ 70 ou 80 personnes en direction de l'aéroport de Mérignac. Le reste des passagers, pour compléter le remplissage de l'avion, proviendrait de Toulouse.

 

Modification 11 H

 

Le nombre exact de bulgares "bordelais" embarqués est de 91 personnes. Il faut y ajouter ceux provenant de Toulouse.


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