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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 16:07

Voici un extrait d'une interview de Denis Teisseire dans le journal Sud Ouest de ce jour.

C'est tellement vrai que je n'ai pas pû m'empêcher de vous mettre le lien sur ce blog.

"Sur des dossiers aussi complexes et techniques, comment pouvez-vous être meilleurs que les ingénieurs et les études commandées par la puissance publique ?

Malheureusement, les études sont souvent faites pour justifier des décisions politiques. Et les élus ne s'entourent pas nécessairement de gens compétents, dont ils ont souvent un peu peur. Cela demande certes du temps, une certaine expérience et une expertise que nous avons, mais je suis certain que, lorsque l'on a bien étudié un dossier, la bonne décision s'impose d'elle-même. Au départ, personne ne vous respecte. Ensuite, on vous combat et enfin on vous dit que vous avez raison."

 

L'intégralité de l'article, c'est ici

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Published by Mouette Rieuse - dans CUB
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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 21:39

J'ai déjà eu l'occasion à plusieurs reprises, dans ce blog ou dans la presse, de vous dire tout le mal que je pense de la MOUS rroms et de la façon dont elle est menée.

Elle a été lancée en novembre 2009 et devrait se terminer en mai 2011.  Beaucoup d'argent aura alors été dépensé et les résultats attendus ne seront pas au rendez-vous.

Cette MOUS qui devait être la solution miracle pour reloger les bulgares et roumains habitant dans les squats de l'agglomération bordelaise n'a même pas permis de reloger durablement une seule famille.

Il y a bien quelques familles relogées à l'hôtel ou en résidences hôtelières, deux autres dans des locaux appartenant à l'opérateur de la MOUS et puis, surtout, tous ceux qui n'ont pas été pris en charge pour des raisons obscures.

Oui, la MOUS est un échec et la prolonger serait une folie.

Si les pouvoirs publics veulent continuer à mener une politique inutile, ils continueront dans cette voie sans issue. S'ils souhaitent améliorer la vie de la population rrom, alors ils devront se poser des questions et réfléchir à d'autres méthodes et solutions.

Soyons positifs et acceptons le fait que les décideurs se sont rendu compte de leur erreur. Il faudra alors tout remettre à plat, engager la discussions avec les intéressés, les rroms, et avec les associations qui les accompagnent depuis plusieurs années. Il faudra aussi accepter l'idée que pour que cela aboutisse, il faut que tous les services de l'état s'impliquent et se sentent concernés par le sujet.

On ne peut pas parler d'intégration d'une population si l'éducation nationale est absente de la table des négociations, si la CAF, la securité sociale, les services fiscaux, les collectivités locales et autres services de l'état ne mettent pas en commun leurs compétences pour mener une politique efficace et volontaire.

Alors, en changeant d'opérateur ou, du moins, en lui donnant une autre feuille de route avec une mission bien précise, on pourra justifier de prolonger la MOUS. Mais il faudra aussi de la transparence, de l'honnêteté dans les chiffres et dans les résultats, du dialogue entre partenaires et financeurs et non pas que tout le monde doive suivre les décisions prises par les représentants de l'état ou l'opérateur de la MOUS.

Après tant d'attentes, tant d'espoirs et de désillusions, tant de mensonges et d'occasions ratées, j'ai envie de dire au préfet et aux élus concernés :

 

Changez tout ou arrêtez la MOUS !

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Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 01:46

Quinze ans jour pour jour après la mort de François Mitterrand, les socialistes défilent à Jarnac sous l'objectif des caméras et autres photographes de presse pour bien montrer qu'ils sont socialistes, héritiers de Mitterrand, comme si les français en doutaient.

Vous en conviendrez, c'est ridicule, comme est ridicule le résultat du sondage qui a pour but de nous faire croire que le véritable héritier de François Mitterrand est Dominique Strauss-Khan. Ou alors, dans le questionnaire du sondage, il y avait certainement une question comparant l'étalon du FMI à l'étalon de l'Elysée que fut Mitterrand. Il est vrai que sur ce point, DSK est bien placé.

Cela dit, je me pose la question depuis longtemps sans comprendre qu'est-ce que les français peuvent trouver à DSK pour le placer en tête des présidentiables face à Nicolas Sarkozy. Il ne dit rien, il ne fait rien et passe son temps entre les USA et le Maroc. C'est à se demander si les autres candidats ont compris quelque chose à la politique. Ou alors les français ?

Mais tout cela n'est pas bien important en ce 8 janvier 2011 à côté de ce qui se passe dans notre bonne ville de Bordeaux.

La plus importante campagne électorale de l'année vient d'être lancée à Bordeaux. Les cantonales vont se jouer ici, sur le deuxième canton de Bordeaux, entre une conseillère générale sortante et un ministre via une candidate prête nom. Oui, la campagne cantonale se fera en réalité entre deux camps, le camp Delaunay et le camp Juppé.

Dans le camp Delaunay, les généraux viennent à la rescousse de celle qui est en mauvaise posture, plus habile à communiquer qu'à engager des actions pour le canton, seule conseillère du département à remettre ses dossiers FDAEC tous les ans très en retard au point de faire perdre quelques cheveux au jeunes assistants du groupe PS au Conseil Général. Philippe Madrelle, Gilles Savary et certainement encore quelques autres "grands élus" viendront tous soutenir les troupes et la candidate en campagne, peut-être avec quelques surprises ou promesses dans les valises.

Dans le camp Juppé, le "général" est venu ouvrir les hostilités ce 8 janvier, jour d'anniversaire de la candidate PS et a surtout donné ordre à ses lieutenants de s'engager avec fermeté auprès de l'adjudant de compagnie qu'est Anne Marie Cazalet. Et comme de bons militaires, ils obéissent tous au ministre de la défense.

J'aurais l'occasion de suivre cette élection et de vous donner mon sentiment. Ce que je peux vous dire dès maintenant, c'est que si j'habitais dans ce canton, je ne voterai ni pour l'une ni pour l'autre. Un changement ne ferait pas de mal et cela montrerait à tous ces professionnels de la politique que nous en avons marre de cette façon de faire. D'ailleurs, cela me fait penser qu'encore une fois, ils vont être payés pour faire campagne. Dans le cas de la députée de Bordeaux, depuis son élection en juin 2007, le contribuable l'a déjà payée lorsqu'elle a fait la campagne municipale de Alain Rousset en 2008 et cela pendant plusieurs mois tout comme pour les européennes, les municipales en 2010 à Bruges où elle a été très engagée et puis maintenant de nouveau pendant ces trois mois de campagne cantonale. Eh oui ! Elle va toucher des indémnités de députée pour faire la campagne cantonale. C'est injuste mais c'est la politique.

Mais ce n'est pas grave car cette campagne est pleine de promesses entre ces deux êtres qui ont tellement de choses en commun.

Ils ont tous les deux été élus de la 2ème circonscription de la Gironde. Ils se battent aujourd'hui pour le 2ème canton. Ils vont tous les deux passer des vacances à Hossegor dans les Landes à la même période. Ils ont tous les deux le même âge. Delaunay ne pourrait pas exister médiatiquement sans Juppé. Par contre, Juppé peut très bien faire sans Delaunay.

Nous aurons certainement l'occasion de les retrouver dans les prochaines semaines sur le terrain, bien décidés à faire gagner leur camp. La victoire ira à celui qui aura le plus envie de gagner, sachant que Juppé sera toujours le gagnant. Si Cazalet l'emporte, c'est Juppé qui gagne. Si Cazalet perd, c'est juste Cazalet qui perd car Juppé saura expliquer que ce n'était pas lui qui a mené la campagne. Malin, n'est-ce pas ?

Mais la victoire dépendra aussi de la motivation et de l'engagement des équipes de campagne. Côté Delaunay, je ne suis pas sûr que les troupes soient nombreuses à moins que Philippe Madrelle donne ordre à ses agents-militants de venir soutenir Delaunay. Il faut dire qu'elle en décourage plus d'un en campagne et les volontaires sont peu nombreux pour supporter son caractère.

Côté Juppé, le fait que celui-ci soit devenu ministre doit certainement faire réflechir ceux qui hésitaient ou se posaient des questions et doivent maintenant craindre la colère ministérielle s'ils ne faisaient pas campagne. Il me semble cependant qu'il y a un peu trop de chefs dans cette équipe et ce n'est jamais trop bon dans une campagne. En général trop d'ordres créent le désordre et la confusion et découragent les militants.

Que les meilleurs gagnent !!! Et puis en 2012 il y aura encore un 8 janvier...

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Published by Mouette Rieuse - dans Campagne électorale
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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 02:30

L'émission "Les infiltrés" sur les catholiques intégristes bordelais de l'église Saint-Eloi est bien loin et on n'entend plus parler de cette affaire. Pourtant, les crapauds de bénitier (c'est volontaire) n'ont pas disparu de la ville et continuent leur chemin vers l'enfer en toute tranquillité.

L'agitation des socialistes a certainement fait capoter la possibilité d'aller plus loin dans les révélations dans cette affaire et les mis en cause se sont barricadés avec leurs documents. Dommage que tous ceux qui ont crié et gesticulé pour manifester leur indignation n'aient pas eu l'idée de créer une structure de surveillance des activités des intégristes, de leurs relations avec l'extrême droite et sur la provenance de leurs financements. 

Des recherches auraient du être engagées pour comprendre comment les dirigeants intégristes de Saint-Eloi sont arrivés à Bordeaux, à la faveur de quels soutiens politiques et du soutien de qui ils continuent à bénéficier.

Pendant ce temps, les cathos intégristes continuent à vouloir donner l'impression d'être persécutés par ces affreux gauchistes qui viennent empêcher leurs prières sous la pluie, que Dieu lui-même a certainement refusées.

Comment Dieu pouvait-il accepter les prières d'une centaine de personnes qui n'avaient rien de chrétien mais dont le seul but était de dénoncer le droit des femmes de disposer de leur corps ?

Des prières sélectives puisqu'elles ne concernaient que les foetus et jamais les ovules eux-mêmes ou les spermatozoïdes, pourtant la base même d'un être humain.

Prier pour la vie et les enfants avortés était donc le but de cette prière organisée devant la cathédrale de Bordeaux.

Chacun a le droit de prier pour qui et ce qu'il veut mais il existe des lieux de culte et dans ce cas la cathédrale était assez grande pour accueillir la centaine de personnes qui avaient envie de prier ce samedi après-midi.

Le fait de prier à l'extérieur était bien une provocation, une façon pour l'extrême droite de s'affirmer un peu plus dans notre ville.

D'ailleurs je me demande si Dieu écoute les prières remplies de faux sentiments, affichées dans le seul but d'imposer des idées rétrogrades.

Mais si on prie "pour ces enfants avortés", je m'interroge pourquoi ne prie-t-on pas pour ces spermatozoïdes morts au combat, arrivés après le premier et morts sans donner vie à un être quelconque.

Il en est de même pour tous ceux morts dans un kleenex et jetés dans une cuvette de WC, sans même avoir un jour reniflé l'odeur agréable d'une femelle. Et puis il y a ceux qui sont morts étouffés dans un préservatif, morts cautionnées aujourd'hui par le pape, qui doit bien poser problème à ses moutons.

Triste sort pour tous ces spermatozoïdes, morts sans gloire et dans l'anonymat total.
J'espère qu'un jour, tous ces fêlés du ciboulot, prieront pour eux, pauvres êtres qui ont succombé au plaisir solitaire d'un individu. Ou alors, qu'un jour on érigera un monument au spermatozoïde inconnu.

Tout ceci n'est qu'un aperçu de la capacité de mobilisation de ces organismes car leur force est bien plus importante, financière tout d'abord, politique et même en terme de réseaux.

L'extrême droite et les intégristes sont bien là, à nous d'être vigilants, de centraliser les informations afin de mieux y répondre, d'être préparés pour des coups futurs car ce n'est pas parce qu'on n'en parle plus que tout cela n'existe plus.

Il y aura d'autres Saint Eloi, il y aura d'autres cours Saint-Projet, il y aura d'autres prières et il y aura certainement d'autres actions que nous n'imaginons même pas.  

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Published by Mouette Rieuse
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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 00:40

"S'il te plaît, aide-moi à apprendre à lire et à écrire !"

Ce n'est pas un enfant mais un jeune rrom bulgare de 26 ans qui habite dans un squat qui m'a fait cette demande. Bien sur que je vais tout faire pour qu'il puisse apprendre à lire et à écrire.

Analphabète comme une grande majorité de rroms, il s'est rendu compte à l'âge adulte des difficultés que l'on peut rencontrer dans la vie lorsqu'on ne sait lire ni écrire.

C'est bien pour cela mais aussi pour quelques autres raisons que je me bats depuis trois ans pour la scolarisation des enfants rroms de l'agglomération bordelaise.

Quand je suis arrivé dans les squats en 2007, presque aucun enfant n'était scolarisé. Aujourd'hui, ils le sont à 98 ou 99 % pour ce qui est des squats que je visite et que j'accompagne.

Cela n'a pas été facile. La scolarisation n'est pas une priorité pour les rroms du fait que la porte des écoles leur a été souvent fermée dans leurs pays d'origine mais aussi pour des raisons économiques car les enfants doivent participer au gagne-pain de la famille.

Les obstacles de l'administration ont aussi été nombreux. Rigide, celle-ci a du mal à s'adapter à ces enfants différents, venus d'ailleurs, ne parlant parfois même pas un mot de français. Des coups de gueule avec l'éducation nationale, de bonnes expériences aussi issues d'un véritable dialogue avec les instituteurs, des affrontements avec les familles qui voyaient là un échange bien peu rentable.

Il faut dire que les familles roumaines et bulgares sont victimes d'une injustice peu compréhensible. Même lorsque les enfants sont scolarisés, celles-ci ne bénéficient d'aucune allocation ou autre aide. Même l'aide attribuée par le Conseil Général leur est souvent refusée du fait que les enfants n'ont pas fait leur rentrée en collège avant une date limite, date difficilement respectée car ces enfants doivent subir des tests au CASNAV, organisme dépendant de l'académie, et que les rendez-vous sont parfois pris pour des délais supérieurs à un mois.

Pour les plus petits, en maternelle ou élémentaire, tout dépend du bon vouloir du maire. Ainsi, à Cenon j'ai du engager un bras de fer juridique et médiatique avec le maire pour que les enfants soient acceptés à l'école mais encore aujourd'hui, les enfants rroms de maternelle doivent être scolarisés à Bordeaux, pour je ne sais quelles raisons. A Cenon aussi, alors que le maire annonçait à grand coup de communication la gratuité de la cantine pour les familles les plus défavorisées, les enfants rroms n'ont toujours pas accès à la cantine, étape ô combien importante dans le processus d'intégration. Dernièrement, j'ai aussi saisi l'inspecteur d'académie des difficultés que rencontrait une famille pour scolariser un de ses enfants dans cette ville.

Il y a deux ans, cela coinçait aussi avec le CASNAV qui depuis a changé d'attitude et je dois reconnaître que cela se passe plutôt bien.

A Bordeaux, aucun problème pour scolariser les enfants mais depuis quelques semaines, j'ai des retours par les familles qui commencent à m'inquiéter. Ce sont les écoles qui posent problème. Enfants transférés dans les CLIN parce qu'ils ne parlent pas français, scolarisation bloquée par manque de communication avec les familles mais aussi par méconnaissance de cette population, surtout dans les écoles qui découvrent les enfants rroms.

Encore une fois, il est temps de créer un poste de médiateur !

Je vous parlais de CLIN. Il y a aussi les CLANSA dans les collèges. Ce sont des classes d'accueil pour les nouveaux arrivants. Des structures inutiles et défaillantes devant l'ampleur de la situation. Non seulement elles sont éloignées des secteurs où vivent les rroms mais je pense, sans être spécialiste de l'éducation, que c'est une erreur de mettre des enfants non francophones tous ensemble. Je comprends qu'il puisse y avoir un apprentissage renforcé du français et même je salue cette initiative mais j'ai l'impression que le mélange des élèves forcerait l'apprentissage de la langue.

Comment entendre les sons, apprendre les mots, apprendre le français "vivant" en étant entre gamins dont aucun ne parle cette langue ?

Cela pose aussi la question de l'accompagnement post-scolaire, aussi bien en période scolaire que pendant les vacances. Le travail à faire la maison mais aussi les loisirs, dont ils ne bénéficient pas d'autant plus qu'ils restent entre eux dans les squats alors qu'ils pourraient fréquenter les centres de loisirs, lieux de rencontre et de partage.

Ce sont des questions que je me pose et je regrette que les responsables de l'éducation nationale ne se les posent pas.

Faute de mieux, je vais demander à la mairie de Bordeaux d'interpeller l'académie afin d'obtenir l'ouverture d'une de ces CLIN dans le quartier de la Bastide. Faute de mieux, je préfère une CLIN proche des lieux de vie que dans la commune d'à côté, où les élèves n'iront pas.

Pourquoi tout cet engagement pour la scolarisation des enfants rroms ?

Parce que je pense que l'école sera l'unique chance qui leur sera donnée dans la vie, qu'il ne faut surtout pas rater. De leur parcours scolaire en France peut dépendre leur navenir. Je ne voudrais pas les retrouver dans quelques années à faire la manche comme leurs parents.

Cela me met parfois dans le rôle du méchant, quand je menace les parents de les faire mettre en prison si leurs enfants ne sont pas scolarisés. Peu m'importe, si cela peut contribuer à aider quelques gosses à devenir des adultes capables de s'en sortir dans la vie. S'il y a une seule raison d'intervenir auprès de cette population, je dirais que c'est celle-là.

Et j'en suis fier. Rien que ce mois, j'ai scolarisé presque une trentaine de gosses.

Mais pour avoir une idée globale de la scolarisation en France, des enjeux, des difficultés ou des réussites, je vous invite à visiter le site du Collectif Romeurope et en particulier la partie du Collectif pour le droit des enfants roms à l'éducation, dont fait partie l'association que je préside.

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Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 04:24

La MOUS Rroms de l'agglomération bordelaise a un an.

Lancée en novembre 2009, après un début d'incendie le 17 octobre dans un squat de bulgares situé avenue Thiers dans la quartier de la Bastide à Bordeaux, elle s'adresse aux rroms roumains et bulgares ainsi qu'aux bulgares non-rroms présents dans les squats de l'agglomération.

Lors de son lancement, parallèlement à une deuxième MOUS squats en général, le préfet de Gironde s'est donné comme objectif d'éradiquer l'ensemble des squats de la CUB. Utopie incompréhensible de la part du représentant de l'état qui semble ne pas avoir compris que la vie en squat est aussi un mode de vie choisi par certaines populations qui ne souhaitent pas vivre dans la norme qu'impose la société.

D'ailleurs, je me demande toujours pourquoi, lors des projets d'urbanisation, il n'y a pas d'espaces réservés pour ceux qui ont fait ce choix considéré marginal.

Le Centre d'Orientation Sociale (COS), association nationale bien implantée en Gironde, a été désigné comme opérateur de la MOUS et ordre lui a été donné de faire un diagnostic social du squat de l'avenue Thiers avec pour obligation de rendre ce rapport dans un délai d'un mois.

Il y avait deux squats de bulgares sur le même site mais un seul a été diagnostiqué. Au début, certains rroms ne souhaitaient pas recevoir les employés du COS, d'une part parce qu'ils ne les connaissaient pas, d'autre part parce qu'ils étaient accompagnés par la traductrice qui travaillait habituellement avec la police. Malgré mes mises en garde, le COS a continué cette collaboration pendant quelques mois avant de s'en séparer.

Pour convaincre les familles bulgares de rencontrer les employés du COS, je me suis retrouvé à 22 heures ou 23 heures, avec Muriel Parcelier, maire adjoint de la Bastide, dans les squats à essayer de faire les médiateurs.

Comme le COS ne connaissait rien à cette population, qui n'est pas son public habituel, j'ai participé au "casting" pour sélectionner les premières familles qui pourraient être proposées au préfet de Gironde pour être accompagnées dans le cadre de la MOUS et bénéficier d'un titre de séjour leur permettant de travailler.

Il ne fallait pas en proposer trop de peur que le préfet refuse.

Première grosse erreur du COS qui, par peur du préfet, n'a pas diagnostiqué les familles sérieusement. Beaucoup n'ont pas été proposées alors qu'elles étaient en capacité d'être accompagnées comme celles qui ont été choisies par le COS. Cette limite volontaire que s'est imposé le COS a fait que, son rapport rendu, il a été prié de passer à un autre squat sans possibilité de revenir à Thiers. Il était pourtant de son devoir de signaler au comité de pilotage de la MOUS la situation des autres familles ce qui semble ne pas avoir été fait.

Le comité de pilotage, composé de fonctionnaires de la préfecture, de la CUB, du Conseil Général et de la mairie de Bordeaux, avait choisi quatre squats prioritaires pour l'action du COS. C'étaient les squats de Thiers, Floirac, Cenon et Gradignan. Pour moi, il n'y avait aucune urgence ni pour Thiers ni pour Gradignan. Par contre, il était urgent de diagnostiquer le bidonville de Floirac où vivait une centaine de personnes dans des conditions plus que misérables. Il était aussi urgent de visiter le squat de Cenon où il y avait de nombreux enfants (27), sans eau ni électricité, au milieu d'une bonne centaine de rats qui faisaient la course tous les soirs.

Mais le COS, je ne sais pour quelle raison, a été diagnostiquer un autre squat, qui par la suite s'est avéré avoir été une grosse erreur.

Sentant la chose mal partie, à la demande des rroms, j'ai alors organisé la deuxième manifestation de rroms en France pour alerter l'opinion publique sur ce qui se passait et demander au préfet l'attribution de titres de séjour en plus grand nombre. Nous avions profité de cette manifestation pour demander aussi l'abandon des suites judiciaires pour les bulgares qui avaient fait des branchements électriques sauvages et nous demandions l'accès à l'eau et à l'électricité dans tous les squats.

Mais le COS était déjà ailleurs, on ne savait pas trop où d'ailleurs. Encore une fois, des diagnostics faits à la va-vite, sans connaissance des familles. Encore un échec avec une famille de Floirac qui a été mise dans un appartement sans y avoir été préparée et sans encadrement familial.

Mais cela n'a pas empêché le COS de communiquer en faisant venir télévisions et autres journalistes. Ce qu'il a oublié de dire, c'est que les deux familles qui avaient été relogées, l'avaient été dans des locaux appartenant au COS et non pas dans des logements autonomes.

Quelques femmes ont trouvé des heures de ménage et il semble que cala a été plus difficile pour les hommes. Un couple a même été séparé pour des problèmes d'alcool. La femme et les enfants ont été logés dans un de ces appartements et le mari à l'hôtel où il est encore et cela depuis plusieurs mois.

Presque un an plus tard, le COS a donc commencé la semaine dernière le diagnostic du squat de rroms roumains situé à Cenon, oublié depuis le début alors qu'il avait été classé prioritaire.

Je n'ai pas beaucoup d'espoir en ce qui concerne les résultats pour ce squat. Peut-être deux titres de séjour, quatre à tout casser, sur la vingtaine d'adultes présents.

J'ai demandé à assister aux entretiens avec ces familles, moi ou quelqu'un de Médecins du Monde, ce qui a été refusé par le directeur du COS qui ne souhaitait pas faire travailler son personnel sous surveillance et qui ne permettait pas que l'on mette en cause le professionnalisme de son personnel.

Ce que je voulais, c'est comprendre où est-ce que cela coince. Au COS, au comité de pilotage, à la préfecture ?

Devant ce refus, je me suis dit que le COS avait certainement quelque chose à cacher et m'a réconforté dans les soupçons que j'avais. J'ai eu l'occasion de voir le bilan de la première phase de la MOUS et j'y ai repéré quelques anomalies, pour ne pas dire mensonges. Faux chiffres et fausses informations données aux élus, des données basées sur des chiffres police alors que cela devait être un diagnostic social, nombreux partenaires dont on peut se demander sur quel domaine ils interviennent auprès des rroms, etc.

Mais si je voulais comprendre c'est aussi parce qu'en une année, le COS n'a diagnostiqué que quatre squats dont un petit d'une dizaine de personnes alors qu'il reste six mois de MOUS et il reste encore six squats à visiter. Je me demande d'ailleurs s'ils savent que ces squats existent où s'il faut les leur montrer comme cela s'est fait au début.

Les résultats de la MOUS au bout d'un an et de 150 000 € investis pour le diagnostic sont bien minimes. Certains diront que c'est mieux que rien. Pour moi, c'est bien trop peu, je dirais presque que cette MOUS est une escroquerie. Escroquerie vis à vis de l'opinion publique, à laquelle on donne l'impression de s'occuper des rroms, mais aussi vis à vis des rroms eux mêmes, à qui on ne demande pas leur avis alors qu'il s'agit de leur vie.

J'ai aussi l'impression que cela a surtout été l'occasion de ficher les rroms présents dans l'agglomération.

Sur les 400 à 500 personnes qui vivent actuellement dans les squats de l'agglomération, seules quelques dix ou douze familles (20 à 24 personnes) ont obtenu un titre de séjour, certaines d'entre elles hors protocole MOUS car elles ont trouvé par elles-mêmes un employeur qui leur a fait un contrat de travail. Trois familles sont hébergées dans les locaux du COS et les autres le sont à l'hôtel depuis plusieurs mois. Quand je dis hébergées, ce n'est pas tout à fait vrai. Elles dorment parfois à l'hôtel parfois dans le squat où elles continuent de se rendre pour préparer et prendre leurs repas ou laver leur linge.

Oui, vous avez bien lu, on paie des chambres d'hôtel qui restent vides. C'est encore une fois une grosse erreur de l'opérateur et des pouvoirs publics car il n'y avait pas d'urgence à sortir ces gens du squat, surtout s'il n'y avait pas de solution durable pour les reloger. C'est une erreur aussi car, encore une fois, on n'a pas tenu compte du fonctionnement de cette population, de leur relation à la famille.

Je demande, ainsi que Médecins du Monde, la création d'un poste de médiateur qui connaisse cette population et qui connaisse bien le fonctionnement des institutions. Certains élus y sont favorables mais il semble que le COS n'en voie pas la nécessité. Bien sur, reconnaître le manque d'un médiateur ce serait aussi reconnaître son échec dans cette tâche qui semble trop importante pour le COS.

Alors, aujourd'hui, après un an de MOUS, il semble que les rroms donnent des soucis aux pouvoirs publics qui ne savent pas comment s'y prendre. Certains d'entre eux ont même évoqué la possibilité de demander au Collectif Romeurope des préconisations en ce qui concerne la situation bordelaise. Non seulement ce n'est pas le rôle de Romeurope de faire ces propositions car c'est un collectif militant qui n'a pas à s'impliquer dans la gestion des actions mises en places auprès des rroms mais de plus je m'y serais opposé au sein du comité technique de Romeurope car depuis un an les pouvoirs publics refusent de dialoguer avec mon association (ou avec moi).

Mais à Bordeaux, nous avons des élus et surtout des administratifs très compétents, qui cherchent une solution depuis un an, parfois du côté de Strasbourg, Lille ou Marseille (si ! si !) mais qui ne veulent pas entendre les avis de ceux qui sont quotidiennement sur le terrain au contact des rroms.

Bravo ! Continuez mais n'oubliez pas que dans six mois il faudra rendre public le bilan de cette MOUS car les journalistes ne manqueront pas de le demander. Et là ça risque de coincer.... D'ailleurs, s'il y a eu quelques résultats, c'est grâce à la presse qui n'a pas manqué de rendre compte de la situation à l'opinion publique.

Merci aux journalistes qui y ont contribué !

Pour terminer, une question me vient à l'esprit. Que penserait Alexandre Glasberg, le militant fondateur du COS, de tout ceci ?

A méditer...

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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 03:16

En politique, il y a ceux qui ne respectent pas leur parole et ceux qui ne respectent pas leur parole !

Je suis surpris que journalistes et politiques soient étonnés, même choqués, que le nouveau ministre de la défense ne respecte pas la parole donnée aux bordelais de rester maire à temps complet et de ne pas entrer au gouvernement.

Que le citoyen lambda soit surpris, je peux le comprendre. Mais les professionnels, ceux qui ont l'habitude de ce monde à part, je trouve cela étrange.

Personnellement, cela ne me choque pas que Alain Juppé ait accepté le poste de numéro deux du gouvernement car je pense que les services de la mairie de Bordeaux sont assez bien encadrés pour fonctionner sans la présence permanente du maire. Le directeur de cabinet tout comme le secrétaire général sont des professionnels compétents qui, de plus, bénéficient de l'entière confiance de Alain Juppé.alainjuppe

Je pense même que la présence de Juppé à Paris peut être un plus pour la ville et même la région.

Mais à Bordeaux, ceux qui faisaient leur actualité sur les agissements du maire doivent être déçus. Ils devront trouver une nouvelle méthode non seulement parce que leur cible est lointaine mais surtout parce qu'un ministre a un autre accès aux médias que ne l'a un maire, fut-il un ancien premier ministre.

Et ses adversaires ont du souci à se faire car un plan de communication bien préparé passera dans les médias non comme du temps d'antenne lors d'une campagne électorale mais comme de la communication d'un ministre, ce qui réduit au silence les adversaires.

Ce ne seront pas quelques blogs qui feront le poids même lorsqu'ils sont écrits avec talent par ceux qui rêvent secrètement d'être maire de Bordeaux.

Oui, les politiques ont ce défaut, ils veulent tous les mandats et surtout ceux qu'ils n'ont jamais occupés. Dans le cas de la mairie de Bordeaux, Alain Juppé semble vouloir se représenter en 2014. En face, il y aura certainement Nöel Mamère, qui est prêt à abandonner Bègles mais aussi, sinon Vincent Feltesse qui doit préparer l'embuscade, au moins Michèle Delaunay qui a du maudire Alain Rousset d'être venu gâcher une chance en 2008.

La participation de Alain Juppé au gouvernement pourrait être une chance pour la gauche si elle savait s'organiser dès maintenant comme cela peut-être un obstacle de par le poids médiatique de Alain Juppé. Mais à mon avis, les candidats PS sont mal partis, n'étant même pas capables de mettre en place depuis 2007 ce qui devait être l'outil de conquête de la ville, le Conseil Socialiste de Bordeaux, présidé par Michèle Delaunay.

Alain Juppé a beau être devenu la cible mais à quoi bon si en face les troupes ne savent pas tirer et surtout si elles n'ont pas de chefs capables de les rassembler, d'autant plus que Vincent Feltesse ne devrait pas prendre le risque d'être candidat à Bordeaux tant que Alain Juppé sera candidat. Une défaite aurait des conséquences énormes dans sa carrière politique.

Dans les mois qui viennent les attaques ne manqueront pas mais je doute que la cible soit atteinte.

 

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 23:24

La campagne électorale à Bruges est très intéressante. Ce n'est certes pas une leçon de démocratie ni de civisme mais au moins elle révèle la face cachée de la politique.

D'un côté, Bernard Seurot, obligé par ses propres amis de repasser devant les électeurs. Ces amis qui ne le sont plus, reprochent au maire de Bruges tout un tas de choses que la presse a déjà évoqué à plusieurs reprises.

De l'autre côté, ces ex-amis du maire (liste Marie-Pierre Saingou) mais aussi ex-adjoints ou ex-conseillers municipaux de la majorité municipale de droite, se voient aussi reprocher ce qui se pratique souvent en politique. Petits services aux amis, embauches de la famille, utilisation de matériel à des fins personnelles, etc.

Tout cela se fait un peut partout et parfois pire encore mais cela reste dans le secret des équipes et celui qui a le malheur d'en parler paie chèrement le fait de cracher dans la soupe.Mairie_de_Bruges_Gironde.jpg

Mais ce qui est grave, c'est que, si les faits s'avèrent vrais, tout le monde est coupable de ces agissements. Ceux qui les ont pratiqués mais aussi qui les ont couverts jusqu'à l'éclatement de ce scandale.

Personne ne peut faire partie d'une équipe pendant plusieurs années et ne rien dire sans être complice de ces faits. Aujourd'hui, en fin de campagne électorale, on gesticule pour montrer l'autre du doigt mais chacun à sa part de responsabilité.

Malgré ce déballage public du linge sale à la mairie de Bruges, j'ai bien l'impression que la justice risque d'en trouver encore dans les placards. Quand une équipe reste trop longtemps en place, elle prend de mauvaises habitudes et ce n'est jamais bon ni pour la démocratie ni pour le contribuable.

L'électeur, s'il veut réèllement défendre ses intérêts, a intérêt à alterner son vote régulièrement. Se sachant en danger électoral, les équipes feront plus attention aux deniers publics, seront plus pertinentes et efficaces dans leurs choix politiques.

Dans tout cela, la liste de Brigitte Terraza semble être blanche comme neige même si je ne crois pas à la liste société civile. On ne se retrouve pas tête de liste si on n'a pas de solides contacts dans les partis politiques et encore moins lorsqu'on représente toute la gauche. Les candidats à la candidature au sein des partis sont souvent trop nombreux et il est déjà difficile pour eux de s'imposer. Alors, une nouvelle tête propulsée au premier plan, cela me paraît impossible.

Mais vous l'avez compris, l'élection de Bruges dépasse les limites de la commune parce qu'autour de cette élection municipale il y a d'autres intérêts. Si tous les ténors de la politique girondine, surtout de gauche, se sont précipités dans la bataille, ce n'est pas pour les brugeais, dont ils se foutent pas mal, mais pour défendre leurs intérêts et surtout assurer des élections futures.

Les enjeux sont à la CUB bien sûr mais aussi à la région puisqu'elle risque d'être la seule collectivité territoriale qui survivra à la réforme. Ce qu'on attendait moins, c'est que cette élection pouvait avoir des enjeux liés à Bordeaux et même nationaux. Vous ne voyez pas ?

Pourquoi pensez-vous que Michèle Delaunay s'est tellement investie dans cette campagne ?

Chantal Bourragué est la députée de la première circonscription de la Gironde dont Bruges fait partie tout comme le deuxième canton de Bordeaux, canton où justement Michèle Delaunay est élue conseillère générale. Bourragué affaiblie à Bruges, c'est un bon signe pour la prochaine cantonale à Bordeaux II même si ce n'est plus Chantal Bourragué qui se trouvera face à Delaunay.

Dans l'hypothèse que Bourragué soit en difficulté à Bruges et Delaunay réélue à Bordeaux, ce serait presque une certitude que la droite perdrait la première circonscription aux prochaines législatives. Donc, la gauche est venue en force dans cette campagne car les "grands élus" ont des intérêts communs dans la victoire de la gauche à cette élection.

En politique, comme dans la vie, tout s'explique. Pour ce qui est de la suite du déballage, attendons l'installation de la nouvelle équipe et je suis persuadé que nous aurons droit à de nouveaux rebondissements. En attendant, laissons le libre choix aux brugeaises et aux brugeais.

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Published by Mouette Rieuse - dans Campagne électorale
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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 12:12

Je vous invite à lire le tchat du journal Sud Ouest avec Vincent Maurin, élu communiste à la mairie de Bordeaux et à la Communauté Urbaine de Bordeaux.

Très intéressant.

Cliquez ici pour lire.

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Published by Mouette Rieuse - dans Parti Communiste
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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 15:10

Au moment même où j'écris ce billet a lieu une table ronde sur les rroms à la préfecture de la Gironde. Cette table ronde qui, soit dit en passant, n'est pas ronde mais rectangulaire, est destinée à faire un point sur la situation des rroms de la CUB.

Elle a été demandée par la CUB et élargie à tous ceux qui interviennent auprès des rroms, y compris les associations. Enfin, tous... ou presque ! Si je suis devant mon clavier c'est qe je n'ai pas été invité à cette réunon. Mais j'ai l'habitude.

La presse, non plus n'a pas été autorisée à y participer. Comme si on avait quelque chose à cacher.

Pourtant, il semble qu'un communiqué leur a été adressé pour annoncer cette réunion. Je ne doute pas qu'elle sera informée des résolutions qui sortiront de ce conclave.

L'organisation de cette réunion est l'aveu du constat d'échec de la politique menée depuis un an sur Bordeaux. La Maîtrise d'Oeuvre Urbaine et Sociale (MOUS) lancée par le préfet il y a tout juste un an est surtout un moyen d'inventorier les rroms, de les ficher et de faciliter leur départ avec les services de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration.

Alors, d'idée en idée, d'échec en échec, les pouvoirs publics se grattent la tête pour savoir quoi faire de ces hommes et de ces femmes, qui vivent en marge de la société, volontairement ou pas.

Je ne suis pas étonné de ce résultat car, quand on veut trouver une solution, il faut chercher à comprendre le problème. Et là, force est de constater qu'aucun des décideurs n'a vraiment cherché à comprendre le fonctionnement de cette population. Et c'est bien pour cela que ça coince.

Après, il y a aussi le fait que bien que nombreux autour de la table, peu de gens s'engagent véritablement auprès des rroms. Médecins du Monde essaie tant bien que mal d'organiser le parcours de soins et se substitue parfois aux services de l'Etat comme ce fut le cas lors d'une campagne de vaccination suite à une épidémie de rougeole. Il y a les pasteurs des églises évangéliques qui soulagent les âmes et parfois les corps avec des aides matérielles. Il y a  aussi votre serviteur, qui entre autres choses, a scolarisé une bonne vingtaine d'enfants le mois dernier.

Et puis il y a les professionnels du COS, l'opérateur de la MOUS. Je dois vous dire que je ne comprends pas bien leur façon de procéder, le travail qu'ils accomplissent et s'ils ont la possibilité de mener leur mission à bon port ou s'ils sont freinés par les pouvoirs publics qui constituent le comité de pilotage de la MOUS.

Il faut dire que je ne suis pas le seul à ne rien comprendre. Élus, journalistes et autres associatifs se posent la question et la communication sur la MOUS semble contrôlée et même muselée. Oui, personne ne sait rien et seuls quelques effets d'annonce bidons, avec des faux chiffres et de fausses informations, filtrent dans la presse en mission comme ce fut le cas avec une équipe de France 2.

La presse locale, désireuse d'informer de la réalité, n'a pas accès aux résultats de la MOUS, tout comme aux décisions sur les projets à venir. Si projets il y a...

D'ailleurs, au sujet de cette MOUS, et cela depuis un an, je me demande s'il y a volonté de faire quelque chose pour les rroms. La MOUS devrait être un extraordinaire outil d'intégration et je ne comprends pas que les fonds européens disponibles n'aient pas été demandés pour le relogement des rroms. Viviane Reding a encore rappelé il y a peu de temps que les états membres n'utilisaient pas ces fonds.

Au niveau local, je suis surpris que le Conseil Régional n'ait jamais été invité à rejoindre la MOUS étant donné ses compétences. Le Conseil Généra fait bien partie des décideurs même s'il n'a pas mis un centime pour mener à bien cette opération. Étrange, n'est-ce pas ?

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Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
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