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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 16:36
Encore une belle journée que ce lundi. Non seulement le soleil est de retour mais vous avez été très nombreux à visiter ce blog.

Record battu depuis le début du blog (juillet 2008) avec 3570 visiteurs uniques en une seule journée.

MERCI !
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Published by Mouette Rieuse - dans Moments intimes
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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 12:00
Sur son blog, le maire de Bordeaux, Alain Juppé, analyse le scrutin du premier tour des élections régionales et délivre au passage quelques piques aux présidents de régions qui non seulement n'ont pas su faire connaître les régions comme ils n'ont pas su s'affirmer, aux yeux de l'opinion, comme des leaders.

Les têtes de listes et leurs équipes sont elles aussi égratignées au passage, car elles n'ont pas su créer le débat.

Après un petit tour sur l'évolution des partis lors de ce vote, Alain Juppé s'en prend à la méthode de Nicolas Sarkozy sur la mise en place des réformes. Le message s'adresse au président, comme un boulet de canon qu'on tire sur un voilier.

Se lançant dans une analyse économique de l'humeur des français, une phrase discrète a pourtant son importance. Et de taille.

Alain Juppé serait-il tenté de revenir sur le bouclier fiscal quand il dit : "Dans cette perspective, un réexamen de notre système fiscal est sans doute incontournable" ?

Franchement, j'espère qu'il expliquera le sens de cette phrase dans un de ses prochains billets.

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Published by Mouette Rieuse - dans Web
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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 01:45
L'excellent journal SUD OUEST, dans un article en ligne, fait un tour du web des sites et blogs qui commentent les résultats des élections régionales.

Pour ce qui est de Bordeaux, trois blogs sont à l'honneur dans cet article. Celui de Alain Juppé, Mouette Rieuse et Michèle Delaunay.

Vous en conviendrez, quel trio ! Trois acteurs majeurs de la politique bordelaise.

Bon, je sais, je me la pète un peubeaucoup. Cela dit, ça fait toujours plaisir, même si le billet avait surtout pour but d'être un des premiers à mettre en ligne les résultats en Aquitaine.


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Published by Mouette Rieuse - dans Web
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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 22:28
55 % d'abstention dans certains quartiers populaires de Bordeaux, beaucoup plus dans d'autres villes (70 % à Roubaix), devrait non seulement obliger les responsables politiques à se questionner sur le sens de ce vote mais aussi à se demander s'il ne faudrait pas comptabiliser les votes blancs. Cette dernière option pourrait réconcilier les électeurs avec les urnes et la démocratie en sortirait gagnante.

La nouvelle position du PS comme première force politique du pays ne doit pas lui faire oublier qu'il est encore convalescent après une longue période de coma dépassé. Premier parti d'un pays où plus de la moitié de ses électeurs n'ont pas été voter, cela ne représente pas grand chose. Les fanfarons pourraient le regretter lors des prochains scrutins.

La stratégie des socialistes en appelant au vote utile a payé, mais elle a aussi contribué à affaiblir les autres formations de gauche, qui ne le leur pardonneront pas.

Europe Écologie (EE) a certainement souffert d'un excès de confiance et s'est laissée piéger par des débats qui ont occulté tous les autres sujets de la campagne. En Aquitaine, par exemple, le débat sur la LGV, a certainement été ce qui a fait que EE n'ait pas réussi les 10 % de voix qui lui auraient permis d'être présente au deuxième tour. Ajoutons à cela les couacs de début de campagne sur le choix de la tête de liste, les déclarations assassines des uns et des autres et la mauvaise humeur de certains élus et militants et toutes les conditions étaient réunies pour mettre en route la machine à perdre.

Si le Front de Gauche (FG) réalise de belles performances dans des régions comme l'Auvergne ou le Limousin, en Aquitaine, le FG manque de visibilité médiatique ou même de leaders capables de mobiliser les troupes ou créer des réseaux dont un jeune parti a besoin. Sa proximité avec le PS a aussi provoqué le vote direct sur Alain Rousset, les électeurs sachant par avance qu'il y aurait un appel à voter PS au deuxième tour. Beaucoup ont certainement été déçus de cette posture et n'ont pas souhaité donner leur vote à ceux qui s'étaient séparés du PS il y a peu de temps mais qui lui tombent dans les bras à la première occasion.

La percée du Front National (FN) est certainement due en grande partie au débat sur l'identité nationale mais aussi la démonstration du retour au bercail de l'électorat d'extrême droite, séduit en 2007 par le discours sécuritaire de Nicolas Sarkozy. Bonne nouvelle, en Aquitaine, pour les quatre prochaines années, aucun élu du FN ne siégera au Conseil Régional. Dans les douze régions où le FN va provoquer une triangulaire, l'UMP perdra certainement l'élection, Jean-Marie Le Pen faisant payer à cette occasion le hold-up fait sur son électorat en 2007.

Le Modem, que certains disent en perdition, pourrait se relever dans les deux années qui viennent et de nouveau créer une surprise aux présidentielles. Ses luttes internes, les critiques formulées en public contre François Bayrou, ont fait que l'un des partis qui a le plus contribué à la construction de l'Europe (l'UDF) se retrouve aujourd'hui dans une position inconfortable. La faute aussi à ses élus partis à la soupe de Sarkozy en 2007 (Nouveau Centre en particulier). Jean Lassalle, par son caractère et sa personnalité a réussi un beau coup en Aquitaine et pourrait récupérer de nombreux votes des abstentionnistes où même de l'électorat UMP ayant envie de jouer un mauvais coup à Alain Rousset et à Xavier Darcos.

Le grand perdant de cette élection est certainement le NPA qui paie là sa volonté de ne pas faire alliance avec le FG. L'affaire de la candidate voilée ne lui a pas non plus été favorable.

La politique de répression du gouvernement, sa politique sociale désastreuse, son manque de mesures économiques et le train de vie du président de la république ont eu des conséquences désastreuses dans les résultats de l'UMP. Les ministres en mission ont fait campagne tant bien que mal, dans des régions qu'ils connaissaient peu et qu'ils sont prêts à sacrifier sur l'autel de la réforme des collectivités territoriales. Xavier Darcos, s'est rappelé un peu tard qu'il avait été élu conseiller régional d'Aquitaine en 2004. Seule l'échéance de 2012 (les législatives) a été le déclic de l'amour qu'il a éprouvé soudainement pour la région et en particulier le bassin d'Arcachon.

Sa campagne a été l'opposé de celle de Alain Juppé pour les municipales de 2008 à Bordeaux. Autant Alain Juppé a su faire partager à ses militants et à ses électeurs l'envie de gagner, autant Xavier Darcos a donné l'impression de n'être là qu'en mission, par la volonté de Nicolas Sarkozy et presque à contre-coeur. Là aussi, Jean Lassalle est à l'opposé de Xavier Darcos, donnant l'impression de ne vivre que pour cette élection et donnant presque envie de voter pour lui.

Tout ceci n'est cependant qu'un instantané de la vie politique et de l'humeur des français et bien malin sera celui qui pourra dire quelle sera l'orientation du vote du peuple en 2012. Le PS ne doit pas se laisser prendre au piège de ce succès éphémère, le plus dur étant à venir avec ses primaires pour les présidentielles et certainement une candidature sauvage de Ségolène Royal. L'UMP ne pourra certainement remporter la présidentielle qu'en se débarrassant de Sarkozy. Bizarrement, le PS et l'UMP ont intérêt à ce que le FG se développe, l'un pour avoir un réservoir de voix, l'autre pour faire perdre des voix au PS.


Pour ce qui est du FN, Marine Le Pen saura certainement être la digne héritière de son père, avec l'attraction féminine en plus.

Le Modem fera tout pour rebondir, peut-être même en "tuant" son fondateur. Cependant, seul un retour à ses valeurs traditionnelles peut faire revenir vers lui son électorat.

Mais le chemin sera long et dimanche prochain il y a le deuxième tour des régionales. Alors, tout ceci n'est que mon humble avis, peu de chose à côté de celui de tous les grands politiques.
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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 19:24

On ne peut pas dire que les électeurs se sont bousculés pour se rendre aux urnes aussi bien au niveau régional que national.

Dégoûtés par les politiques, fatigués d'entendre des promesses non tenues, s'étant rendus compte que leur vie ne change pas quelle que soit la formation qui remporte les élections, les électeurs donnent par leur abstention un carton rouge aux responsables politiques.

Au soir du premier tour des élections régionales, voici les résultats pour l'ensemble de la région ainsi que pour chaque département d'Aquitaine :

AQUITAINE :

Liste Darcos (UMP) 22,05 %
Liste Rousset (PS) 37,63 %
Liste De Marco (EE) 9,75 %
Liste Lassalle (Modem) 10,43 %
Liste Boulanger (FG) 5,95 %
Liste Colombier (FN) 8,27 %

Résultats complets
ici

Gironde :

Liste Darcos 22,32 % 
Liste Rousset 40,55 % 
Liste De Marco 10,56 % 
Liste Lassalle 7,68 % 
Liste Boulanger 5,34 % 
Liste Colombier 8,69 % 

Résultats complets ici

Dordogne :


Liste Darcos 24,06 %
 

Liste Rousset 36,98 % 

Liste De Marco 9,15 % 

Liste Lassalle 7,13 % 

Liste Boulanger 8,04 % 

Liste Colombier 8,68 %

Résultats complets
ici


Landes :


Liste Darcos 21,33 %
 

Liste Rousset 41,59 % 

Liste De Marco 7,46 % 

Liste Lassalle 12,20 % 

Liste Boulanger 6,26 % 

Liste Colombier 6,30 %

  Résultats complets ici


Pyrénées-Atlantiques
:


Liste Darcos 19,81 %
 

Liste Rousset 32,71 % 

Liste De Marco 10,31 % 

Liste Lassalle 17,66 % 

Liste Boulanger 4,91 % 

Liste Colombier 6,05 %

Résultats complets
ici
 

Lot-et-Garonne :


Liste Darcos 23,56 %
 

Liste Rousset 31,92 % 

Liste De Marco 9,17 % 

Liste Lassalle 9,08 % 

Liste Boulanger 7,19 % 

Liste Colombier 12,99 %

Résultats complets
ici


Résultats Bordeaux :

Liste Darcos 28,40 %
Liste Rousset 35,19 %
Liste De Marco 13,40 %
Liste Lassalle 6,78 %
Liste Boulanger 5,64 %
Liste Colombier 6,48 %

Résultats complets Bordeaux
ici.

Tous les résultats nationaux, y compris ville par ville,
ici.

Le fait marquant de cette élection est quand même le taux d'abstention qui en Aquitaine est de 50,44 %.

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Published by Mouette Rieuse - dans Campagne électorale
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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 03:44
La preuve...
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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 07:30
Si Malek Boutih est nommé président de la Halde, certains diront que c'est un signe d'ouverture de Nicolas Sarkozy, d'autres verront cela comme une nouvelle prise à la gauche.

Pourtant, cela fait longtemps que Malek Boutih n'est plus de gauche, s'il l'a jamais été. Plus opportuniste qu'homme de convictions, Abdelmalek Boutih a surtout couru après les mandats et n'a pas hésité à se faire parachuter en Charente pour être candidat aux législatives malgré l'opposition des élus et militants socialistes locaux. 

Proche de Ségolène Royal, il a eu d'importantes responsabilités au PS sans jamais avoir été élu par le peuple. Comme beaucoup d'autres, lors des présidentielles de 2007 et en cas de victoire de Ségolène Royal, ses cartons devaient certainement déjà être prêts pour s'installer dans un ministère.

Malek Boutih veut donner l'impression de représenter la diversité, du moins une génération d'immigrés. Lui qui est né en France, s'est embourgeoisé avant même de fréquenter les VIP socialistes, a surtout surfé sur la vague à la mode qu'ont été les potes de SOS Racisme.

Après la présidentielle de 2007, il aurait été approché par Nicolas Sarkozy pour entrer au gouvernement et aurait accepté avant de décliner l'offre la veille au soir sur les conseils de son mentor, le collectionneur de montres Julien Dray.

Aujourd'hui, il est pressenti pour présider la Halde et certains voient déjà cette nomination d'un mauvais oeil. En ce qui me concerne, je pense que si Nicolas Sarkozy veut discréditer la Halde, la rendre inefficace, la mettre sous tutelle, il ne s'y prendrait pas autrement. Malek à la Halde sera sans aucun doute la porte ouverte aux attaques l'accusant d'impartialité, ce dont le président sortant a su la préserver.

La Halde est aujourd'hui aussi indispensable à la société française que l'eau pour les êtres vivants. Elle ne peut pas servir de tribune à des individus en mal de reconnaissance, elle ne doit pas donner l'impression d'être un instrument d'intégration ou même de discrimination positive.

Si le président de la république veut donner une promotion à son ami, qu'il le nomme à un poste au gouvernement, taillé à sa mesure, par exemple au ministère de l'immigration comme secrétaire d'état d'Eric Besson.

Oui, c'est là que je vois le mieux Malek Boutih. N'a-t-il pas été le rédacteur d'un rapport sur l'immigration, que ses amis socialistes ont refusé, où il préconisait l'instauration de quotas pour l'accueil des immigrés ?

Malek Boutih est un de ces bourgeois de banlieue, bien plus dangereux que le bon villiériste. Donnant l'impression de connaître les immigrés parce qu'ils portent un nom étranger ou que leur couleur de peau n'est pas autochtone, ils sont capables d'aller plus loin que ce qu'on leur demande, pour se prouver qu'ils existent, qu'ils sont indispensables ou même incontournables.

Ce n'est pas son nom ou sa couleur de peau qui sont en jeu, ce qui est en jeu c'est l'indépendance d'une institution, sa capacité à agir sans avoir de comptes à rendre au gouvernement, capable de s'exprimer en toute liberté. Et tout cela, je ne suis pas sur que Malek Boutih soit capable de le préserver, lui, le proche du président, lui qui lui sera redevable à vie s'il est nommé à ce poste.

Si je vous ai parlé du bénéfice que peut tirer le président de cette nomination, je ne sais pas quel plaisir peut-il avoir. Le poisson n'est pas si gros que ça, il est même tout petit et pollué d'avoir nagé dans tellement d'eaux. Il n'y a aucune gloire à prendre un poisson de bassin inutile qu'il ne viendra à l'idée de personne d'essayer d'attraper. Sauf à un président de la république qui voudrait le montrer aux caméras pour donner l'impression aux français qu'il est le meilleur. 

Pour toutes ces raisons, n'hésitez pas à rejoindre le groupe
SOS HALDE sur Facebook !

 
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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 08:00

C'est devenu une habitude, à l'approche des élections, les politiques nous parlent de "vote utile". Une façon d'avouer que chaque camp a besoin de votre vote pour élire un maximum de candidats.

Je l'ai entendu souvent lors des campagnes électorales et j'ai même utilisé l'argument. Alors, le vote utile existe-t-il, oui ou non ?

Oui et non. Il est utile pour celui qui en bénéficie mais ne sert à rien pour celui qui vote. Disons-le franchement : le politique n'a rien à faire du français qui a voté pour lui.

L'électeur n'est qu'un petit élément de ce système qu'on appelle démocratie, destiné à nous faire croire que le peuple a du pouvoir, que tout se fait par sa volonté. En réalité, tout est fait pour asseoir le pouvoir des plus forts tout en donnant l'impression aux plus faibles d'être importants. Le vote est le moyen de légitimer la prise du pouvoir. De cette façon, tout se fait en nom du peuple mais... sans le peuple.

Certains électeurs, pleins de bonne conscience, vont encore voter même s'ils votent blanc. Pourtant, les votes blancs ne sont pas pris en compte (ils sont comptabilisés avec les nuls). Seule l'abstention peut être un moyen de faire entendre sa voix. Ne pas aller voter est certainement ce qui contrarie le plus les politiques.

Le jour où il y aura 90 % d'abstention, alors ils commenceront à se poser des questions. Pour l'instant, il y a encore une grande minorité qui n'a pas compris que les politiques ne servent pas à grand chose. D'ailleurs, comme disait Jean Lassalle dans un article de Libé Bordeaux, la grande majorité des français pense que les politiques sont "les derniers à croire que [ils servent] à quelque chose".

Oui, les politiques sont "dans un théâtre d'ombres, à jouer un rôle qui n'a plus aucune fraîcheur". Souvent mauvais acteurs, ils essaient de nous convaincre de les nommer pour les Césars.

Leur mauvaise prestation est certainement à l'origine que beaucoup d'électeurs confondent les enjeux des élections, ne sachant parfois même pas quelles sont les compétences des collectivités dont ils vont élire les représentants. Ils ne connaissent pas les enjeux, ils confondent politique locale et nationale et c'est comme cela qu'ils votent bêtement pour un parti au lieu de voter pour des hommes ou des femmes.

Dans le cas des régionales, la gauche récolte les fruits de la mauvaise politique nationale de la droite et peut espérer que ce vote sera un vote sanction contre le gouvernement.

Cette méthode fait la part belle au PS et les autres partis de gauche n'en ramasseront que les miettes. C'est un système dangereux qui laisse peu de place à l'expression des différentes opinions et qui tue la vie politique par une bi-polarisation de l'électorat.

Les majorités absolues ne sont que rarement bonnes et le fait d'être obligés de faire des alliances de gouvernement tirent souvent vers le haut les politiques menées par les exécutifs.

Le vote pour les régionales approche et il est encore temps de vous poser quelques questions avant d'aller voter, si vous allez voter. Ne vous laissez pas abuser par les cris alarmistes des candidats.

Et surtout, avant d'aller voter, posez-vous la question : le vote utile existe-t-il ?

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 00:11
Pendant des années, au PS, j'ai entendu parler du droit des femmes. Tout le monde faisait semblant de s'y intéresser mais il suffisait de regarder les petits sourires pour comprendre que ce ne n'étaient que des foutaises.

Cela occupait les rares féministes qui pendant ce temps-là on n'entendait pas gueuler sur d'autres sujets. Elles étaient bien les seules à croire que leurs réunions pouvaient faire avancer quelque chose.

Et c'est vrai que cela n'a jamais rien fait changer pour la condition féminine. D'ailleurs, les femmes qui participaient à ces réunions n'étaient presque jamais à plaindre, souvent fonctionnaires de catégorie A ou B, parfois élues, rarement des ouvrières ou petites employées.

Elle ne connaissaient pas la vie de la caissière de supermarché, qui commence sa journée à 8 ou 9 heures du matin pour la finir à 21 heures. Certes, elle ne travaille pas 12 ou 13 heures de suite mais comme sa coupure déjeuner fait deux ou trois heures, elle reste sur son lieu de travail, ou à proximité, parce que les trajets coûtent cher et le temps ne lui permet pas de rentrer chez elle. Je ne vous parle même pas du salaire.

Elle ne connaissaient pas non plus la vie de la femme de ménage, qui se lève très tôt et se couche très tard. Elle travaille quand les autres sont partis ou ne sont pas encore arrivées. Pas de formation professionnelle et aucun espoir de voir une promotion dans sa "carrière". Parfois, la femme de ménage travaille chez le particulier qui la prend pour une esclave. Je pourrais vous raconter des épisodes de vie, vécus par les femmes de ménage de la bonne société bordelaise. Un jour peut-être...

Elle ne connaissaient pas non plus celle des employées des restaurants, corvéables à volonté, à la vie de famille souvent éclatée, encore plus fragiles, qui non seulement doivent être rentables mais qui doivent accepter les contraintes de ce travail difficile pour pouvoir le garder.199_0.jpg

Oui, ces femmes, comme beaucoup d'autres, sont souvent sans formation, parfois seules avec des enfants dont les ex ne paient pas les pensions alimentaires. Mais cela, ces femmes politiques n'en savent rien. Elles imaginent que les problèmes que les femmes rencontrent sont de tout autre ordre.

Elles pensent que de nos jours, les seuls obstacles que rencontrent les femmes, c'est de ne pas être candidates pour être élues, au point qu'il faut des lois sur la parité. Oui, c'est cela le seul problème des femmes. Et les autres ? Toutes les autres ?

Je ne pouvais pas ne pas vous parler des femmes tsiganes. Cela fait presque trois ans que j'observe leur condition de femmes. Elle n'est pas enviable même si elles semblent être heureuses.

Souvent elles subviennent seules aux besoins de leur famille, les hommes ne trouvant pas de travail et ne voulant pas mendier, sauf pour les plus âgés. Elles font parfois quelques heures de ménage ou de repassage (très rarement) mais l'essentiel de leurs journées est la mendicité. Auparavant, elles ont accompagné les enfants à l'école.

Leurs journées sont rythmées par la lessive à la main, la vaisselle, le ménage, la préparation des repas. Parfois, l'homme dont la journée n'a pas été des plus dures, lui rappelle qu'elle est là pour ça, pour prendre quelques coups aussi.

Les jeunes filles vont à l'école en primaire et sont déscolarisées dès l'âge du collège. En trois ans, je n'ai jamais réussi à convaincre les parents de scolariser une seule jeune fille en collège. Elles doivent faire la manche très tôt, victimes des choix politiques discriminatoires à l'encontre de leurs parents.

Les femmes tsiganes sont de loin celles qui ont le moins de droits. N'ayant jamais travaillé, pas de retraites non plus. Des femmes de 77 ans font encore la manche pour survivre. Illettrées, sans parcours professionnel, sans aucune couverture sociale, elles sont à la merci de la charité des autres, qui sont parfois choqués que des vieilles femmes ou des enfants fassent la manche, sans comprendre, sans chercher à comprendre.

Les femmes ont une vie difficile. Pas seulement les tsiganes. Il n'est pas rare de voir dans le tramway bordelais des femmes  fatiguées, qui s'endorment quelques instants pendant le parcours de retour à la maison, sachant qu'après leur journée professionnelle, une autre journée commence.

Ces femmes-là travaillent dur, elles souffrent en silence, comme on le leur a appris. Et elles ne savent pas que dans les partis politiques, d'autres femmes, se réunissent pour obtenir des lois qui ne viendront jamais. Elles s'en foutent car, désabusées de la politique, elles savent que cela ne changera rien à leur vie.

Femmes, je vous admire ! Et aujourd'hui, encore plus qu'un autre jour, je veux vous dire que je vous aime !
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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 03:37

Le collectif ROMEUROPE, Rue et Cités et le GISTI ont adressé le courrier ci-dessous à Pierre Lellouche, Secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes, suite aux propos intolérables qu'il a tenu sur les rroms lors de son voyage à Bucarest (Roumanie).

 

Collectif National Droits de l’Homme Romeurope

ABCR (Association Biterroise Contre le Racisme) – ALPIL (Action pour l’insertion sociale par le logement)AMPIL (Action Méditerranéenne Pour l’Insertion sociale par le Logement) ASAV (Association pour l’accueil des voyageurs) – ASET (Aide à la scolarisation des enfants tsiganes) – ASFR (Association de Solidarité avec les Familles Roumaines) –

CIMADE (Comité intermouvements auprès des évacués) –  CLASSES (Collectif Lyonnais pour

l’Accès à la Scolarisation et le Soutien des Enfants des Squat) – CAM (Comité d’Aide Médicale) –

FNASAT-Gens du voyage CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le

Développement) Hors la RueImediatLDH (Ligue des Droits de l’Homme) – Liens Tsiganes

MDM (Médecins du Monde) MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les

peuples) – Mouvement catholique des gens du voyagePARADAPROCOM

Rencontres tsiganes RomActionsRéseau de solidarité avec les Rroms de St Etienne

Romeurope Val-de-Marne Secours Catholique - SICHEM (Service de Coopération Humanitaire pour les Etrangers

et les Migrants) – Une famille un toit 44URAVIF (Union régionale des associations voyageurs

d’Ile-de-France)

Et les Comités de soutien de Montreuil, du Nord-ouest parisien, de St Michel-sur-Orge, de Meudon, le Collectif nantais Romeurope, le Collectif Rroms des associations de l’agglomération lyonnaise, le Collectif de soutien aux familles roms de Roumanie, le Collectif des sans papiers de Melun, le Collectif dijonnais de soutien aux Roms

Rues et Cités.

GISTI.

 

Monsieur Pierre LELLOUCHE
Secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes
Ministère des Affaires Etrangères
37 Quai d'Orsay
75351 Paris
Cedex 07

 
Paris, le 23 février 2010

 

Monsieur,

 

Nos organisations interviennent depuis des années auprès de familles roms roumaines qui vivent dans des conditions de grande précarité, en soutien et en défense de leurs droits. Cette expérience ancienne nous conduit à des constats partagés sur la complexité et la diversité du phénomène migratoire. Nous souhaitons ainsi réagir aux déclarations faites à l’occasion de votre visite en Roumanie les 11 et 12 février qui avait pour objet de susciter une mobilisation commune franco-roumaine pour « endiguer les allers-retours » de Roms roumains en France.

 

Nous contestons en effet deux affirmations récurrentes dans vos propos :


1) La migration en France des Roms de Roumanie correspondrait à un trafic d’êtres humains qui toucherait des enfants et des personnes âgées

 

Ces assertions sont fausses et dangereuses. Elles généralisent intentionnellement des phénomènes que nos associations, dont certaines sont spécialisées dans la protection des victimes de la traite, connaissent pour être extrêmement marginales dans l’ensemble de la population rom présente en France, tout comme, d’ailleurs, dans n’importe quelle autre population. Nous ne nions pas qu’un certain nombre de personnes se trouvent contraintes de recourir à la mendicité pour assurer les besoins quotidiens de leur famille, mais l’idée d’une mendicité orchestrée par des réseaux criminels relève bien davantage du fantasme et des représentations xénophobes attachés aux Roms et Tsiganes que de la réalité. Par ailleurs, les rares familles qui ont accès à des ressources minimales, par les revenus du travail, se détachent des activités de mendicité, envoient leurs enfants à l’école et s’intègrent rapidement.  Enfin, la communication par le chef de cabinet du préfet de police de Paris de « statistiques », non-officielles et illégales, établies sur une base ethnique (« 40% des Roms mis en cause pour des délits à Paris seraient mineurs ») renforce ces stéréotypes.

 

En lien avec une coalition d’associations roumaines qui ont réagi très vivement (voir communiqué joint) aux déclarations – qualifiées de racistes – du ministre des Affaires étrangères roumain, Teodor Baconschi, à l’issue de sa rencontre avec votre délégation, nous nous élevons ainsi contre la diffusion dans l’opinion publique, sous couvert d’actions en faveur de l’intégration des Roms, d’amalgames graves qui ancrent plus profondément encore les représentations négatives au fondement de la discrimination en France et en Roumanie. Vous avez affirmé le 5 décembre dernier sur France Culture: « Depuis 2007, les villes de France […] sont envahies de Roms qui campent à même le trottoir. [ …] Trafic d’enfants, personnes âgées qu’on pose le matin pour mendier. C’est tout sauf un problème humanitaire, ce sont des trafiquants de personnes, par villages entiers. » Nous indiquerons qu’à ce jour ce phénomène migratoire n’a rien de massif et que les chiffres sont stables depuis 2002-2004 (entre 10 000 et 15 000 personnes en France). Qui peut encore sérieusement faire croire à une « invasion » ? Si les familles en viennent à « camper sur le trottoir », c’est qu’elles sont incessamment expulsées de leurs lieux de vie, sans aucune proposition de relogement.

 

Aussi, ce que nous dénonçons aujourd’hui à l’origine d’une précarisation grandissante des populations roms, dont la conséquence ultime s’observe en effet dans les quelques situations exceptionnelles de traite, de délinquance ou de prostitution que nous connaissons, c’est en premier lieu le traitement discriminatoire et la maltraitance institutionnelle de ces populations sur le sol français, largement reconnus par la délibération de la HALDE n° 2009-372 du 26 octobre 2009. Cette maltraitance, fondée sur une méconnaissance totale des réalités de terrain et des préjugés profondément ancrés vis-à-vis des Roms, est multiple :

- celle du gouvernement français qui a choisi de maintenir des restrictions empêchant de fait l’accès des Roumains et Bulgares au marché du travail salarié ;

- celle de l’Education Nationale qui n’a pris jusqu’à maintenant aucune mesure pour assurer la scolarisation effective et durable de 5000 à 7000 enfants roms roumains et bulgares exclus de l’école en France

- celle des conseils généraux qui, pour la plupart, refusent tout aide matérielle pour subvenir aux besoins élémentaires des enfants comme ils y sont obligés au titre de l’aide sociale à l’enfance dans la mesure où leur famille ne bénéficie d’aucune ressource ou prestation sociale ;

- globalement, celle des services de l’Etat et des collectivités locales qui n’apportent d’autre réponse au développement de l’habitat indigne que l’évacuation systématique des squats et bidonvilles sans solution de relogement

 

2) Ces migrations seraient « clandestines », a fortiori lorsque les personnes reviennent en France après avoir été reconduites une première fois

 

Nous sommes extrêmement choqués par cette assertion réitérée qui passe totalement outre la citoyenneté européenne des personnes.

 

Les aides au retour humanitaire sont, comme leur nom l’indique, des aides au retour et non des aides à la réinsertion dans les pays d’origine, ce que leur faible montant et l’absence d’accompagnement social à l’arrivée ne permettrait d’ailleurs en aucune façon. La France est d’autre part malvenue de se plaindre d’éventuels détournements de sommes qu’elle continue à verser en connaissance de cause et dont l’effet principal, maintenant bien connu, est de gonfler les statistiques des reconduites à la frontière.

 

Quoi qu’il en soit, il est absolument certain que les mesures d’éloignement prises à l’encontre des Roms roumains présents en France, assorties ou non du bénéfice d’une aide au retour humanitaire, n’impliquent aucune restriction de la liberté de circulation, qui constitue l’un des droits fondamentaux des citoyens de l’Union les mieux encadrés par le droit communautaire. Cela signifie qu’ils ont de façon permanente le droit de quitter leur pays, munis d’une seule pièce d’identité (Directive 2004-38, article 4) et d’être admis dans n’importe quel Etat membre de l’Union européenne (article 5). Ce droit ne peut être limité par les Etats membres que « pour des raisons d’ordre public, de sécurité publique ou de santé publique » dans des cas où le comportement individuel de la personne concernée « représente une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société. » (article 27). Toute disposition que prendrait la France ou la Roumanie pour interdire, même temporairement, l’accès d’un ressortissant Roumain au territoire français, hors de ces cas strictement limités, constituerait un manquement particulièrement grave à l’obligation des Etats de l’UE de respecter le droit communautaire. Un arrêt récent de la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE Jipa, 10/12/2008, C-33/07) a d’ailleurs rappelé qu’un Etat membre ne peut imposer des limitations à la liberté de circulation, même pour des raisons d’«ordre public» ou de «sécurité publique», que s’il établit de manière spécifique, « conformément au principe de proportionnalité et sur le fondement exclusif du comportement personnel de l’individu intéressé, que l’exercice par celui‑ci du droit de quitter son propre État membre en vue de se rendre dans un autre État membre peut constituer une menace réelle et suffisamment grave pour l’ordre public, affectant un intérêt fondamental de la société ».  Le gouvernement français ne peut donc pas exiger de la Roumanie qu’elle garantisse que les Roms ne reviennent pas en France après avoir été reconduits, sauf à se rendre complice de pratiques illégales. Dans le même sens, nous exprimons notre très vive préoccupation à la lecture du projet de loi actuel de réforme du droit des étrangers instituant une nouvelle mesure administrative d’interdiction temporaire de retour, puis que le texte n’exclut pas les ressortissants communautaires de son champ d’application de manière explicite.

 

Les Roms roumains, citoyens de l’Union européenne, ont comme tous les autres le droit de circuler et de s’installer dans tous les pays d’Europe. Avant de s’impliquer dans une hypothétique politique de réinsertion en Roumanie, le gouvernement français est donc responsable au premier chef de développer une politique d’insertion en France et de garantir le respect de la dignité des personnes et de leurs droits.

 

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Secrétaire d’Etat, l’expression de notre haute considération.

 

Pour le Collectif National Droits de l’Homme Romeurope,

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Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
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