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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 02:52

Blogueurs bordelais, ce message est pour vous !apero-blog.jpg

Si vous êtes dans la région de Bordeaux et que vous êtes l'auteur d'un blog, quel que soit son type ou quel que soit son objet, si vous souhaitez participer à une rencontre de blogueurs bordelais et de leurs lecteurs, merci de laisser vos coordonnées dans la rubrique contact en bas de la page.

En effet, j'ai prévu d'organiser, au mois de mai, un apéro des blogueurs bordelais et de leurs lecteurs. Afin de mieux choisir le lieu, merci de me dire si vous participerez à cet évènement.

Merci aussi de diffuser cette information dans vos blogs.

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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 20:47

J'entends depuis longtemps les autorités se poser la question sur la volonté des bulgares et des roumains de vivre en France. Qu'ils soient rroms ou pas, cela ne change pas grand chose.

Pour y répondre, il faut déjà commencer par se demander pourquoi quelqu'un quitte son pays, parfois sa famille, pour aller vivre ailleurs. Dans le cas de la France, j'ai l'habitude de dire que les rroms sont venus pour les beaux yeux des français.

Dans un squat de bulgares, situé à Bordeaux, ma plaisanterie a été mise en application par un jeune tsigane de 15 ans qui va bientôt être papa. La maman du bébé est française et elle a 16 ans.

Depuis peu, le petit couple vit dans le squat avec la mère du garçon, son frère et sa belle soeur, elle aussi enceinte. Le père est décédé en novembre 2008, à Bordeaux, d'une crise cardiaque.

Dans ce cas précis, est-ce qu'on peut encore se poser des questions sur la volonté de la famille de s'installer en France ?

Dans le cadre de la MOUS rroms mise en place par le préfet de la Gironde, j'ai proposé, dès le début, cette famille pour qu'elle fasse l'objet d'un accompagnement social lui permettant d'accélérer sa procédure d'installation en France et que lui soit attribué un titre de séjour permettant au jeune majeur et à la mère de travailler.Ma proposition avait été faite après concertation avec l'équipe de Médecins du Monde qui connaît bien cette famille359.jpg

A ma grande surprise, douze APS ont été attribuées y compris dans des squats qui n'étaient pas prioritaires dans le cadre de la MOUS mais cette famille n'a pas obtenu le précieux sésame qui pourrait lui ouvrir les portes d'un logement, d'un emploi et des prestations familiales.

Il y a là non seulement une méconnaissance énorme des familles vivant dans les squats mais aussi un manque d'intérêt pour comprendre, pour dialoguer avec ces familles, pour les entendre.

Mais a-t-on seulement envie qu'ils restent en France ? Pourtant, dans ce cas précis, la famille prend des racines, même si elles se manifestent directement par les fruits de l'amour.

Comment ceux qui sont censés faire un diagnostic social de la population vivant dans les squats peuvent-ils ignorer cette situation ?

A vrai dire, cela ne m'étonne pas. J'ai signalé la très difficile situation d'une famille vivant dans un autre squat et à ce jour personne ne l'a rencontrée. J'avais pourtant donné l'adresse précise de ce squat puisque ceux qui sont mandatés par le préfet pour la MOUS ne savent toujours pas, cinq mois après le lancement de la MOUS, où se trouvent tous les squats de bulgares et de roumains.

C'est certainement normal puisque ces derniers temps on a passé plus de temps à chercher à communiquer sur les rroms qu'à s'occuper d'eux. La preuve, ces dernières soirées organisées sur la question rrom mais sans les rroms. Et puis, franchement, question communication, c'était plutôt raté. Du moins pour ce qui est du grand public !

Tiens, j'en profite pour vous inviter à une petite manifestation qui aura lieu dans quelques jours mais avec les rroms. Non, ce n'est pas une manifestation comme les autres. C'est un coup médiatique qui fera certainement beaucoup parler. Chhhuuutttt ! Pour l'instant c'est un secret !

Mais il y en a qui ne vont pas être déçus...

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Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 00:47

Le dernier livre de Florence Aubenas, "Le Quai de Ouistreham", a semble-t-il sensibilisé Michèle Delaunay aux conditions de travail des femmes de ménage qu'on appelle "agents d'entretien" parce que cela fait plus moderne.

J'ai eu à côtoyer quelques vieilles bourgeoises bordelaises et je ne les ai jamais entendu parler de leur agent d'entretien mais de leur femme de ménage. Cela fait certainement plus chic d'avoir une femme de ménage qu'un agent d'entretien. Pour ce qui est de Michèle Delaunay, elle n'utilise jamais ni l'une ni l'autre appellation car quand elle parle de sa femme de ménage, elle dit uniquement son prénom : Rosa !

Rosa est portugaise et comme beaucoup de femmes de ménage, discrète et presque timide.

Mais Michèle Delaunay ne s'intéresse pas aux femmes de ménage comme Rosa. Ce sont surtout les agents d'entretien qui la préoccupent, celles qui doivent nettoyer les bureaux de l'Assemblée Nationale ou de la CUB avant ou après les heures de bureau.

Sensible aux problèmes que cela peut engendrer dans leur vie familiale, elle a demandé que celles-ci puissent travailler pendant les heures de bureau. Ailleurs, c'est possible, alors pourquoi pas à Bordeaux ou à l'assemblée ?

Je suis sur que cela part d'un bon sentiment mais comme souvent, elle a été maladroite dans sa demande. Il est évident que les agents d'entretien des collectivités ou de l'état ne sont pas les mieux lotis des agents mais est-ce qu'elles ont de plus mauvaises conditions que celles de ces femmes de ménage travaillant dans le privé, pas toujours déclarées, souvent dans des conditions assez difficiles ?

Je me rappelle de cette femme de ménage que sa "patronne" obligeait à faire la lessive à la main alors qu'elle avait un lave-linge et ensuite avec l'eau de la lessive, ou celle de la vaisselle, arroser les plantes du jardin.

Des histoires de femmes de ménage et de "patronnes", je pourrais vous en raconter quelques unes, car j'en ai entendu pas mal par les portugaises qui sont au service des bordelaises des beaux quartiers.

Bizarrement, Michèle Delaunay a oublié d'interpeller le président du Conseil Général, où elle est élue, sur les conditions de ses agents d'entretien. Mais je suis mauvaise langue et peut-être que tout se passe bien ou peut-être qu'il n'y a pas d'agents d'entretien. Il est certainement plus facile de s'adresser au président de la CUB qu'aux présidents du Conseil Général ou du Conseil Régional.

En même temps, cela me fait penser que ces emplois, comme beaucoup d'autres pour lesquels on a du mal à trouver de la main d'oeuvre, sont presque toujours payés au lance-pierres, ce qui fait que les gens ne se précipitent pas pour se faire embaucher.

Bas salaires, mauvaises conditions de travail, travail à temps partiel et après les patrons s'étonnent que personne ne veut ces postes-là. Par exemple, les femmes de ménage qui travaillent chez les particuliers ont parfois deux ou trois heures de travail dans un quartier, encore deux ou trois dans un autre et entre les deux il faut courir pour ne pas rater un bus ou deux. Bien sur, les déplacements ne sont pas payés.

On cherche aujourd'hui des serveurs, des ouvriers agricoles, des aide-ménagères, des commerciaux dans beaucoup de bassins d'emploi dont celui de Bordeaux. Mais qui aimerait gagner le Smic et débaucher à minuit ou deux heures du matin, qui aimerait travailler à l'extérieur par grand froid ou grosses chaleurs sachant qu'en fin de vie il touchera une retraite de misère qui ne lui permettra même pas de vivre dignement ? Qui aimerait travailler sans être sur d'être payé, après avoir engagé des frais pour ses déplacements parce qu'un patron ne vous assure pas un salaire ni ne vous fournit une voiture pour aller voir vos clients ? Parfois il y a la voiture mais le commercial doit payer tous les mois une mensualité à l'employeur. C'est un peu comme si vous deviez payer pour utiliser l'ordinateur, le fax ou le photocopieur au bureau.

Je suis toujours surpris des réactions des politiques quand ils font semblant de découvrir ces situations, comme si elles étaient nouvelles. Je suis surpris aussi que les journalistes s'en fassent l'écho alors qu'ils ne cherchent pas à rencontrer ces gens à la vie si ordinaire que cela étonne qu'une journaliste comme Aubenas s'y intéresse.

Pour écrire son article, j'aurais aimé que le journaliste demande l'avis de Rosa...

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Published by Mouette Rieuse - dans Divers
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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 02:51

Cela devait être une belle soirée. Tout d'abord avec la projection du film "Liberté" de Tony Gatliff suivi d'un documentaire tourné dans le bidonville de Floirac dans des conditions plus ou moins bizarres.

Comme je l'ai déjà évoqué, bien qu'ayant été associé d'office à l'organisation de la soirée, je n'ai même pas eu de places pour y envoyer des rroms qui avaient manifesté le souhait d'intervenir dans ce débat.

Je n'avais pas prévu d'y assister moi-même mais je prend un plaisir fou à enfoncer les portes fermées. Il y a eu aussi ma curiosité qui m'y a poussé, tellement j'étais intrigué d'entendre l'avis des autres sur les rroms et surtout de connaître la réponse à la question posée : "Quelle place pour les Roms migrants dans les métropoles européennes ?"

Autant vous le dire de suite, si vous n'aviez pas la réponse en entrant, vous ne risquiez pas de l'avoir à la sortie.

Les festivités ont commencé à 18H30 mais je ne suis arrivé qu'à 19H50, juste à la fin du documentaire et au début du débat.

La salle était à moitié vide (environ 180 à 200 personnes), bien loin des 360 personnes qu'on m'avait annoncé du côté du cabinet de Alain Juppé. Le maire était là mais il est, lui aussi, arrivé en retard.

A la fin des films, dans la petite estrade, le maire de Bordeaux, le directeur du COS (pilote de la MOUS), un responsable de Médecins du Monde (MDM), une responsable de l'association des maires de France (AMF), la directrice de l'ADAV et une responsable du Pôle Emploi ainsi que le modérateur (Université de Bordeaux).

Dans la salle, Véronique Fayet, adjointe au maire de Bordeaux, Nathalie Victor-Retali et Vincent Maurin, élus communistes à Bordeaux. Je n'ai pas vu d'autres élus.

Chaque intervenant avait trois minutes pour donner son opinion sur la "question" des rroms. C'est court et long à la fois, surtout quand on ne connaît pas le sujet comme c'était le cas de la représentante de l'AMF. On a parlé du sommet européen sur les rroms qui a lieu en ce moment à Cordoue, comme s'il allait en sortir quelque chose mais aussi de la visite de Claude Lellouche en Roumanie mais on s'est bien gardés de dire ce qu'il y avait réellement été faire. Le but de sa visite était surtout de restreindre le droit de libre circulation des rroms afin qu'ils ne puissent plus revenir en France lorsqu'ils ont été expulsés.

On a parlé de question complexe, de voyageurs, de gens du voyage, de terrains d'accueil. De rroms, seul le responsable de MDM a rapidement fait un résumé de l'approche de cette population, sans prendre position, sans se mouiller. Je le soupçonne d'être du Modem, ni à droite, ni à gauche. Comme ça, il s'entend bien avec tout le monde.

De gens du voyage (gitans ou manouches) il en a été question dans les interventions de la salle, surtout celle d'un manouche qui, avec les autres habitants d'un site à Mérignac, a été victime de discriminations en raison de ses origines. C'est un peu long à vous expliquer ici mais je peux vous dire qu'il n'y a pas de quoi être fiers de comportement comme celui-là de la part des autorités.

Vincent Maurin a aussi fait une mise au point sur la question à Bacalan ce qui a fait répondre au maire qu'il pensait que la campagne pour les régionales était terminée. Ah, ce Juppé !

Vincent Maurin a aussi proposé au maire d'installer des gens du voyage ailleurs qu'à Bacalan, à Caudéran par exemple. Alain Juppé lui a répondu qu'il risquait d'être surpris dans peu de temps.

Il est vrai que sur les cinq terrains prévus pour accueillir les bulgares dans l'agglomération bordelaise, l'un d'eux est situé dans le quartier de Caudéran.

La réponse à la question du débat ne venait toujours pas. Je n'avais pas prévu d'intervenir mais voyant que personne ne parlait des rroms, j'ai levé la main pour prendre la parole. Là, j'ai vu un sourire pervers sur le visage du responsable de MDM, comme s'il avait du plaisir par avance sachant que de vraies questions allaient être posées. Et des questions j'en ai posé plusieurs en un seule car je savais bien que je n'aurais plus le micro de nouveau surtout que nous étions à cinq minutes de la conclusion.

Pourquoi ne donnait-on pas des cartes de séjour sans conditions ? Que ferait-on des autres rroms (et non-rroms) étant donné que la MOUS ne va prendre en charge qu'une trentaine de familles ? Pourquoi n'a-t-on attribué que huit "Autorisations Provisoires de Séjour" (APS) alors que nous avions proposé 25 personnes ? Pourquoi n'en a-t-on pas attribuées aux roumains ? Pourquoi n'a-t-on pas exonéré de la taxe OFII (893 €) les entreprises prêtes à embaucher des rroms ? Concernant les APS pour les roumains, on nous dit qu'ils ont des problèmes avec la justice alors j'ai informé la salle et les autorités présentes que je tiens à leur disposition les extraits de casiers judiciaires vierges pour tous.

Des réponses à mes questions personne ne pouvait m'en donner car le représentant de l'état n'était pas présent. Avant hier, on m'a même dit qu'il n'avait pas voulu venir à cause de moi. C'était me donner beaucoup trop d'importance et me faire trop d'honneur...

Le fait est que le débat s'est terminé sans que personne réponde à cette foutue question. Il faudra peut-être en refaire un autre pour avoir la réponse.

En partant, Alain Juppé a salué Vincent Maurin et lui a dit qu'il était culotté de parler de la situation de Bacalan. J'en ai profité pour lui dire que lui aussi était culotté pour m'associer à cette soirée sans mon accord. Du moins les membres de son cabinet. Mais il descendait déjà les escaliers, n'écoutant plus ce que je lui disais. Il n'écoute jamais... C'est ce qui le perdra un jour.

Alors, quelle place pour les rroms migrants dans métropoles européennes ?

Et si on demandait aux rroms ? Dommage, ils n'avaient pas été invités.

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Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 01:25

Le 8 avril est la journée internationale des Rroms et à ce titre plusieurs manifestations sont organisées un peu partout en Europe.

Tout d'abord, les européens (fonctionnaires, représentants gouvernementaux ou associatifs) vont se pencher sur la situation des rroms en Europe lors du sommet de Cordoue, aujourd'hui et demain.

Un sommet qui comme le précédent, en 2008, risque d'être un coup d'épée dans l'eau tellement la volonté politique n'y est pas. La preuve, ni José Manuel Durão Barroso, président de la commission, ni José-Luis Zapatero, président de l'Union, ne participeront à ce sommet.250px-Roma_flag_svg.png

J'ai bien peur que ce sommet ne soit qu'une déclaration de bonnes intentions et pire encore, que des pays comme la France en profitent pour demander un durcissement des conditions de circulation et restreindre cette liberté.

Pourtant, ce sommet devrait être le levier de la mise en place d'une politique responsable afin de permettre aux rroms de vivre comme n'importe quel citoyen européen en ayant accès à l'emploi, au logement, à l'éducation, aux soins et à la santé et à la liberté de vivre dans le pays de leur choix.

Il devrait être aussi l'acte fort qui mettrait fin aux discriminations subies par ce peuple, dont les femmes sont les premières victimes, comme je l'ai déjà écrit dans ce blog. Victimes comme femmes, victimes comme rroms. Mais la discrimination est subie à tous les âges et entraîne des conditions de vie souvent misérables, presque toujours en marge de la société, dans des bidonvilles ou des squats.

Ce sommet devrait donc être le lancement d'une politique commune et volontariste d'inclusion des rroms, comme citoyens à part entière, mettant fin à l'exclusion sociale des rroms quel que soit leur âge ou leur nationalité. Les rroms sont aujourd'hui le seul peuple européen qui continue à être expulsé à l'intérieur même de l'Europe. Je ne vous parlerais pas ici des attaques racistes dont les rroms sont victimes aussi bien dans leurs pays d'origine que dans les pays qui les "accueillent".318

A Bordeaux aussi on va commémorer cette journée internationale des rroms mais sans les rroms. Il y aura ce soir une rencontre-débat à l'initiative de Alain Juppé, maire de Bordeaux, mais les rroms n'y participeront pas.

Moi-même, j'ai découvert en recevant par mail le carton d'invitation que mon association (Procom) était partenaire de cette soirée, sans même que les services de la mairie demandent l'avis de ses dirigeants. Le cabinet du maire a décidé que nous étions partenaires et c'est tout. D'ailleurs, deux places nous étaient réservées pour participer à cette soirée et qu'il était possible d'en demander d'autres.

J'ai envoyé un mail incendiaire à la chargée de mission qui a pris cette décision par lequel je lui ai fait part de mon désaccord avec sa décision et de mon indignation de la façon dont l'association avait été prise en otage pour être complice de cette escroquerie, vis à vis des rroms, qu'est la MOUS.

J'ai décidé de ne pas participer à cette soirée pour bobos mais je me suis dit qu'il serait intéressant d'y envoyer des rroms pour qu'ils donnent leur avis. J'ai donc téléphoné au cabinet du maire (en me présentant) pour demander dix places pour les rroms. Des places, il n'y en avait plus. Ni les dix que je demandais ni même les deux qui étaient soi-disant réservées pour Procom.

Il y aura donc ce soir 360 personnes dans la salle qui vont parler des rroms migrants mais aucun rrom n'a été invité. Comme lors des réunions de la MOUS, à la préfecture de la Gironde. Pourtant, le thème de la soirée est "Quelle place pour les Roms migrants dans les métropoles européennes ?"

Le débat sera précédé de la projection du film Liberté, plus axé sur les gitans que sur les rroms migrants mais là encore, aucun gitan n'a été invité non plus. Et puis, le thème lui même me dérange. Pourquoi se poser cette question ? Dans l'aménagement urbain de nos métropoles veut-on laisser des terrains vagues pour que ces populations installent leurs caravanes ? N'a-t-on pas compris qu'ils veulent vivre comme tout le monde, au milieu des autres, et qu'ils sont à 90 % sédentaires ?382.jpg

Ceux qui se posent ces questions ou ils ne connaissent rien aux rroms ou alors ils n'en ont jamais rencontrés. Dans le cas contraire, ils auraient entendu leur message en ce qui concerne leur volonté de vivre, leur volonté d'être des hommes.

Aujourd'hui, on va se poser des questions sur leur avenir. Pourtant, leur présent n'est pas rose, loin de là. Il continuent à vivre au milieu des rats, sans eau, sans toilettes, à six ou sept dans une pièce de dix mètres carrés. Ils y dorment, ils y cuisinent, ils y mangent, ils y vivent... Leur espace est plus réduit que celui préconisé pour un animal dans un chenil. Mais peu importe pourvu que ce soir les bobos puissent discuter de leur avenir en ville, du moins pour ceux qui ne seront pas expulsés dans les mois qui viennent.

J'avais envisagé de faire une petite manifestation avec les rroms pour commémorer non seulement cette journée mais aussi pour rappeler que le 5 avril est le jour où l'on commémore la déportation des tsiganes et leur extermination par les nazis. J'avais aussi prévu de distribuer un tract à l'entrée du cinéma pour expliquer les enjeux de la MOUS et ce qui va se passer bientôt dans la région. Mais à quoi bon ? Ces gens-là ne s'intéresseront plus jamais aux rroms dès leur sortie de la salle de cinéma.

Tiens, et si je faisais la même chose ? Je crois que c'est ce que je vais faire, maintenant qu'il y a au moins 360 personnes qui s'intéressent à eux. D'ailleurs, depuis que la MOUS a été mise en place et d'énormes sommes d'argent débloquées, je n'ai jamais vu autant de monde s'intéresser aux rroms.
Avec en plus un petit article dans Sud Ouest, on donnera l'impression de faire quelque chose pour les rroms, les consciences seront tranquilles, l'électorat rassuré et tout le monde sera content.

 A mon tour de vous poser deux questions :

 - Qu'est-ce que ce débat changera pour les rroms ?

 - Et vous, vous faites quoi demain pour eux ?

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Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 00:13

Ce reportage a été censuré en France... Allez donc comprendre pourquoi...

 

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 14:37

Hier, au miroir d'eau... Bientôt partout en ville.

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Published by Mouette Rieuse - dans Vie des quartiers
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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 16:36

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Pour tous ceux qui sont déçus de la gauche, du centre ou même de la droite sarkozyste, voilà une alternative.

Comment ça, vous n'en avez jamais entendu parler ?

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Published by Mouette Rieuse - dans Divers
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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 11:32

Vous devez penser que je vais vous parler du tramway de Bordeaux et de sa fameuse APS (Alimentation Par le Sol) qui a fait déverser beaucoup d'encre tellement le système était imparfait.

Eh bien, non ! Les APS en question sont ce que je vous ai présenté comme des titres de séjour provisoires délivrés aux bulgares la semaine dernière et qui n'en étaient pas.

Une APS (Autorisation Provisoire de Séjour) n'a rien d'un titre de séjour qui permet de travailler où de séjourner pour une moyenne ou longue durée en France. L'APS est le document du pauvre, de l'indésirable, de celui à qui on fait croire qu'il a une carte de séjour. C'est, comme qui dirait, une vraie-fausse carte de séjour.

Née de l'esprit sadique de je ne sais quel fonctionnaire, l'APS permet au bénéficiaire de séjourner en France aussi longtemps que sans titre de séjour, à savoir trois mois.

Comme pour l'APS du tram, j'ai bien peur qu'on mette longtemps pour corriger cette anomalie. On devrait déposer le terme APS comme une spécialité bordelaise.

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Published by Mouette Rieuse - dans Coup de bec
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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 01:30
Tout d'abord, pour ceux qui n'ont pas suivi, la MOUS (Maîtrise d'Oeuvre Urbaine et Sociale) est un outil mis en place par le préfet pour se donner les moyens d'éradiquer les squats de l'agglomération bordelaise.

L'objectif est immense et pour tout vous dire impossible à réaliser, cela pour diverses raisons. D'ailleurs, il y a deux MOUS. Une MOUS dénommée MOUS Rroms et une deuxième MOUS pour les autres squats de la Communauté Urbaine de Bordeaux. La MOUS qui nous intéresse ici a donc pour objet de favoriser l'accès au logement pour un certain nombre de familles bulgares ou roumaines, dont certaines ne sont pas rroms, par la mise à disposition d'une offre de logement adaptée.

Cette offre était au départ composée de petites structures d'une vingtaine de personnes, que je trouvais déjà bien trop grandes, mais qui sont devenues très rapidement des camps d'une centaine de personnes.

Ce choix des autorités, sans aucune concertation avec les rroms et les associations qui les accompagnent, est voué à l'échec car il ne tient pas compte de la complexité de la population à laquelle sont destinés ces terrains. Le relogement se fera certainement mais l'intégration de ces personnes restera l'enjeu majeur de cette MOUS. On ne peut pas se satisfaire de reloger des familles si elles n'ont pas de travail, si elles vivent à l'écart de la société, si leurs enfants se retrouvent tous dans la même classe.

La mise en place d'une MOUS nécessite l'articulation d'un volet technique et d'un volet social, mais aussi d'une volonté politique pour que cela aboutisse.

J'ai été invité à une seule réunion MOUS à la préfecture de Gironde et j'ai été surpris par la méconnaissance de la situation par les administratifs ou les politiques, par le manque d'écoute, par le peu de volonté que cela aboutisse. J'avais formulé la demande d'octroi de cartes de séjour sans conditions pour un petit nombre de personnes afin de faciliter l'accès à l'emploi. Refus catégorique du représentant de l'état.

Malgré cela, dans le cadre de la MOUS à laquelle mon association devait participer, j'ai proposé quelques familles pour un suivi social rapide et comme "cobayes" de cette expérience. L'organisme chargé de piloter la MOUS devait faire remonter une liste de vingt personnes qui étaient en situation de pouvoir travailler rapidement soit parce qu'elles maîtrisaient la langue française, soit parce qu'elles avaient des compétences professionnelles.

N'ayant aucune réponse, roumains et bulgares des squats, ont demandé qu'on organise une manifestation pour faire remonter leurs doléances. Les responsables de la préfecture n'ont pas souhaité nous recevoir malgré les deux manifestations qui ont été faites.

Dans ses objectifs et dans son calendrier, la MOUS prévoyait l'installation d'une quarantaine de personnes dans des logements (deux immeubles de 20 personnes chacun, chaque immeuble devant être composé d'au moins 5 logements "adaptés") et cela dès les mois de janvier/février 2010.

Nous sommes aujourd'hui le 30 mars et, à ma connaissance, aucune famille n'a été relogée. D'ailleurs, le plupart des actions prévues pendant cette période semblent ne pas avoir été menées à terme sauf une évaluation assez inexacte de deux squats. Les bulgares et les roumains eux-mêmes ne savent toujours pas ce que les autorités sont en train de leur préparer et "radio squats" avait même annoncé un départ "volontaire" avec 3500 € de prime.

Cela s'est fait à Toulouse en 2009, pourquoi cela ne se ferait pas à Bordeaux ? Qui a fait courir la rumeur ? Il faut dire qu'à Toulouse, la promesse était de verser ces 3500 € en plusieurs fois. Une partie au départ (300 €) et le reste tout au long de l'année qui suivait le retour. Je n'ai pas besoin de vous dire que les "volontaires" au départ n'ont reçu que 300 €...

Revenons à la MOUS. J'avais proposé 20 personnes pour les demandes de carte de séjour dont un petit groupe de rroms roumains bien intégrés et logés par l'état depuis décembre 2007. Vendredi dernier, la préfecture a délivré six récépissés de demande de carte de séjour pour les bulgares mais aucun pour les roumains.

Ces titres de séjour de trois mois permettent au titulaire de séjourner en France trois mois mais il doit quitter le pays à l'issue de cette période. Tiens, trois mois c'est exactement le temps qu'ils peuvent séjourner en France sans carte de séjour.

J'ai l'impression que cet énorme effort consenti par le préfet n'a pour but que de réduire au silence les gens comme moi qui avaient dénoncé le fait qu'aucune carte de séjour n'avait été attribuée dans le cadre de la MOUS. Ces titres de séjour ne donnant pas le droit de travailler, à quoi servent-ils alors ?

Pour être franc, même si je ne suis pas satisfait de la courte durée des cartes, je vois mal le préfet ne pas les renouveler à l'issue de la période de trois mois. Cette carte permet aussi de simplifier les démarches d'embauche et surtout de ne présenter qu'un contrat de travail simplifié au lieu du complexe dossier sans carte de séjour. Un énorme regret cependant, c'est que la carte ne dispense pas l'employeur de payer la taxe OFII qui est de 893 € pour embaucher un roumain ou un bulgare. Autant dire que c'est comme donner la liberté à un esclave à qui on n'enlève pas les entraves et le boulet.

Une question à laquelle je n'arrive pas à trouver la réponse mais qu'on ne manquera certainement pas de m'expliquer dans les jours à venir. Pourquoi il n'y a eu que six cartes de séjour délivrées sur les vingt demandes faites ? Pourquoi les rroms roumains, en attente depuis 2007, n'en ont pas bénéficié ?

Des petits détails qu'il faudra suivre dans les semaines et les mois qui viennent pour vous tenir informés des avancées de cette drôle de MOUS.
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