Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 14:43
Le journal Sud Ouest d'aujourd'hui rend compte de l'incarcération d'un médecin bordelais ainsi que du responsable d'une association "humanitaire" (sic) qui sont soupçonnés d'avoir établi et monnayé pour l'un, avec la complicité de l'autre, des certificats médicaux de complaisance pour des étrangers en situation irrégulière.

Dans un billet daté du
26 juin dernier intitulé "Petites histoires courtes", que j'ai publié dans ce blog, je vous avais raconté qu'un bulgare que je ne connaissais pas était venu me proposer une importante somme d'argent pour obtenir une carte de séjour. Je m'interrogeais dans ce post sur le fait qu'il puisse y avoir de telles pratiques.

Aujourd'hui, c'est à la justice de se poser la question même si les deux individus bénéficient de la présomption d'innocence.

Mais tout cela m'interpelle et me réconforte dans les questions que je me pose depuis quelques temps.

Je connais bien la communauté rrom bulgare et roumaine et par ricochet, un peu de la communauté bulgare non rrom.

Je sais que beaucoup de familles ont des aides publiques ou des associations sans aucune contrepartie, parfois des aides versées relatives à la scolarisation alors que les enfants ne sont plus scolarisés. Il y a dans cette population des gens travailleurs mais aussi des gens moins honnêtes.

Un petit tour dans le quartier Saint Michel permet de se rendre compte rapidement de la situation. Il y a quelques points de rendez-vous pour cette communauté où les affaires se font. Depuis quelques mois, il y a même une épicerie qui a installé des tables sur le trottoir et où l'on consomme de l'alcool comme s'il s'agissait d'un bar.

Je trouve ce laisser faire assez bizarre d'autant plus qu'on fait la chasse aux plus pauvres, qui essaient de vivre honnêtement en vendant sur la place Saint Michel des vêtements ou autres petits objets provenant de dons ou de la récupération. J'ai même envoyé un e-mail à Fabien Robert et à Jean-Louis David, maires adjoints, pour leur demander de laisser ces petits vendeurs tranquilles. Vous vous doutez bien que je n'ai jamais eu de réponse...

Revenons aux aides.

Je pense qu'il faut qu'un jour les pouvoirs publics s'appuient sur ceux qui connaissent la situation pour distribuer leurs aides. Je suis de ceux qui pensent qu'il faut donner les allocations familiales aux familles qui souhaitent s'intégrer, dont les enfants vont à l'école et qui recherchent du travail.

Je pense aussi qu'on doit aider les gens à s'alimenter et pour cela il y a beaucoup d'associations qui font de la distribution alimentaire. Mais presque toutes ces associations refusent de donner de la nourriture aux rroms qu'on leur envoie pour un dépannage. Il n'y a qu'à Saint Nicolas (géré par St Vincent de Paul, je crois) qu'on accepte de fournir de la nourriture aux rroms sans poser des difficultés.

L'année dernière, la Banque Alimentaire avait fait un énorme don de nourriture à l'occasion des fêtes de fin d'année pour les rroms des squats.

Cette affaire relatée par Sud Ouest devrait donc faire réfléchir les uns et les autres sur certains fonctionnements qui, je le sais, sont souvent pleins de bonnes intentions.

Cela permettra peut-être d'aider vraiment ceux qui en ont le plus besoin. Cela permettra aussi à cette population de comprendre que l'accompagnement social entraîne aussi un certain nombre d'obligations.


Repost 0
Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
commenter cet article
25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 00:52
Après le scandale de Calais et la mise en place d'une adresse e-mail dans l'Essonne pour faire des dénonciations à la police, il se peut que la folie soit plus contagieuse que la grippe A.

Merci à Toufou pour ce dessin.



Repost 0
Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
commenter cet article
22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 10:20
Il y a parfois dans ma vie de petit militant des moments de découragement. Ils sont rares mais quand ils sont là, ils sont forts et m'incitent à tout abandonner.

La rentrée scolaire des enfants rroms est chaque année un moment différent. Il faut discuter, discuter, discuter encore.

Discuter avec les administrations, discuter avec les familles, discuter avec les enfants. Je me rends compte que la scolarisation n'a pas la même signification pour les uns ou les autres.

Les administrations sont les premières à avoir une vue différente sur l'école. Les maires sont parfois réticents, parfois opposés à la scolarisation des enfants rroms, je ne sais pour quelles raisons. Peur de l'électorat, racisme, peur de l'étranger ? Je leur laisse le soin de se regarder dans la glace.

Les enseignants, au contraire, sont très volontaires pour recevoir les enfants rroms, au début certainement par conviction ou curiosité, par la suite parce qu'ils se disent qu'il y a un énorme challenge pour continuer à garder ces enfants en classe. Parfois, les rroms sont la bouée de sauvetage pour ouvrir une classe ici ou là.

Pour les parents, la scolarisation devrait être accompagnée du versement des allocations familiales. Ils n'ont pas tort mais j'essaie de leur expliquer que l'école n'est pas un travail et qu'on la fréquente pour d'autres raisons. Mais je les comprends et je trouve vraiment injuste que les familles des enfants scolarisés ne perçoivent pas d'allocations, comme si ces enfants n'avaient pas les mêmes besoins que les autres enfants. Il n'y a que ceux scolarisés en collège qui perçoivent des aides même s'ils n'ont jamais mis les pieds en cours.

Cette situation ne vient pas vraiment du fait qu'ils soient rroms mais du fait de leur nationalité, roumaine ou bulgare et est surtout la conséquence des clauses du traité d'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l'UE.

Les enfants voient dans l'école la façon de se faire des copains, d'être au chaud en hiver, de manger à la cantine et de faire quelques sorties qui leur permettent de s'évader de la vie misérable des squats.

Pour moi, l'école est tout cela en même temps mais aussi la plus grande chance que puissent avoir ces enfants d'un jour être autre chose que des tsiganes, de briser la malédiction qui les accompagne depuis des siècles, d'avoir une vie d'homme.

Pour les jeunes filles, c'est certainement la seule posibilité de se libérer des hommes de leur communauté qui les considèrent juste bonnes à effectuer les tâches ménagères, faire des enfants, servir les hommes jusqu'à leur laver les pieds.

Parfois, la colère m'envahit quand je vois la résistance qu'opposent les familles à la scolarisation des jeunes filles. Il est vrai qu'elles commencent très tôt à mendier, assurant à la famille un petit revenu qui les aide à vivre.

J'ai discuté avec beaucoup de monde de ces problèmes et chaque fois j'ai eu l'impression que cela n'intéressait pas mes interlocuteurs ou bien qu'ils considéraient que ce n'était pas bien grave.

Comment peut-on penser que ce n'est pas grave que des gosses soient dans la rue en train de faire du vélo ou autre chose à l'heure où ils devraient être à l'école ? Pourquoi personne ne demande des comptes aux parents ?

Pourquoi personne ne fait un signalement au procureur de la République ? Pourquoi les familles ne sont pas poursuivies quand leurs enfants mendient ? Pourquoi les maires posent tellement de problèmes à cette population ?

Il est vrai que parfois la situation peut être décourageante pour les familles. J'ai accompagné hier matin une famille dont ses deux enfants devaient changer d'école pour aller dans une Clin.

Scolarisés à Bordeaux, ils ont été transférés à Cenon (pas de chance !). Ce transfert est à l'initiative des écoles et est une procédure interne à l'académie.

A Bordeaux, ces enfants mangeaient à la cantine. J'ai donc demandé au directeur qu'ils puissent manger aussi à la cantine dans leur école de Cenon. La mairie a donné son accord avant de changer d'avis quinze minutes plus tard. Pas de rroms à la cantine même s'ils viennent de Bordeaux.

Imaginez comme doit être grande la volonté d'aller à l'école à 6 ou 7 ans alors que vous devez changer de ville pour vous alimenter entre les cours. Ces enfants ne meurent pas de faim. Cependant, leur nourriture n'est pas variée ni équilibrée. Le fait de manger à la cantine leur permettrait de faire au moins un repas équilibré dans la journée.

Ainsi va le monde et la vie des rroms. Au passage, les enfants des familles rroms roumaines que j'accompagne depuis 2007 sont tous scolarisés (sont en cours de scolarisation deux en maternelle et un en collège - rdv pour passer les tests d'admission le 12 octobre) mais le problème se pose surtout avec les enfants bulgares, qu'ils soient rroms ou pas.

Certains enfants ne vont pas à l'école parce que leurs parents laissent faire ou ça les arrange, d'autres ont peur des arabes (sic) dans leur école, d'autres n'aiment pas l'école où ils ont été affectés. Comme quoi, il faudra un jour se pencher sur le fait qu'il faut créer un poste de médiateur avec les moyens qui vont avec.

Ajoutons à cela que les conditions de ces enfants dans leurs lieux de vie, parfois sans eau ni électricité, où vivent jusqu'à 80 personnes, les empêchent de faire leurs devoirs ou tout simplement de se reposer la nuit pour être en forme le matin.

Alors, je me dis parfois, comme beaucoup d'autres, que cela ne doit pas être bien important. Puisque tout le monde s'en fout !
Repost 0
Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
commenter cet article
21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 23:12

Ils rêvaient d'un travail, de richesse, certainement aussi d'une maison bien confortable. Ils n'ont rien de tout cela et vivent dans la jungle de Calais, là où les seuls animaux sont les hommes.

Leurs conditions de vie, l'indifférence des pouvoirs publics, la volonté de les voir ailleurs, tout cela fait d'eux des êtres à part.

La fermeture de Sangatte n'a rien réglé, bien au contraire, elle n'a fait que détériorer les conditions de vie de cette population en transit. Sous prétexte de combattre les passeurs, on s'est empressés de faire partir plus loin des gens qu'on n'a pas envie de voir à côté de chez nous où dont on ne peut pas accueillir la misère.

Ainsi, l'accompagnement par les associations est plus difficile, le suivi médical plus complexe mais peu importe, l'important c'est qu'ils ne soient plus dans notre champ de vision.

Heureusement, il y a encore des journalistes courageux pour nous rappeler que ces situations existent et que les caniches des bourgeoises sont mieux traités qu'eux.

Encore une fois, à grands coups d'annonce, on détruit les abris de fortune, on casse le lien établi parfois avec difficulté par les associations sans proposer une alternative aux cabanes en bois si ce n'est le "retour volontaire", l'expulsion ou le centre de rétention.

On injecte des millions pour entretenir les troupes françaises en Afghanistan sous prétexte d'ordre et démocratie mais on n'est pas capables d'accueillir dignement ceux qui ont fuit ce pays et parfois d'autres où leur vie devenait insupportable.

On ne peut pas accueillir toute la misère du monde, disait Michel Rocard, repris depuis par de nombreux imbéciles de droite ou de gauche. La France peut cependant continuer à piller les richesses des pays du tiers-monde, sans que cela choque personne et sans aucune vergogne.

Nous pouvons aller partout dans le monde, en conquérants, récupérer tout ce qui peut enrichir nos grosses multinationales mais nous ne pouvons pas partager les miettes qui tombent de notre table.

On peut fermer la jungle, des hommes continueront encore à arriver, poussés par le désespoir ou par le rêve d'une vie meilleure. Et ils s'installeront un peu plus loin, dans une autre jungle ou dans une savane, dans une steppe ou sur une plage, parce que, à l'horizon ils imaginent des châteaux ou vivent des reines qui ont besoin de gens pour les servir.

Ils ne savent pas qu'ils sont indésirables parce qu'ils ne connaissent pas les codes, parce qu'ils sont pauvres, parce qu'ils sont étrangers.

Laissez-vous tenter par un court reportage du journal Le Monde qui résume très bien la situation. Cliquez ici.

Repost 0
Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
commenter cet article
9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 01:48
Le journal Sud Ouest va évoquer dans les jours qui viennent le problème de la scolarisation des enfants rroms vivant dans les squats de l'agglomération bordelaise.

Démarche complexe comme souvent lorsqu'ils s'agit des rroms.

Le situation et le combat que les associations mènent contre le maire de Cenon afin de scolariser les enfants du squat de la rue du Maroc et d'obtenir une domiciliation administrative pour ouvrir les droits à l'AME, font que Cenon est en train de devenir le centre d'intérêt de la presse, du monde associatif et syndical lié à l'école.

Certains politiques de gauche (la vraie) sont montés au créneau et ont interpellé la majorité municipale sur le sujet.

Il semble que la position de la mairie de Cenon commence à évoluer puisque les élus concernés disent que les familles n'ont pas effectué les démarches nécessaires pour scolariser leurs enfants sinon la mairie ne les aurait pas refusés.

C'est faux !

D'abord, deux familles se sont rendues au service scolaire de la mairie et l'inscription a été refusée car les familles n'avaient pas de justificatif de domicile (on leur avait demandé une facture EDF alors qu'elle habitent un squat sans eau ni électricité).

Ensuite, le 16 juin, j'ai rencontré personnellement le maire et son directeur de cabinet et j'ai formulé de nouveau cette demande à laquelle le maire m'a répondu "ils n'ont qu'à aller à Bordeaux".

De nouveau, le 31 juillet, trois femmes roms, accompagnées d'une petite délégation de membres associatifs (Médecins du Monde, RESF, Procom) ont de nouveau demandé aux services de la mairie une domiciliation administrative pour les démarches AME et scolarisation des enfants. Il leur a alors été répondu que "de toute façon, le service scolaire (était) fermé".

La presse s'était fait l'écho de cette visite et le maire ne pouvait ignorer la demande des familles puisqu'il avait fait des déclarations à la presse le 4 août. Il avait même interrompu ses vacances pour cette raison.

Alors, il parait que maintenant, même sans domiciliation, les familles pourront scolariser les enfants à Cenon. Nous allons vérifier cela mais si ça se fait, le maire aura alors un autre problème. Il ne pourra plus dire que les familles n'ont plus de lien avec la commune étant donné que la scolarisation des enfants est une preuve de volonté de séjourner dans la commune et considéré comme un lien avec celle-ci.

Que fera alors Alain David en ce qui concerne son refus d'établir les électiosn de domicile des rroms au CCAS ? Pourra-t-il encore invoque l'absence de lien avec la commune ?

A force de changer de direction, il arrive un moment où l'on repasse par le même chemin. A force de changer de discours, il arrive aussi que l'on se piège soi-même.

Le premier ministre, François Fillon, en visite en Gironde ce mardi, a été alerté sur la situation des rroms en Gironde et du cas de Cenon en particulier. Ce ne serait pas étonnant que le préfet de Gironde prenne position dans les jours à venir, tout comme le recteur d'académie, dont les services ont été interpellés par les syndicats d'enseignants.

La pression se fait de plus en plus forte sur Cenon et c'est tant mieux comme cela.

Bonne rentrée, monsieur le maire ! 


Photo : Cette photo a été prise lors de nos démarches auprès de la mairie de Cenon le 31 juillet 2009 vers 15H30.
Repost 0
Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
commenter cet article
8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 20:15

Depuis deux ans que j'essaie d'aider les rroms, ces tsiganes originaires des pays de l'est, qui vivent misérablement dans les squats de l'agglomération bordelaise, j'ai eu l'occasion d'entendre tout et n'importe quoi.

Ces propos viennent du français moyen mais aussi des élus ou des journalistes. Force est de constater que peu de gens connaissent quelque chose aux rroms, à leur mode de vie, leurs origines, leurs traditions, leurs désirs où leurs aspirations.

Ajoutons à cela la peur de l'étranger et la peur du tsigane voleur de poules et nous avons un condensé prêt à être utilisé par ceux qui ont des instincts racistes dans leur petit cerveau.

Quelques questions viennent régulièrement et je vais essayer d'y répondre dans ce billet.

- Pourquoi viennent-ils en France ?


C'est la question la plus posée et qui est presque systématique. Ils viennent en France pour les beaux yeux des français... Sérieusement, les rroms bulgares répondent souvent "parce qu'en France on peut manger tous les jours". No comment !
 

- Elles sont où leurs caravanes ?

La plus grande majorité des rroms ne sont pas des voyageurs. Ils sont sédentaires, aussi bien en France que dans leur pays d'origine. Dans la région bordelaise, il n'y a que deux caravanes sur les sept lieux de vie recensés par les associations. En Île-de-France et parfois dans d'autres grandes villes, ils vivent en caravane car ils y sont obligés, ne pouvant pas trouver des logements en dur. Malheureusement, cela facilite le travail des "forces de l'ordre" lors des expulsions des terrains.

- Est-ce que leurs enfants vont à l'école ?

Oui, seulement quand les maires acceptent leur inscription dans les écoles de leur commune. Plusieurs maires en France refusent cette inscription. C'est le cas à Cenon, ville de la proche banlieue bordelaise où pour scolariser un enfant le service éducation de la mairie demande un justificatif de domicile que le maire refuse de délivrer sous prétexte que les rroms habitent dans un squat illégalement.

- Est-ce qu'ils touchent les allocations familiales ?

Oui et non. Ceux qui en ont fait la demande avant le mois de juin 2008, perçoivent des allocations familiales que certaines caisses essaient de leur supprimer. Les autres, n'ont droit absolument à RIEN sauf à l'aide médicale d'état (AME) comme toute personne résidant sur le sol français depuis plus de trois mois.

- Pourquoi est-ce qu'ils ne travaillent pas ?

La question est bonne mais la réponse est compliquée. Tout d'abord, les rroms résidant en France sont en majorité originaires de Roumanie et de Bulgarie, deux pays membres de l'Union Européenne.
Ce sont aussi les seuls ressortissants communautaires qui subissent des restrictions dans l'accès à l'emploi. Seule une liste de 150 emplois leur ouverte mais le plus difficile est de trouver un employeur qui accepte les contraintes des conditions d'embauche.

J'explique. Pour nous embaucher, vous ou moi, l'employeur doit seulement faire une déclaration à l'URSAAF. Dans le cas des roumains et des bulgares, l'employeur doit passer une annonce au Pôle Emploi et justifier qu'il n'a pas eu la possibilité de recruter une autre personne, il doit constituer un dossier complexe avec, par exemple, les trois derniers bilans de la société, le registre du personnel, les statuts de la société et tout un tas d'autres documents prouvant que la société a bien payé ses impôts et autres charges sociales. Le patron doit en outre payer une taxe à l'Office Français de l'Immigration (OFI) de 893 € si le salaire est de moins de 1500 € et le double si le salaire dépasse 1500 €.

Il faut alors envoyer ce dossier à la préfécture pour obtenir une carte de séjour pour le salarié avant de l'embaucher. Avouez que cela ne donne pas envie d'embaucher.

- De quoi vivent-ils ?

Selon les communautés, de la manche, du nettoyage des pare-brises, de la récupération de ferraille et parfois de travail au noir même s'ils se font souvent avoir pas des patrons qui les font travailler et ne les paient pas.

- Que mangent-ils ?

Ils mangent les enfants. Je plaisante, bien sûr. Certains pensent qu'ils mangent les hérissons ou les chats. En réalité ils mangent très mal, pas du tout équilibré et parfois très gras. Cette mauvaise alimentation est souvent à l'origine de problèmes de santé assez graves.
Cela dit, si un jour on vous invite à manger une soupe de yaourt, n'hésitez pas une seconde. C'est très bon.

- Est-ce qu'il y a un chef dans les terrains ou dans les squats ?

Oui, autant de chefs que de personnes. En clair, non !

- Ont-ils le droit de vivre en France ?

Ils ont le droit de circuler sur le territoire français pendant trois mois et ils doivent quitter la France ensuite. Seulement, il n'y a plus personne aux frontières pour vérifier qu'ils sont sortis. Ils peuvent aussi revenir dans la minute qui suit. On se retrouve donc dans une situation où personne n'est capable de dire depuis combien de temps ces personnes sont en France et on continue quand même à les expulser.
Par exemple, un rrom roumain s'est vu délivrer le 17 août une convocation à la Police aux Frontières de l'aéroport de Bordeaux pour être expulsé le 6 septembre alors que la veille (16 août) il avait été en Espagne.

J'espère que j'ai répondu à quelques unes des questions que vous vous posiez sur les rroms. N'hésitez pas à demander plus dans les commentaires. J'essaierai d'y répondre.

Dans un prochain billet, je vous dirai comment les rroms peuvent être une très bonne affaire pour les communes.

A suivre...

Repost 0
Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
commenter cet article
28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 10:46
Lors d'un concert à Bucarest, mercredi dernier, Madonna a pris la défense des rroms et a rappelé aux 60 000 personnes présentes que les discriminations dont sont victimes les tsiganes dans les pays de l'est sont injustes.

Une partie du public a hué la star américaine qui était sur scène accompagnée de musiciens rroms. Par contre, une autre partie a applaudi les propos de la chanteuse.

"Le fait qu'il existe encore beaucoup de discriminations envers les tsiganes en Europe orientale a attiré mon attention. Cela m'a attristée", a dit Madonna a son public. "Nous sommes tous égaux, il ne fait discriminer ni les rroms ni les minorités sexuelles".

Suite à cela, Madonna a continué son concert par la chanson "You must love me".

Cet incident a été relayé par toute la presse internationale et confirme ce que les associations de défense des rroms en France disent depuis longtemps.

Bravo l'artiste ! Cela me donne envie d'aller acheter un de ses disques.

Pour voir la vidéo, cliquez ici.
Repost 0
Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
commenter cet article
26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 10:32

Au moment même où j'écris, deux policiers municipaux de Cenon, accompagnés par une personne en civil, sont dans le squat de rroms situé à Cenon en train de poser des questions aux rroms.

Je ne comprends pas très bien cette façon de procéder. Les rroms roumains qui habitent dans ce squat sont connus de presque tout le monde sauf de la mairie de Cenon ?

Pourtant, lundi dernier, le maire de Cenon a reçu dix lettres recommandées des rroms demandant à être domiciliés administrativent au Centre Communal d'Action Sociale de la commune.

Pourquoi envoyer des policiers alors que n'importe quel fonctionnaire pourrait faire cette visite ? Aurait-on peur des rroms ? Cherche-t-on à donner d'eux une image de sauvages qui s'attaqueraient à chaque personne qui s'approche du squat ? Ou bien, est-ce une façon d'entretenir la pression qu'on leur met depuis des mois ?

Les "visiteurs" demandent aux rroms par qui ils sont suivis. Comme si les services de la mairie ne savaient pas que les rroms ne sont suivis que par Médecins du Monde et Procom.

Non, ils ne sont pas suivis par la mairie, non ,ils ne sont pas suivis par les services du Conseil Général malgré la présence d'un nombre important d'enfants. Cela me fait penser qu'il faudra que j'en parle au conseiller général du canton...

Mais le comble c'est qu'on leur demande s'ils ont l'eau et l'électricité. Pourquoi cette question ? Sud Ouest en a parlé à plusieurs reprises et encore pas plus tard qu'hier.

Non, ils n'ont ni eau ni électricité. On les leur a coupé depuis un petit moment. A la demande de qui ? Je ne sais pas. Pourtant, ils avaient même réussi à rebrancher l'eau et en plein été, par des températatures de plus de 30°, on leur a de nouveau supprimé ce seul confort. Depuis, ils vont chercher l'eau à un robinet pblic situé sur la commune de Bordeaux.

Du côté de la mairie on connaît bien la situation, alors je suis étonné de la présence de ces trois personnes dans ce squat surtout, encore une fois, sans la présence des associations ou même que celles-ci aient été averties de cette visite.

En effet, alors que la mairie de Cenon connaît les associations intervenant sur ce squat, jamais elle ne s'est mise en contact avec celles-ci. Le seul but de la mairie, est le départ des rroms de la commune.

Ainsi va la vie des rroms, au gré du bon vouloir des uns ou des autres, certains avec de bonnes intentions, d'autres avec des moins bonnes.

Un jour, certainement dans un futur lointain, ils seront considérés comme des Hommes...

Repost 0
Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
commenter cet article
31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 17:16

Aujourd'hui vers 14H30, une petite délégation composée de membres de RESF, de Médecins du Monde et de l'association PROCOM, a accompagné deux femmes rroms roumaines afin d'effectuer les démarches de domiciliation à la mairie de Cenon.

Il est vrai que la délégation était composée de 7 ou 8 associatifs, de trois femmes rroms et de 13 enfants rroms.

Panique générale dans les services et demande d'informations à la préfécture. On sort les directives sur le sujet de la domiciliation et la délégation a été reçue par une Directrice Générale Adjointe que je connais bien, qui a écouté notre demande avec attention et qui l'a transmise aux élus compétents.

La balle est maintenant dans le camp des élus et seules des raisons politiques de bas étage peuvent faire obstacle à la domiciliation des rroms.

 

Une réponse nous a été promise pour lundi après-midi au plus tard.

 

Vous aurez plus de détails sur cette affaire dans les jours à venir dans le journal Sud Ouest ou sur le blog Romaquitaine.

Repost 0
Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
commenter cet article
31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 17:00

Les socialistes sont des gens extraordinaires, c'est bien connu. Quand ils ont le pouvoir encore plus, surtout avec leur capacité de donner l'impression d'être de gauche, mais en prenant des décisions dignes de l'extrême droite.

Dans l'agglomération bordelaise nous avons un superbe exemple de cela avec la ville de Cenon.

Après avoir mis plus de trois mois pour mettre en place une poubelle devant un squat de rroms roumains, Alain David, le maire de la commune, que j'ai rencontré avec son directeur de cabinet, refuse de domicilier administrativement les rroms présents sur sa commune.

La perversité est poussée à l'extrême puisque, pour les domicilier, les fonctionnaires ont demandé un justificatif EDF aux rroms alors qu'ils vivent dans un squat sans eau ni électricité.

Pourtant, le Directeur Général de l'Action Sociale du Ministère du logement et de la ville et du Ministère du travail, des relations sociales et de la solidarité, par circulaire N° DGAS/MAS/2008/70 du 25 février 2008 relative à la domiciliation des personnes sans domicile stable et à application immédiate et adressée aux préfets, cadre parfaitement les conditions de domiciliation administrative pour cette population.

Cette circulaire rappelle que toute personne, y compris une personne en situation irrégulière sur le sol français, peut demander à être domicilié pour pouvoir ouvrir les droits à l'Aide Médicale d'Etat (AME).

Dans le cas de Vitrolles-sur-Garonne, en refusant la domiciliation administrative, le maire refuse automatiquement l'accès à l'AME et à un des droits fondamentaux de chaque être humain, l'accès aux soins.

Dans ce squat, un enfant de sept ans ayant un grave problème de santé et que j'ai accompagné chez un médecin spécialiste, doit être hospitalisé très rapidement. Si ses parents n'ont pas de domiciliation administrative, il sera impossible de lui faire une demande d'AME d'urgence.

Mais à Vitrolles-sur-Garonne, le refus de domiciliation implique aussi un refus de scolarisation. En effet, pour être scolarisé dans une école de Cenon, il faut une domiciliation. Comme la mairie refuse cette domiciliation, les enfants ne seront pas scolarisés à la rentrée.

Plus grave, lors de mon entretien avec le maire au mois de juin, le maire m'a conseillé de faire domicilier les rroms à Bordeaux pour qu'ils partent de sa commune.

Aujourd'hui, lors d'un entretien téléphonique avec l'adjointe chargée de la scolarisation, celle-ci m'a répondu ne pas avoir de réponse aux questions que je lui posait, à savoir, ce que l'on faisait de ces enfants. Elle a été plus loin en me rappelant que l'école n'est pas une obligation et que seule l'instruction est obligatoire.

Allez demander à des rroms, victimes depuis la nuit des temps de discriminations dans leur propre pays, analphabètes, d'instruire leurs enfants eux-mêmes.

Je vous avais un jour, sur ce blog, invités à venir visiter un squat. Par manque de temps, par peur du voyeurisme et certainement surtout par manque de courage, vous n'avez pas répondu à ma proposition. Aujourd'hui, je vous invite à téléphoner au maire de Cenon (Vitrolles-sur-Garonne) pour lui dire votre indignation devant son attitude. Si vous êtes indignés, bien sûr... Ce qui n'est pas certain.

 

Pour ma part, je ne m'arrêterai pas là et les enfants seront scolarisés à Cenon, même si je dois m'adresser à Nicolas Sarkozy. Parce que les enfants rroms aussi ont des droits, comme tous les enfants. Ils ont aussi des rêves. Comme tous les enfants. Des rêves d'une vie meilleure et de dignité.

A suivre...

Repost 0
Published by Mouette Rieuse - dans Immigration
commenter cet article

Présentation

  • : Mouette Rieuse
  • : Blog militant
  • Contact

Recherche