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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 21:57
Tant que le principe de l'affectation immédiate dans les écoles des élèves physiquement présents sur une commune ne sera pas appliquée, les enfants roms et leurs familles ne pourront pas accéder à une représentation claire du droit et de l'obligation scolaire en France.

Pour inscrire leurs enfants à l'école, les familles doivent parfois batailler contre le refus des municipalités. Elles doivent généralement faire face à des demandes abusives de justificatifs qui retardent l'inscription : justificatifs de domicile ou domiciliation administrative (qui est refusée par ailleurs par les CCAS et très difficile à obtenir de la part des associations agréées), certificats de naissance traduits en français par un traducteur assermenté, présence du responsable légal, vaccinations à jour (et non pas seulement une première injection), radio des poumons... Enfin, une fois l'inscription passée, les délais d'affectation dans un établissement sont anormalement longs (jusqu'à un an sur Nantes !).

Tant que les priorités des familles resteront tournées vers la survie quotidienne, elles ne pourront pas s'orienter vers l'école et leurs enfants conserveront un rôle économique. Il n'y a pas de logique à condamner la mendicité ou le travail des enfants roms en France lorsqu'on refuse à leur famille les prestations sociales qui, au titre de la protection de l'enfance, permettraient d'assurer leur subsistance, des conditions de vie dignes et les frais liés à la scolarisation.

La scolarisation représente un coût important : habillement, fournitures scolaires, cantine, transports sans même parler des activités périscolaires. Comment les familles roms peuvent-elles y faire face lorsque, sans accès à l'emploi et considérées en séjour irrégulier, elles n'ont pas le droit aux prestations de la CAF ?

Sur plusieurs départements où les droits CAF avaient été ouverts aux familles suite à l'entrée dans l'Union Européenne et retirées ensuite, l'interruption des prestations s'est presque toujours accompagnée d'une déscolarisation des enfants qui sont retournés mendier dans la rue.


On ne peut mieux démontrer l'impact des aides financières sur la fréquentation scolaire. Au regard de leur dénuement, ces familles ont, quelle que soit leur situation au regard du séjour, vocation à bénéficier de l'aide sociale à l'enfance (ASE) des conseils généraux.

Mais les département qui accordent des aides financières mensuelles à ce titre sont rares et ces aides financières sont menacées : nouveaux critères d'attribution illégaux, baisse des montants et des durées d'attribution...

Enfin, les bourses et les fonds sociaux des collèges sont accordés de façon très irrégulière en fonction des établissements, l'enveloppe étant souvent épuisée et certains justificatifs, tels que l'avis de non-imposition, difficiles à obtenir pour les familles.

Par ailleurs, pour les enfants qui vivent en squat ou sur un terrain, aller tous les jours à l'école à l'heure, propre, rassasié et faire ses devoirs le soir relève de la prouesse : pas d'eau ou non raccordée aux habitations, ce qui signifie qu'il faut se laver dehors par tous les temps, pas d'électricité et beaucoup de promiscuité dans les caravanes ou les cabanes, donc difficile de faire ses devoirs le soir, de faire sécher le linge.

A cela, s'ajoutent les carences alimentaires qui participent aux difficultés de concentration et aux retards de croissance, les maladies fréquentes liées au froid ou à l'insécurité des lieux, les problèmes d'audition et de vue non traités...

Enfin, il est fréquent que les élèves se trouvent éloignés de leur établissement scolaire, soit car le lieu de vie est excentré, non desservi par les transports scolaires, soit les inspections d'académie ne tiennent pas compte de la distance en affectant les élèves : à Nantes, par exemple, pour respecter le quota de cinq enfants roms par école, les enfants roms ont été dispersés dans toute la ville avec en moyenne 45 minutes (et pour certains 1h30) de transport pour se rendre à l'école.
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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 20:00

Tant qu'une vraie politique d'accueil et d'accompagnement de ces enfants et de leurs parents au sein des établissements scolaires n'est pas mise en oeuvre, la plupart des enfants roms resteront en échec.

Les enfants roms scolarisés pour la première fois en France sont non-francophones et n'ont pour beaucoup jamais été scolarisés auparavant.Deux dispositifs existent qui sont censés assurer leur adaptation : les élèves du primaire peuvent être regroupés en classe d'initiation (CLIN); les élèves du secondaire, selon qu'ils ont été ou non scolarisés dans le pays d'origine, peuvent être accueillis dans des classes d'accueil (CLA) ou (CLA-NSA) pour ceux n'ayant jamais été scolarisés antérieurement.

Ces classes regroupent de manière souple (pour certaines matières et avec des entrées et sorties permanentes), de petits effectifs (15 élèves maximum) avec l'objectif de rejoindre les autres classes. Or souvent, les inspections d'académie ne mettent en place aucun de ces dispositifs spécifiques et les enfants roms sont scolarisés directement en classe ordinaire, même s'ils ne parlent pas français et vont à l'école pour la première fois.

Dans ces situations, les élèves roms se découragent très rapidement. Faute de moyens, l'accès des enfants à ces classes ou l'ouverture de nouvelles classes peut prendre de nombreux mois.

Pourtant, comme pour tous les enfants, de beaux parcours scolaires sont possibles lorsque les conditions d'une fréquentation régulière sont réunies.

La responsabilité des pouvoirs publics par rapport à cette situation d'exception, à travers laquelle le principe républicain du droit et de l'obligation scolaire est bafoué, doit être assumé.

Quels sont les maires aujourd'hui qui, lorsqu'il s'agit d'enfants roms, respectent à la lettre leur obligation de "dresser la liste de tous les enfants résidant dans la commune et qui sont soumis à l'obligation scolaire" (Code de l'Éducation - Art. L 131-6) ?

Quels sont les Conseils Généraux qui prennent au sérieux leur mission de protection de l'enfance et ce qu'elle implique de soutien financier, matériel et d'accompagnement social pour garantir une scolarisation effective de tous les enfants ?

Quelles sont les inspections d'académie qui ne se contentent pas d'attendre les demandes d'inscriptions que font remonter les associations mais se soucient des enfants pour lesquels personne n'a entamé de démarches, et qui mettent ensuite à disposition les moyens de les accueillir immédiatement dans les établissements ?

Les seuls intervenants sur le terrain sont aujourd'hui les associatifs, majoritairement bénévoles et submergés par l'ampleur des besoins, au point que certains sont acculés à "sélectionner" les enfants qu'ils inscrivent à l'école et ceux qui seront laissés de côté.

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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 19:22
Les jours se suivent et les emmerdes se ressemblent, malgré les promesses des politiques.

Hier matin, une assistante sociale d'une grosse structure bordelaise me téléphone pour me faire part de la situation d'une famille rrom roumaine. Elle ne savait absolument pas quoi faire et avait entendu dire que je connaissais ce genre de situations.

En réalité, je n'avais jamais rencontré une situation comme cela et je ne peux pas faire grand chose sans moyens financiers. L'engagement militant coûte cher et mon association n'a jamais demandé de subvention aux pouvoirs publics pour pouvoir garder sa liberté de parole.

Cette famille, composée de cinq personnes, dont trois étaient en garde à vue pour séjour irrégulier, était pour moi un cas nouveau.

Ils avaient, comme beaucoup d'autres, porté leurs affaires de misère de squat en squat et pensaient avoir trouvé leur bonheur à la Cité des Fleurs, une cité située dans un terrain entre la voie ferrée et la route menant au pont Saint-Jean.

La SNCF ayant prévu de démolir la cité, ils ont été expulsés et logés à l'hôtel pendant quatre nuits par le Samu Social.

Ils se sont de nouveau retrouvés à la rue et se sont installés dans une baraque de chantier, complètement abandonnée, à l'arrière du Parc des Sports à Bordeaux.

Là encore, ils ont de nouveau été chassés pour s'installer à cinquante mètres plus loin, en bordure de Garonne, dans une cabane fabriquée avec quelques bouts de plastique.

Nouveau contrôle de police et garde à vue pour le chef de famille et ses deux fils. La femme se trouve seule sur le quai de la Garonne avec le grand-père et les bagages de la famille.

J'ai passé toute l'après-midi pour trouver une solution pour cette famille. J'ai sollicité avocats, élus, services de l'état, associations ou simples militants, certains plus à l'écoute que d'autres. Allez donc trouver une solution un vendredi après-midi...

Pourtant, une solution a été trouvée pour stocker les bagages jusqu'à mardi, un véhicule pour les transporter tout comme une solution pour les héberger pendant deux nuits.

Les gardés à vue ont été libérés mais sont convoqués ultérieurement pour que leur soit délivrée une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français).

Mais cette affaire m'a permis de connaître une autre situation indigne. Un couple avec deux enfants, dont la femme de 47 ans, enceinte de sept mois et n'ayant jamais vu un médecin, vit elle aussi dans des conditions inacceptables à notre époque. Encore une cabane, construite quelque part là où ne va aucun bordelais.

La famille fait la manche à un feu, les enfants ne sont pas scolarisés, ce dont je vais m'occuper dans les jours qui viennent. J'ai alerté Médecins du Monde et la femme pourra subir un examen médical afin de vérifier si sa grossesse se passe bien.

Nous allons aussi faire en sorte que la femme puisse accoucher à l'hôpital et non pas, comme semble-t-il c'était prévu, dans notre jungle bordelaise. Oui, le couple n'avait pas envisagé l'accouchement à l'hôpital, n'ayant pas d'argent pour payer les frais.

Vous vous dites que je vous raconte des histoires à dormir debout. Comprenez que ce qui est évident pour nous ressemble parfois au parcours du combattant pour ceux qui ne connaissent pas la langue, les rouages administratifs ou, tout simplement, les droits sur le territoire français.

C'est pourquoi je préfère les nuits, elles se suivent et ne se ressemblent pas... 
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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 19:24

Les rroms roumains installés sur la commune de Cenon vont devenir des stars si on continue comme cela.

Avec le jugement qui va avoir lieu demain au tribunal d'Instance, suite à une demande de la CUB afin de les expulser des lieux de vie qu'ils occupent, la presse locale a de nouveau allumé les projecteurs sur ce petit groupe de tsiganes.

Vincent Feltesse, le président de la Communauté Urbaine de Bordeaux a choisi de maintenir la procédure de demande d'expulsion malgré la promesse du préfet de Gironde "qu'il n'y aura pas d'expulsions sans solution de relogement".

J'ai beau essayer de me convaincre que la procédure a pour but de protéger la CUB en cas d'accident mais en même temps je me dis qu'il y a peut-être autre chose derrière les déclarations.

J'ai appris à me méfier des déclarations et des promesses des politiques, certainement parce que j'en ai beaucoup entendues et vu très peu mises en pratique.

En regardant sur internet le journal de France 3 Aquitaine, j'ai été surpris par les déclarations de Alain David, le maire de Cenon qui semble vouloir faire croire que la présence des rroms roumains (21 personnes dont 12 enfants) aurait un coût important pour les finances de la ville qui supporte déjà beaucoup de situations sociales différentes.

Je ne peux pas laisser dire cela parce que la présence des rroms sur la commune de Cenon ne coûte absolument rien à la commune. Même pas un euro !

Enfin, en l'état actuel des choses. Avec la décision d'autoriser l'élection de domicile de cinq rroms au CCAS, cela va coûter cinq feuilles de papier, son impression et les quelques minutes que l'agent municipal mettra à remplir les formulaires.

J'ai d'ailleurs une bonne nouvelle pour le maire, une des personnes est déjà domiciliée à Bordeaux, faite en urgence en raison des graves problèmes de santé de son fils. Cela permettra de faire quelques économies à la mairie.

Soyons sérieux ! La présence des rroms ne coûte rien à la commune parce qu'ils ne bénéficient d'aucune aide, ni de la commune ni d'autre autre administration. Pas d'allocations familiales, pas d'allocation logement, pas d'aide alimentaire, pas d'allocations de rentrée ou autres aides quelconques. Rien, sauf l'aide médicale d'état (AME) dont une seule famille bénéficie actuellement. Mais c'est l'état qui paie.

Vous le savez maintenant, il ne faut pas prendre pour argent comptant les déclarations des politiques. Mais je crois que vous le saviez déjà...

(Infos sur le sujet dans le journal 12/13 et le 19/20 de France 3 Aquitaine)

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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 11:21
Après plusieurs mois de conflit avec le maire de Cenon et une action en justice, Alain David vient de donner son accord pour autoriser l'élection de domicile des rroms présents sur Cenon au CCAS de la ville.

Même si la nouvelle m'a un peu étonné, je pense que le maire de Cenon a pris une sage décision, même si elle est bien tardive.

En effet, comme j'en avais fait état dans ce blog et dans la presse, la loi oblige les maires à accepter l'élection de domicile des personnes sans domicile stable présentes dans la commune.

C'est dommage que cette sage décision n'ait pas été prise dès le début, ce qui m'aurait épargné de perdre du temps, de dépenser de l'énergie inutilement, de l'énervement et de me fâcher avec le maire.

Aujourd'hui, les enfants sont scolarisés et ils vont pouvoir se domicilier administrativement au CCAS. Dans trois mois (temps qui a été perdu avec cette affaire), il sera possible de faire une demande d'Aide Médicale d'Etat.

Mais à Cenon, il reste encore quelques combats à mener. Le premier, c'est celui d'empêcher l'expulsion du lieu de vie qui a été demandé par la Communauté Urbaine de Bordeaux, propriétaire des lieux où se trouve le squat. Le jugement doit avoir lieu vendredi et j'ai demandé par voie de presse à Vincent Feltesse, président de la CUB, de retirer sa demande d'expulsion et d'être conforme à la décision du préfet de Gironde qui a annoncé qu'il n'y aurait pas d'expulsions tant qu'il n'y aurait pas de solution de relogement.

Les autres combats à mener sont l'accès à la cantine pour les enfants rroms et plus largement, l'accès à l'eau courante et à l'électricité.

Cela semble évident et pourtant, cela ne coule pas de source, ni du robinet. Dans ce squat, l'eau leur a été coupée et aujourd'hui les rroms sont obligés d'aller chercher l'eau en bidons sur la commune de Bordeaux.

Il y avait aussi l'électricité mais elle aussi a été coupée. Pourtant, elle est indispensable pour brancher un frigo afin de conserver les aliments et éviter des problèmes de santé à ces familles qui vivent déjà dans une grande précarité. L'électricité permettra aussi aux enfants de regarder un peu la télévision ou de faire leurs devoirs dans des conditions correctes. Aujourd'hui, l'électricité est fournie par un petit groupe électrogène qui ne fonctionne que le soir.

Il y a aussi le volet sanitaire mais là-dessus, je ne doute pas que Médecins du Monde seront vigilants étant donné qu'ils sont présents depuis plusieurs années dans les squats de rroms (faudra un jour que je vous parle un peu d'eux).

Voilà donc les dernières nouvelles des rroms roumains de Cenon et bravo au maire de la ville d'avoir changé de position. Cela évite un procès et c'est bien pour tout le monde.

Juste une question, qui va payer l'avocat ? Un petit effort, Alain...
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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 02:32

Depuis plus de deux ans, Médecins du Monde et Procom, toutes deux membres du collectif Romeurope, réclament une table ronde sur la situation des rroms dans l'agglomération bordelaise.

Le début d'incendie qui a eu lieu samedi dernier dans un squat bordelais et le tapage médiatique autour du relogement des bulgares habitant dans ce squat ont certainement accéléré la convocation de cette réunion qui était prévue cette après-midi mais qui a été avancée à 10H30 en raison de la visite de deux ministres.

Les pouvoirs publics vont donc se pencher sur la façon de préparer l'intégration des bulgares et des roumains avant qu'ils ne soient des citoyens européens à part entière, le 1er janvier 2012. En effet, à cette date ces ressortissants devraient pouvoir circuler, résider ou travailler librement en France.

Le préfet a donc invité les collectivités locales concernées, des services de l'état ainsi que certaines associations dont une seule intervient dans les squats de roumains ou de bulgares (Médecins du Monde).

D'autres associations invitées à cette réunion n'ont jamais mis les pieds dans un squat de rroms. Pour ce qui concerne l'association que je préside, bien que présente quotidiennement dans les squats, elle n'a pas été invitée. Ce n'est pas bien grave, l'essentiel est que ce que nous demandons depuis longtemps se fasse. Cela nous permettra aussi de garder notre liberté de parole.

Lors de cette réunion, il sera annoncé qu'il n'y a aucune possibilité de relogement pour les familles logées actuellement au gymnase Thiers ainsi que la mise en place d'une MOUS (Maîtrise d'Oeuvre Urbaine et Sociale) qui pourrait se faire à court terme (3 ou 4 mois).

La MOUS permettrait d'accompagner la population en mettant en place un terrain de stabilisation, avec des mesures sociales d'accompagnement à l'insertion.

Je ne sais pas qui portera ce projet, combien de familles bénéficieront de ce projet ou même qui va sélectionner les familles qui seront concernées par cette mesure.

Je connais presque toutes les personnes qui vivent dans les squats de roumains ou de bulgares de l'agglomération. Cet apprentissage de ces communautés a été très long et a demandé beaucoup de travail, d'heures de présence et d'engagement personnel auprès ce de cette population. Une certaine confiance s'est installée et ce n'est pas le fruit du hasard.

J'espère seulement que ce ne seront pas les plus malins, parfois des voyous qui s'infiltrent au milieu des autres pour passer inaperçus, qui vont bénéficier de cette MOUS.

Il y a quelque temps, un homme a disparu laissant sa femme et ses enfants. La femme se prostituait (c'était le seul cas que je connaissais) et le mari accompagnait sa femme partout. Depuis la disparition du premier, un nouvel homme accompagne la femme partout et dit qu'elle est son épouse. Pourtant, cet homme ne vient dans le squat que pour accompagner la femme et s'en va dans son appartement après le repas. Dans le squat, sa baraque est toujours fermée et il n'est pas apprécié des autres habitants.

Il semble qu'il soit turc et je le soupçonne d'avoir acheté à l'ancien mari cette femme qui se prostituait. Je n'ai pas de preuves mais une intuition très forte. D'ailleurs, comment expliquer qu'il n'habite pas avec sa femme et qu'il vive seul dans un appartement ?

Mais tout cela, les pouvoir publics doivent le savoir. Eux, comme les associations qui ne font pas la différence entre un rrom, un roumain, un bulgare turc, un bulgare ou un bulgare grec. Oui, oui, il y a tout cela dans les squats. Comme il y a des orthodoxes, des évangélistes ou des musulmans. Mais tout cela, tout le monde le sait, bien sûr.

Soyons optimiste ! Et l'important c'est que quelque chose soit faite.

Et les rroms ils feront quoi ? Ils reviendront tout simplement dans le squat d'où ils ont été virés il y a quelques jours. Il faudra faire de nouvelles ouvertures, les portes ayant été murées par les maçons. Franchement, on aurait pu éviter tout ça. 

Je reviendrai sur tout cela.

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 00:03
Je vous avais expliqué la situation dans le précédent billet.

Voici la suite en images (document France 3 Aquitaine).
Cliquez ici.
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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 00:26
L'occasion était trop belle pour la laisser passer sans en profiter.
Après un début d'incendie dans un squat de bulgares situé avenue Thiers à Bordeaux, la préfecture a ordonné l'évacuation du squat samedi soir.

Environ quatre vingt personnes se sont retrouvées à la rue et refusé la proposition de la préfecture pour être logées pour la nuit dans un hôtel, une grande partie d'entre elles a passé la nuit à la belle étoile malgré des températures basses.

Elle ne faisaient pas confiance aux pouvoirs publics et les associations qui les suivent depuis deux ans et demi n'avaient pas été averties.

De retour de l'étranger, je me suis retrouvé dans le squat avant même de rentrer chez moi et cela jusqu'à 23H30, essayant de joindre l'élu de permanence de la mairie de Bordeaux, ce qui a été impossible en raison du filtrage de la standardiste de la mairie.

C'est donc autour d'un feu que les rroms ont passé la nuit avec le soutien de Médecins du Monde.

Dimanche matin, nous nous sommes retrouvés  de nouveau dans le squat, avec les rroms, les élus de la mairie de Bordeaux (Jean Louis David et Muriel Parcelier), la députée Michèle Delaunay et sa suppléante, la socialiste Emmanuelle Ajon (conseillère municipale), ainsi que le directeur de cabinet du préfét et un responsable de la DDASS.

Il a été décidé que les rroms dormiraient au chaud dimanche soir dans le gymnase Thiers.

Vers 17 heures, on nous annonce que la Croix Rouge allait prendre l'opération en main et allait installer des lits Picot et des tentes.

Tout d'abord, quelle drôle d'idée de faire intervenir la Croix Rouge qui ne connaît rien à cette population et n'a jamais mis les pieds dans un squat. Et puis, pourquoi installer des tentes à l'intérieur d'un gymnase.

Tout d'abord opposé à l'intervention de la Croix Rouge, j'ai ensuite donné mon accord à condition que celle-ci ne prenne aucun nom des rroms qui seraient hébergés dans le gymnase. Le passé récent en Italie fait que je me méfie de tous ceux qui viennent on ne sait d'où, quand les journalistes sont là. Ils sont peut-être animés de bonne intentions mais je préfère en avoir la certitude. Les rroms aussi qui n'ont permis l'établissement d'une liste qu'aux membres de Médecins du Monde (MDM), qu'ils connaissent bien.

Avec les bénévoles de MDM nous avons regardé toute la mise en place de près, souvent avec un air amusé, face à la réaction des rroms. A plusieurs reprises, des responsables de la Croix Rouge m'ont pris pour un rrom, peut être en raison de mes interventions pour recadrer un peu quand je sentais que la tension risquait de monter.

Je n'avais pas non plus de gilet comme les bénévoles de MDM et mon mauvais français pouvait faire penser que j'étais bulgare. 

L'opération a duré plusieurs heures bien que l'équipe de la Croix Rouge soit composée de plus de trente personnes.

Ce n'est que vers 21 heures que les repas froids (chips, salade et pâté en boîte, compote) fournis par le CCAS ont été distribués alors que les rroms ont l'habitude de manger vers 18 ou 19 heures au plus tard.

L'extinction des feux a eu lieu à 22 heures et une petite équipe de la Croix Rouge est restée sur place pour la nuit.

Et lundi ? 

Pour l'instant personne ne connaît la suite. Ils vont certainement rester encore une nuit dans ce gymnase. Après, soit une solution est trouvée, ce qui m'étonnerait beaucoup, soit ils seront de nouveau à la rue, sans savoir où aller.

Lorsqu'ils trouveront un nouveaux squat, il faudra changer les enfants d'école, prendre de nouvelles habitudes et continuer à jouer de l'accordéon, faire la manche ou des petits boulots au noir pour continuer à survivre.

Tout recommencera comme avant jusqu'au prochain incendie, où, sous l'effet de la pression médiatique on va de nouveau promettre de réfléchir à une solution.

Jusqu'en 2012, date où les bulgares et les roumains seront citoyens de l'Union Européenne. 

Comment ? Ils le sont déjà ? 

Excusez-moi, je ne m'en étais pas rendu compte...

Pour voir le reportage de France 3 Aquitaine sur ce sujet, cliquez ici.
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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 00:46
Je vous invite à lire un article très intéressant du journal Le Monde sur l'immigration et l'erreur que font les gouvernements pour aborder ce sujet.

Pour lire la suite, cliquez ici.
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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 02:19
Les Verts Gironde prennent position dans la situation des rroms de l'agglomération bordelaise et demandent non seulement l'arrêt des expulsions mais appellent aussi à une politique plus humaine et efficace.

Ci-dessous leur communiqué de presse.


[Communiqué de Presse] Roms : l’exclusion n’est pas la solution
 
"Les Verts tiennent à préciser  leur position sur la situation actuelle des Roms dans l'agglomération bordelaise.
 
En la matière, la politique répressive du gouvernement constitue le contre-exemple absolu de ce qui devrait être mis en place, ce que par nature des élus de gauche devraient combattre.
 
Réagir par l’expulsion en ignorant les causes est sans aucun doute la pire des politiques. Localement, nous devons montrer un autre visage, une approche résolument différente. C'est pourquoi nous demandons l'arrêt immédiat des expulsions et notamment celles prévues à CENON.
 
Les expulsions déstabiliseraient encore un peu plus les familles déjà en extrême précarité.
 
Seule une véritable politique d’accueil avec  un accompagnement médical, social, sanitaire, une continuité dans la scolarisation des enfants et une recherche de logements permettraient d’éviter des situations indignes sur le plan humain telles que l’on peut les noter à Floirac, Cenon ou  à Bordeaux Benauge.
 
Contrairement aux idées reçues par un certain nombre d’élus, le sentiment général des habitants s’exprime pour une  vraie prise en charge humaine et sensible. Relayer l’expression du racisme à la française  n’est que le fait d’élites politiques attardées. 
 
C’est la misère mais aussi et surtout la discrimination dans leur propre pays qui pousse les peuples roms hors des frontières de la Roumanie.
 
Pour les Verts : il est essentiel d’engager une politique d’accueil cohérente et équilibrée au niveau de l’agglomération ainsi qu’au niveau européen.
 
Il ne s'agit pas d'accueillir 800 Roms à Bordeaux. Mais si chaque commune de l’agglomération prend sa part de responsabilité, comme c'est par exemple le  cas sur Lille Métropole, ce difficile dossier connaîtra une issue sensiblement plus humaine et efficace". 
 
Les Verts Gironde
 
Marie-Christine BOUTHEAU élue à CENON
Jean Hervé Le BARS et Martine CHEVAUCHERIE élus à FLOIRAC
Pierre HURMIC et le groupe des élus verts à BORDEAUX
 
Les Verts Gironde :
Stéphane SAUBUSSE Président des Verts Gironde
Gérard CHAUSSET Secrétaire des Verts Gironde
 
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