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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 12:45
Je vous ai longuement parlé du squat de roumains de Cenon et du feuilleton qui dure maintenant depuis plusieurs mois.

La CUB, propriétaire des lieux, avait engagé une procédure d'expulsion à l'encontre des habitants du squat. Après s'être déclaré compétent pour juger cette affaire, le Tribunal d'Instance de Bordeaux vient de rendre son jugement.

La Communauté Urbaine souhaitait construire un parking sur le terrain mais n'ayant pas de calendrier détaillé de l'opération et les maisons voisines n'ayant pas encore été vidées de leurs occupants, le tribunal a considéré qu'il n'y avait aucune urgence caractérisée à libérer l'immeuble.

Les familles rroms ne pouvant pas être relogées dans des conditions normales et les enfants étant scolarisés sur la commune de Cenon a certainement influencé la décision des juges.

En conséquence, le tribunal a ordonné l'expulsion des habitants de l'immeuble mais a accordé aux familles le délai d'un an pour libérer les lieux.

Cette décision est une avancée importante dans le traitement judiciaire de la situation des squats et réconforte nos revendications quant à l'accès à l'eau et à l'électricité pour tous les squats.

Dans ce cas précis, on se doute bien que les familles vont rester dans l'immeuble encore un an, n'ayant pas d'autre solution. Doit-on les laisser encore un an sans eau ni électricité ?

Quand on connaît l'acharnement qui a été permanent sur ce squat pendant des mois, c'est une belle revanche pour les rroms.

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 19:40

Ils étaient environ 140 (chiffres police) à manifester ce matin dans les rues de Bordeaux pour dire qu'ils existaient et voulaient non seulement être respectés mais aussi avoir des conditions de vie dignes.

Excédés après la garde à vue de cinq des leurs, les rroms qui vivent dans l'agglomération bordelaise ont été très emballés lorsque je leur ai proposé de manifester pour demander l'abandon des poursuites contre le petit groupe qui a essayé de faire un branchement électrique pour alimenter le squat.

Ce branchement, maintes fois répété depuis le mois d'octobre avec des autorités qui avaient dit "fermer les yeux" sur cette pratique, mais qui depuis semblent avoir changé de position, était un acte autorisé dans l'esprit des rroms mais aussi des association et même de certains élus.318.jpg

Cette manifestation était aussi l'occasion de demander l'accès à l'eau et à l'électricité pour tous les squats de l'agglomération, de rappeler que l'intégration se fait par le travail et demander au préfet des cartes de séjour.

Ayant communiqué sur le lancement d'une MOUS, à l'objectif pas très clair en ce qui concerne les rroms, le fait de délivrer des cartes de séjour (environ 25 ou 30 demandes en attente) pourrait être un signe fort du préfet pour montrer sa volonté d'intégrer les rroms comme le lui demandent les associations et les élus concernés.

Le cortège de la manifestation est parti d'un squat situé avenue Thiers à Bordeaux et a effectué le parcours à pied jusqu'à la préfecture. Une cinquantaine de rroms arboraient chacun une grande feuille de papier blanche, vide de tout slogan pour symboliser qu'ils n'avaient aucun droit en France et qu'ils ne comptaient pas pour les autorités. D'ailleurs, nous en avons eu confirmation lors de notre arrivée à la préfecture où les autorités ont refusé de nous recevoir.

Pourtant, cette manifestation a été un grand succès. Tout d'abord parce que c'est seulement la deuxième ou troisième manifestation de rroms organisée en France. Ensuite, parce que 140 rroms qui y ont participé ce n'est pas rien. Ils ont tellement la trouille de la police qu'ils ont été très courageux d'être là ce matin dans le froid.

Et puis, la presse s'est déplacée en nombre pour la manifestation ce qui est assez rare lorsqu'il s'agit des rroms.

Mais le plus important, même si certains n'y croyaient pas, les rroms ce sont appropriés cette manifestation dès le début de l'idée, ils ont mobilisé les leurs, ils en ont assuré le déroulement et l'animation. Un grand bravo pour eux !

Ce soir, je me coucherai heureux, d'autant plus que j'ai une autre bonne nouvelle à vous annoncer. Mais il vous faudra attendre demain...

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 01:00
Je ne sais pas s'ils seront 10 ou 200 mais ce qui est certain c'est que la manifestation des rroms bordelais est le signe de leur ras-le-bol d'être poursuivis en justice parce qu'ils essaient de vivre dans une société qui ne veut pas d'eux, souvent contrôlés par les forces de l'ordre, peu respectés et souvent oubliés dans les politiques sociales.

Cette manifestation est la première à Bordeaux et c'est seulement la deuxième fois que les rroms manifestent en France.

Parmi les militants que je côtoie régulièrement, certains se demandent le bien fondé de cette manifestation. Ils pensent qu'elle peut contribuer à ficher les rroms. Qu'ils ne s'inquiètent pas, ils sont parfaitement connus des forces de police.

D'ailleurs, hier matin vers 6H50, la PAF a investi le bâtiment du squat désigné par les pouvoirs publics comme "laboratoire social" dans le cadre de la MOUS mise en place par le préfet de Gironde.

Aucune interpellation mais, semble-t-il, la promotion du prochain vol organisé par l'OFII en février.

Je ne sais pas si cette manifestation mènera à quelque chose mais ce que je sais c'est que ce sont des actions comme celle-ci, qui feront prendre conscience des problèmes rencontrés par cette population.

C'est l'action que je mène avec d'autres militants sur le terrain depuis juin 2007 mais cette fois-ci, les rroms se la sont appropriée, ils en ont fait la promotion et ils s'y sont engagés. C'est la première fois en deux ans et demi que j'ai eu cette sensation et je dois dire que cela m'a fait plaisir.

La manifestation ne sera pas facile à gérer mais elle sera leur manifestation, certainement la seule de leur vie. Et le message qu'ils feront passer dans leurs pancartes est fort. Très fort !

Je vous invite à le découvrir dans la presse demain.
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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 22:13

MANIFESTATION JEUDI 28/01 A 08 H

Les rroms bulgares et roumains et les bulgares non-rroms habitant dans les squats de l'agglomération bordelaise manifesteront pour la première fois parce que TROP C'EST TROP !

Ils demandent que cesse la pression policière sur les squats, que soient abandonnées les poursuites contre les 5 bulgares placés en garde à vue pendant 23 heures parce qu'ils tentaient de se brancher sur le réseau électrique public d'autant plus que les pouvoirs publics avait donné le feu vert officieusement.

Ils demandent aussi l'accès à l'eau et à l'électricité pour tous les squats.

Si vous êtes disponibles, rejoignez-nous au squat face à la station de tram Thiers Benauge (ligne A), avenue Thiers à Bordeaux.

Par avance désolés des dérangements que cette manifestation peut vous occasionner.

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 19:46
Les gens de mes montagnes sont comme les corses, des gens de caractère. De ce caractère, fait partie le respect de la parole donnée.

Alors, j'ai beaucoup de mal à comprendre quand les responsables de l'État ne respectent pas la leur. Je vous explique.

Le 17 octobre 2009, un début d'incendie, d'origine électrique, dans un squat de bulgares situé avenue Thiers à Bordeaux a provoqué l'évacuation du squat et la fermeture de celui-ci. Pendant plusieurs jours les bulgares ont été hébergés dans un gymnase voisin du squat pendant que la préfecture, la DDASS et la mairie de Bordeaux cherchaient une solution de relogement.

Le jeudi 22 octobre, ne sachant quoi faire de la soixantaine de personnes, les pouvoirs publics ont donné l'autorisation verbale pour qu'il ouvrent de nouveau le squat et qu'ils s'y installent. J'ai eu confirmation par téléphone de cette décision, d'une personne responsable à la mairie de Bordeaux qui elle-même a attendu le feu vert du cabinet du préfet de la Gironde.

Les autorités ont aussi informé qu'elles fermaient les yeux sur les branchements électriques sur le réseau EDF que les bulgares viendraient certainement à faire pour alimenter le squat en électricité.

D'octobre 2009 à janvier 2010, EDF a demandé à plusieurs reprises l'intervention e la police pour l'aider à couper l'électricité du squat. Je suis intervenu à plusieurs reprises pour informer les policiers que la décision avait été prise en préfecture pour que ces branchements "sauvages" puissent être effectués sans qu'il y ait de coupure ou de poursuites.

Dernièrement, l'argument de EDF était que les branchements du squat pouvaient occasionner l'arrêt du fonctionnement du tram qui passe devant l'immeuble ou que tout e quartier pourrait être plongé dans le noir. EDF n'a pas osé dire la vérité. Que son réseau souterrain était pourri, comme il l'est dans d'autres quartiers de la ville, où il n'y a pas de squats de rroms et où il y a eu des coupures importantes d'alimentation électrique. Ce fût le cas place Camille Julian, à la Victoire ou sur les quais où les travaux sont toujours en cours depuis plus de deux semaines.

Et puis il y a environ deux semaines, le courant a été complètement coupé aussi bien pour le squat que pour le gymnase Thiers, où les bulgares s'étaient branchés.

Plusieurs techniciens et responsables de la mairie de Bordeaux et de EDF sont venus sur place pour trouver une solution à ce problème. Une solution était recherchée et j'ai appris que EDF n'avait pas opté pour la plus simple mais demandait plus de 100 000 € pour installer une armoire électrique et assurer son alimentation en électricité depuis un transformateur situé très loin du squat alors qu'il y en a deux plus proches.

Jeudi dernier, les bulgares, après être restés plus d'une semaine sans électricité, se sont de nouveau branchés sur le réseau public, ayant l'assurance des pouvoirs publics de ne pas être poursuivis en justice.

C'était sans compter avec le zèle d'un employé de la SNCF qui, voyant des personnes avec des torches, a téléphoné à la police. La BAC est venue sur place ainsi que trois autres voitures et plusieurs bulgares ont été interpellés et placées en garde à vue pendant 23 heures.

Ils sont seulement sortis samedi soir malgré l'intervention des responsables de la mairie de Bordeaux et sont convoqués dans quelques mois pour "une composition pénale" ou "une mesure de réparation pénale" car ils sont poursuivis pour "tentative de vol d'énergie". Ils bénéficient cependant "d'une solution empreinte d'humanité". Ce sont du moins les propos rapportés par le journal Sud Ouest du dimanche 24/01/2010.

L'affaire ne restera pas là et dès demain je vais demander au directeur de cabinet du préfet, à la directrice de la DDASS et au maire de Bordeaux de respecter la parole qui a été donnée, à savoir de ne pas engager de poursuites contre les bulgares et les rroms en général qui vivent dans les squats lorsqu'ils se branchent sur le réseau EDF.

La parole vaut l'Homme ou l'Homme ne vaut rien.

Je vous invite aussi, si vous êtes disponibles, à nous rejoindre pour la manifestation des bulgares qui habitent dans les squats de l'agglomération bordelaise qui demandent de la part des autorités un peu de respect et l'arrêt de la pression policière car ce sont des êtres humains.

La manifestation aura lieu jeudi  28 janvier à partir de 8 heures, partira de l'avenue Thiers pour rejoindre la résidence du préfet, rue Vital Carles.

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 19:41
Depuis quelques temps tout le monde s'intéresse aux rroms, même ceux qui les ont toujours ignorés. Déclarations à la presse souvent inexactes pour ne pas dire complètement erronées, journalistes qui en font des sujets sans vérifier ce qu'on leur dit et sans connaître le sujet, tout est permis lorsqu'on communique sur les rroms.184.jpg

Le conseil de CUB de vendredi dernier a été l'occasion pour plusieurs médias de donner la parole à des élus qui ne se sont jamais préoccupés par le sort des rroms installés sur leurs communes et qui aujourd'hui veulent donner une image d'élus impliqués dans la lutte contre la précarité.

Conchita Lacuey, la députée-maire de Floirac a déclaré : "Il n'est pas facile d'entrer dans un squat, nous avons affaire à une population fragile, qui a peur et qui a du mal à comprendre que nous sommes là pour leur bien. Ce sera donc long à gérer".

Mais Madame la députée-maire, vous êtes à côté de la plaque. Si vous aviez accepté l'invitation que je vous ai faite pour visiter le squat situé sur votre commune (c'était devant la salle cantonale à la Bastide), vous auriez une impression différente comme l'ont les associations qui interviennent dans les squats depuis deux ans et demi (un an et demi pour celui de Floirac).Photo40449

Malgré nos tentatives de contact avec vos services, vous avez ignoré les associations et n'avez fait appel qu'une seule fois à Médecins du Monde pensant que les médecins vous aideraient à fermer le squat. Vous nous avez toujours ignorées (des mails en attestent) et vous continuez à nous ignorer parce que nous sommes votre mauvaise conscience, parce nous faisons venir les journalistes, parce que nous dénonçons l'état d'abandon dans lequel vous avez laissé cette population depuis des années. Sans eau, sans électricité, dans la boue, même les animaux de la SPA sont mieux traités.

Ailleurs, ce n'est guère mieux. A Cenon, le maire a beau répéter qu'il a déjà un grand nombre de logements sociaux et "qu'on nous dit aujourd'hui qu'il faut assimiler ces populations nouvelles dans notre environnement. Très bien, mais nous n'arrivons déjà pas à venir en aide aux personnes qui habitent dans les logements sociaux". tout en donnant son accord pour participer à la MOUS avec une certaine réserve, à savoir "que l'on traite le problème sur les 27 communes de la CUB et en priorité sur celles qui n'atteignent pas les 20% de logements sociaux sur leur territoire".SBR1.jpg

Mais Monsieur le Maire, qui vous a dit que les rroms voulaient rester dans votre ville ? Qu'avez-vous fait de votre plein gré pour cette population ? Combien vous a coûté la présence des rroms sur votre commune ?

Le maire de Gradignan, Michel Labardin, espère qu'on lui réglera rapidement la situation du petit squat installé sur sa commune d'autant plus qu'il est prévu de construire des logements sociaux sur ce site. Des logements que les rroms regarderont quand ils passeront devant. Pour être juste, la mairie de Gradignan suit régulièrement les habitants de ce squat et les aide en apportant nourriture ou couvertures.SQTC4.jpg

A Bordeaux, Alain Juppé dit que "tout le monde est concerné par ce problème d'une grande complexité". Je ne suis pas sur qu'il soit conscient de l'importance de ses propos mais il a entièrement raison. Bordeaux est d'ailleurs la seule commune qui participe financièrement à la mise en place de la MOUS.

Seuls Pierre Hurmic et Vincent Feltesse semblent maîtriser le sujet et avoir compris le véritable but de la MOUS. 

Comme je vous le disais, tout le monde en parle mais peu de gens connaissent le sujet. C'est valable pour les politiques mais aussi pour les journalistes. 

Dans un article sur ce sujet, une journaliste parle de "roumains" alors que les bulgares ont largement majoritaires, personne n'explique que dans les squats la population est très diversifiée et il n'y a pas que des rroms, certains parlent de 900 rroms sur la CUB alors que la MOUS n'a comme objectif que de reloger les gens qui habitent dans les squats. Et là, il n'y a pas 900 rroms (et autres bulgares), loin de là.

Un journal a même illustré son article sur les squats de rroms avec une photo de l'expulsion de l'association "La Bonne Étoile", une association culturelle. Bravo !

J'ai envie de poser une question à tous ces connaisseurs des rroms bordelais. Combien de squats de rroms y-a-t-il sur l'agglomération et où sont-ils situés ?

Malheureusement, je suis le seul à le savoir... et à entrer dans tous les squats à n'importe quelle heure.
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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 03:44

Ridicule !

C'est ainsi que pourrait se résumer ce qui se passe ce matin à Bordeaux au sujet de la MOUS (Maîtrise d'Oeuvre Urbaine et Sociale) mise en place par le préfet pour "éradiquer" les squats de rroms sur l'agglomération bordelaise.

Il y a en fait deux MOUS. Une pour les squats en général et une deuxième spécifique rroms.

Au moment même où le Tribunal d'Instance statuera sur deux demandes d'expulsions des lieux de vie des rroms faites par la Communauté Urbaine de Bordeaux (CUB), les conseillers communautaires sont appelés à voter une délibération pour financer la MOUS rroms à hauteur de 30% (22 000 €).

Sachant que l'ensemble (sauf un) des gros squats de rroms sont situés sur des terrains appartenant à la CUB, la somme engagée par celle-ci est dérisoire. Ajoutons-y le manque de volonté de ses politiques et de ses fonctionnaires et nous nous trouvons dans une situation qui donne l'impression que lorsqu'on avance d'un pas, on recule de deux.

J'ai demandé lors d'une réunion en préfecture que l'accès à l'eau et à l'électricité soit facilité pour l'ensemble des squats vu que certains n'ont toujours ni l'un ni l'autre malgré la présence de nombreux enfants (scolarisés). Les fonctionnaires s'y sont fermement opposés refusant par là même un droit fondamental qu'est l'accès à l'eau.

Comment vivre dans une agglomération moderne en allant chercher l'eau à plus d'un kilomètre, sans avoir la possibilité de prendre une douche ? Comment laver le linge des enfants s'il faut porter des litres et des litres d'eau pour cela ?

Pourtant, il paraît que tout le monde veut le bien des rroms. S'ils étaient en voie de disparition ils seraient mieux traités que cela, parce qu'on nous aurait alors parlé d'identité culturelle à sauver à tout prix.

Alors cette MOUS, en quoi consiste-t-elle ? 

Elle a été décidée il y a trois mois suite à un début d'incendie dans un squat situé avenue Thiers à Bordeaux. L'organisme mandaté par la préfecture a planché pendant un mois pour faire un "état des lieux" de ce squat, tout cela à la va-vite sous le regard pressant des médias.

La méthode d'intervention n'était pas la mieux adaptée et certains occupants (environ 1/4 des personnes présentes dans ce squat) ont refusé de rencontrer les intervenants. Je suis moi-même intervenu avec Muriel Parcelier, maire adjoint de la Bastide (Bordeaux) pour faciliter le travail de l'équipe. Malgré cela le refus des résidants a continué et seule une deuxième intervention a permis de récupérer les renseignement nécessaires. Cela s'est fait en une seule soirée (jusqu'à 23H30).

La complexité de la situation est telle qu'il faut beaucoup d'heures de présence pour avoir un apperçu proche de la réalité même si au bout de deux ans et demi il m'arrive de découvrir encore de temps à autre des méthodes de fonctionnement que je n'avais pas compris auparavant.

En trois mois de MOUS rien (ou presque) n'a été fait ou alors ce qui a été fait est faux vu les délais trop longs entre le début de la période d'analyse et la situation réelle aujourd'hui. Des gens sont partis, d'autres arrivés. D'ailleurs il me semble qu'il y a beaucoup plus de monde qu'il y a trois mois car j'ai vu beaucoup de nouvelles têtes en ce début d'année.

L'organisme chargé de mener à bien la MOUS va commencer à intervenir dans d'autres squats sous peu et est à la recherche de logements pour en sortir quelques familles assez rapidement et mener une accompagnement d'intégration personnalisé. Mais là encore, je pense qu'on se trompe de méthode.

L'intégration ne se fera pas par le logement mais par le travail et seule l'attribution de cartes de séjour, sans conditions, permettra d'aider ces ressortissants bulgares et roumains à s'intégrer en gagnant leur vie, en assumant leurs charges, en vivant comme tout le monde.

Les rroms ne veulent pas vivre en communauté mais en famille et le choix de l'Etat d'investir un million d'euros dans 30 algecos est une grande erreur. Tout d'abord parce que les algecos ne seront que du logement temporaire et avec un million d'euros on peut loger beaucoup de monde durablement. Ensuite, l'installation d'un village algeco revient à créer un camp dont les rroms ne veulent pas et à continuer à les laisser en marge de la société, entre eux, sans vraiment chercher à favoriser leur intégration.

Si on veut reloger rapidement, cela est possible autrement et nous avons déjà trouvé plusieurs immeubles pouvant être occupés très vite. Il y a des hôtels vides, des immeubles appartenant à des particuliers et même à l'Etat. Il ne manque plus que la volonté.

Alors, une MOUS oui mais pas n'importe comment. Qu'on arrête de nous jeter de la poudre aux yeux et que des solutions sérieuses soient envisagées, que des mesures efficaces soient prises et qu'on y mette de la volonté politique. Et cela est valable non seulement pour l'Etat mais aussi pour les autres collectivités, CUB, Conseil Général ou mairies.

Je vous en dirai un peu plus dans la presse la semaine prochaine...

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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 02:43
Cette semaine a été une bonne période pour les rroms bulgares de Floirac.

Non seulement la mairie a fait livrer 10m3 de bois (en deux fois), ce qui a failli provoquer une guerre du bois, mais, de plus, la CUB  a livré des graviers dans la partie des baraques du bidonville ce qui permettra d'avoir moins de boue.

Ce sont là deux bonnes actions, même si menées maladroitement. Il ne faut pas arriver dans un squat sans en connaître l'équilibre et les habitants, sans connaître les besoins et le fonctionnement de la communauté.

Directeurs, maires, chefs de service, vous ne connaissez bien souvent rien aux rroms. Tout d'abord parce que c'est un sujet complexe, qu'il faut passer beaucoup de temps avant de comprendre un peu, ensuite, parce qu'on ne peut pas tout régler depuis un bureau, sans aller sur place, sans se rendre compte de la situation.

J'espère qu'à l'avenir les décideurs prendront en compte l'avis des gens qui vont régulièrement dans les squats, ceux de mon association ou de Médecins du Monde (MDM). Aujourd'hui, dans les réunions concernant les squats de rroms, il y a parfois 20 ou 30 personnes, beaucoup n'ont jamais mis les pieds dans un squat. D'autres, et non des moindres, me donnent l'impression de ne rien comprendre à la situation.

L'avis des petits militants que nous sommes (MDM et Procom) semble compter bien peu. Pourtant, nous sommes les seuls à nous battre depuis deux ans et demi pour les rroms, contre les administrations, contre les élus, contre l'état lui-même.

Les portes se fermaient presque toujours, les rroms n'intéressaient personne. Aujourd'hui, après la décision du préfet de mettre en place une MOUS, je vois des spécialistes des rroms débarquer de partout, comme s'ils sortaient d'une formation accélérée.

L'état va engager des moyens importants pour trouver une solution et pourtant il ne se donne pas les moyens politiques de réussir. L'intégration des rroms ne peut pas se faire uniquement par le logement. Elle se fera surtout par le travail. Et pour leur permettre de travailler, il faut donner un signe fort en délivrant des cartes de séjour sans conditions.

Je ne demande pas 500 cartes de séjour mais suffisamment pour que chacun puisse accéder à un parcours de droit commun, avec sa propre recherche d'emploi, l'accès aux soins, l'accès à l'éducation, à l'apprentissage du français, au logement, etc.

Des élus importants lèvent la voix aujourd'hui pour réclamer des cartes de séjour mais je regrette qu'ils n'aient jamais pris position sur ce sujet auparavant.

En résumé, on bricole ici ou là, pour calmer les associations et surtout la presse, mais les signes forts tardent à venir.Sans cette ouverture réclamée aujourd'hui par presque tout le monde, la MOUS ne pourra pas donner de véritables résultats d'intégration.

Pour Noël les rroms ont eu droit au bois et au gravier, peut-être que pour le nouvel an ils auront droit à des cartes de séjour... d'autant plus qu'ils sont membres de l'Union Européenne...
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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 01:25
Beaucoup d'entre vous me demandent des nouvelles des rroms, surtout après le reportage télévisé dans le squat de Floirac.
Vous avez été touchés, parfois choqués, par la misère dans laquelle vivent ces familles. Pourtant, la situation dure depuis de nombreuses années, les pouvoirs publics connaissaient parfaitement la situation et j'avais moi-même fait venir la presse à plusieurs reprises pour dénoncer cette situation.

Mieux vaut tard que jamais et aujourd'hui les choses commencent à bouger. La décision du préfet de Gironde de mettre en place une MOUS a certainement été ce qui a provoqué cet intérêt récent pour les rroms.

La mairie de Floirac a livré la semaine dernière 5m3 de bois et 5 autres hier. 10m3 pour qu'environ 100 personnes puissent se chauffer quelques jours. Heureuse initiative, menée un peu maladroitement, car elle a faillit provoquer une guerre du bois. Par expérience, je sais qu'il est toujours difficile de donner quelque chose dans un squat sans risquer de rompre les équilibres.

La prochaine étape sera, semble-t-il, le ramassage des ordures de cinq années de présence des rroms dans ce squat. Plusieurs tonnes. Viendra ensuite la mise en place de graviers dans le chemin qui mène aux cabanes afin de neutraliser la boue qui vous gèle au bout de dix minutes.

Là encore, les associations Médecins du Monde et Procom le demandaient depuis longtemps. Pourtant, aujourd'hui, je me demande s'il est bien utile de faire ces travaux et s'il ne serait pas plus raisonnable de fermer ce squat en logeant les rroms dans un autre endroit.

Vous vous dites que c'est plus facile à dire qu'à faire. Il y a pourtant des possibilités pour que cela se fasse rapidement et j'ai fait remonter hier à la préfecture une information sur un local que j'ai trouvé et qui permettrait de loger les rroms de Floirac dans un délai maximum d'un mois.

Mais pour trouver il faut chercher et c'est bien là le problème. Jusqu'ici on n'a jamais rien cherché. Alors on ne risquait pas de trouver la solution.

J'ai aussi proposé d'installer les rroms de Cenon dans un immeuble appartenant à l'état et vide depuis plusieurs années.

Ces deux solutions permettraient, non seulement de reloger les rroms, mais aussi de limiter les dépenses en nettoyage.

En ce moment on parle beaucoup des rroms dans la presse mais aussi dans les réunions des institutions. Les associations sont même invitées mais, je dois vous le dire franchement, je n'ai pas l'impression qu'elles soient toujours entendues.

La preuve, la procédure mise en place vendredi dernier lors d'un ridicule début d'incendie dans un squat. En réalité, à l'extérieur du squat, dans un boîtier électrique, situé sur le mur.

Lorsque j'ai été averti par un journaliste, je me suis rendu sur place avec un médecin de Médecins du Monde.

La moitié des rroms avaient déjà été évacués, installés dans une salle municipale ouverte pour l'occasion, le déménagement étant fait par deux voitures légères. A la demande des rroms, nous avons arrêté l'évacuation du squat et j'ai rapatrié les rroms parqués dans la salle municipale déjà investie par la Croix-Rouge, comme s'il y avait une catastrophe humanitaire.

Seules trois familles avec des enfants ont passé la nuit à l'hôtel.

Depuis, les rroms ont de nouveau installé l'électricité, en attendant le prochain début d'incendie. J'ai demandé la semaine dernière qu'on fasse des installations aux normes pour l'alimentation en courant des squats et j'ai reçu un refus poli mais ferme des autorités.

Voilà quelques nouvelles du front. Les choses bougent vite en ce moment, alors ne ratez pas la suite. Il semble que la décision dans la demande d'expulsion du squat de Cenon ait été rendue par le tribunal. Je ne manquerai pas de la commenter dans les jours qui viennent.
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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 22:54
Le Collectif pour le Droit des Enfants Roms à l'Education est né il y a quelques semaines à l'initiative du Collectif Romeurope, impliqué depuis de nombreuses années dans la défense des droits des roms.

Vingt ans après la Convention Internationale des Droits de l'Enfant, ce collectif a lancé un appel, mercredi dernier, en faveur de la scolarisation des enfants roms vivant en France.

Ils sont aujourd'hui plusieurs milliers à rester à la porte de l'école, sans pouvoir y entrer pour tout un tas de raisons. Les 5 à 7000 enfants roms présents en France aujourd'hui sont arrivés ou arriveront à 16 ans sans avoir jamais, ou presque, été à l'école.

L'exclusion de l'école constitue presque la norme pour les enfants roms présents en France, plus encore qu'en Roumanie ou en Bulgarie. Pour les quelques enfants répertoriés comme scolarisés, ils s'agit d'une parenthèse, elle-même chaotique, entrecoupée par les absences et les retards.

Seuls 10% des enfants roms présents en France sont scolarisés.

Pourtant, l'exclusion de l'école des enfants roms n'est pas sans conséquences, comme de voir s'éloigner toute perspective d'insertion sociale et économique à l'âge adulte, de se trouver exposé en permanence à différents dangers liés à l'absence de sécurité dans les squats et bidonvilles comme aux activités de rue ou bien encore d'être privé d'un repère spatial et temporel important, dans un quotidien marqué par les préoccupations de survie.

Tant que la présence d'enfants soumis à l'obligation scolaire n'impose pas aux pouvoirs publics de garantir la stabilité des familles, les enfants roms n'exerceront jamais leur droit à l'éducation en France de façon effective et durable.

La présence d'enfants scolarisés sur un lieu de vie n'est jamais, ou presque, prise en compte par les préfectures ou les tribunaux dans le cadre des procédures d'expulsion. Le quotidien des enfants roms en France est ainsi régulièrement interrompu par les évacuations des lieux de vie cumulées parfois à des mesures collectives d'éloignement du territoire national avec proposition d'une aide au retour "humanitaire" qui favorisent les va-et-vient pays d'origine/France à tout moment de l'année scolaire.

Ces évènements répétés empêchent le plus souvent une réscolarisation et occasionnent des traumatismes graves chez les enfants dont les répercussions sur la scolarité sont bien identifiées par les enseignants.



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