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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 00:47

Le dernier livre de Florence Aubenas, "Le Quai de Ouistreham", a semble-t-il sensibilisé Michèle Delaunay aux conditions de travail des femmes de ménage qu'on appelle "agents d'entretien" parce que cela fait plus moderne.

J'ai eu à côtoyer quelques vieilles bourgeoises bordelaises et je ne les ai jamais entendu parler de leur agent d'entretien mais de leur femme de ménage. Cela fait certainement plus chic d'avoir une femme de ménage qu'un agent d'entretien. Pour ce qui est de Michèle Delaunay, elle n'utilise jamais ni l'une ni l'autre appellation car quand elle parle de sa femme de ménage, elle dit uniquement son prénom : Rosa !

Rosa est portugaise et comme beaucoup de femmes de ménage, discrète et presque timide.

Mais Michèle Delaunay ne s'intéresse pas aux femmes de ménage comme Rosa. Ce sont surtout les agents d'entretien qui la préoccupent, celles qui doivent nettoyer les bureaux de l'Assemblée Nationale ou de la CUB avant ou après les heures de bureau.

Sensible aux problèmes que cela peut engendrer dans leur vie familiale, elle a demandé que celles-ci puissent travailler pendant les heures de bureau. Ailleurs, c'est possible, alors pourquoi pas à Bordeaux ou à l'assemblée ?

Je suis sur que cela part d'un bon sentiment mais comme souvent, elle a été maladroite dans sa demande. Il est évident que les agents d'entretien des collectivités ou de l'état ne sont pas les mieux lotis des agents mais est-ce qu'elles ont de plus mauvaises conditions que celles de ces femmes de ménage travaillant dans le privé, pas toujours déclarées, souvent dans des conditions assez difficiles ?

Je me rappelle de cette femme de ménage que sa "patronne" obligeait à faire la lessive à la main alors qu'elle avait un lave-linge et ensuite avec l'eau de la lessive, ou celle de la vaisselle, arroser les plantes du jardin.

Des histoires de femmes de ménage et de "patronnes", je pourrais vous en raconter quelques unes, car j'en ai entendu pas mal par les portugaises qui sont au service des bordelaises des beaux quartiers.

Bizarrement, Michèle Delaunay a oublié d'interpeller le président du Conseil Général, où elle est élue, sur les conditions de ses agents d'entretien. Mais je suis mauvaise langue et peut-être que tout se passe bien ou peut-être qu'il n'y a pas d'agents d'entretien. Il est certainement plus facile de s'adresser au président de la CUB qu'aux présidents du Conseil Général ou du Conseil Régional.

En même temps, cela me fait penser que ces emplois, comme beaucoup d'autres pour lesquels on a du mal à trouver de la main d'oeuvre, sont presque toujours payés au lance-pierres, ce qui fait que les gens ne se précipitent pas pour se faire embaucher.

Bas salaires, mauvaises conditions de travail, travail à temps partiel et après les patrons s'étonnent que personne ne veut ces postes-là. Par exemple, les femmes de ménage qui travaillent chez les particuliers ont parfois deux ou trois heures de travail dans un quartier, encore deux ou trois dans un autre et entre les deux il faut courir pour ne pas rater un bus ou deux. Bien sur, les déplacements ne sont pas payés.

On cherche aujourd'hui des serveurs, des ouvriers agricoles, des aide-ménagères, des commerciaux dans beaucoup de bassins d'emploi dont celui de Bordeaux. Mais qui aimerait gagner le Smic et débaucher à minuit ou deux heures du matin, qui aimerait travailler à l'extérieur par grand froid ou grosses chaleurs sachant qu'en fin de vie il touchera une retraite de misère qui ne lui permettra même pas de vivre dignement ? Qui aimerait travailler sans être sur d'être payé, après avoir engagé des frais pour ses déplacements parce qu'un patron ne vous assure pas un salaire ni ne vous fournit une voiture pour aller voir vos clients ? Parfois il y a la voiture mais le commercial doit payer tous les mois une mensualité à l'employeur. C'est un peu comme si vous deviez payer pour utiliser l'ordinateur, le fax ou le photocopieur au bureau.

Je suis toujours surpris des réactions des politiques quand ils font semblant de découvrir ces situations, comme si elles étaient nouvelles. Je suis surpris aussi que les journalistes s'en fassent l'écho alors qu'ils ne cherchent pas à rencontrer ces gens à la vie si ordinaire que cela étonne qu'une journaliste comme Aubenas s'y intéresse.

Pour écrire son article, j'aurais aimé que le journaliste demande l'avis de Rosa...

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Published by Mouette Rieuse - dans Divers
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commentaires

deschamps 30/08/2010 17:27


Bonjour,

Je fais un reportage sur les femmes de ménage et agents d'entretien. Je recherche une maman élevant seule ses enfants et dont c'est la profession prête à témoigner.
Vous remerciant de votre aide. idpmrprod@yahoo.fr


Michel Chanteau 14/04/2010 17:43


Ecoutez, vraiment, cher ami, Michèle n'est pas là d'un mortel ridicule! Elle aurait fait bien pire ! On en riait, bien plus, on s'en gaussait je vous l'avoue d'ailleurs tout récemment encore au
café français ! Figurez vous cher ami, qu'en villégiature au Cap ferret si je ne m'abuse, Michèle - ah on la reconnait bien là! - a prétendu en présence d'un malencontreux journaleux qui s'est
empressé de le rapporter dans un journal que nous ne saurions nommer ici qu'elle-même et ce cher Alain n'avaient grand Dieu rien en commun lors de leur séjour à la même époque au Cap Ferret. "Je ne
loge pas dans les quartiers bourgeois contrairement à lui" aurait dit en substance Notre Michèle. "Mais quand cessera t elle de jouer les prolétaires ? Doit elle ainsi se commettre pour avoir la
voix des gueux ? " me faisait perfidement remarquer Madame De La Motte. "Michèle aurait elle un patrimoine immobilier en si piteux état et bradé par conviction socialiste à la populace pour tancer
ainsi notre bien aimé Maire? " . Pauvre Rosa ! Connaître de part sa culture Rosa Luxembourg n'est pas gage que l'on connaît sa femme de ménage ! Et puis cela peut être dangereux ! Au fait, je
demande une petite augmentation pour Rosa: les 1500 euros net c'est mesquin; c'est tout Ségolène vraiment ! Disons Michèle 2 000 euros par mois et un treizième salaire! On ne descendra pas en
dessous ! allez Michèle, il faut être un plus partageux Michèle pour plaire aux prolos !


Mouette Rieuse 14/04/2010 18:36



Ce n'est pas au Ferret mais un peu plus au sud, sur la côte landaise...



POLLUX 14/04/2010 11:07


Rien à voir effectivement entre les conditions de travail des agents d'entretien de la CUB, de Bordeaux, du Conseil Général, de l'Assemblée Nationale, qui sont agents de la fonction publique, et
ont donc un statut clair, net et précis, avec les femmes de ménages décrites dans le livre de Florence Aubenas, qui sont des esclaves modernes.
Mme Delaunay, comme tous ces élus aux revenus confortables ne sait pas ce qu'est la véritable précarité. Une fois de plus, cela prouve le décalage entre "l'élite" et le peuple.
Quant aux retraites, il y a là encore un océan d'inégalités, et la future réforme ne fera que niveller par le bas et préserver les rentes de situation des plus riches, dont font partie les
politiques aujourd'hui.


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