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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 23:24

La campagne électorale à Bruges est très intéressante. Ce n'est certes pas une leçon de démocratie ni de civisme mais au moins elle révèle la face cachée de la politique.

D'un côté, Bernard Seurot, obligé par ses propres amis de repasser devant les électeurs. Ces amis qui ne le sont plus, reprochent au maire de Bruges tout un tas de choses que la presse a déjà évoqué à plusieurs reprises.

De l'autre côté, ces ex-amis du maire (liste Marie-Pierre Saingou) mais aussi ex-adjoints ou ex-conseillers municipaux de la majorité municipale de droite, se voient aussi reprocher ce qui se pratique souvent en politique. Petits services aux amis, embauches de la famille, utilisation de matériel à des fins personnelles, etc.

Tout cela se fait un peut partout et parfois pire encore mais cela reste dans le secret des équipes et celui qui a le malheur d'en parler paie chèrement le fait de cracher dans la soupe.Mairie_de_Bruges_Gironde.jpg

Mais ce qui est grave, c'est que, si les faits s'avèrent vrais, tout le monde est coupable de ces agissements. Ceux qui les ont pratiqués mais aussi qui les ont couverts jusqu'à l'éclatement de ce scandale.

Personne ne peut faire partie d'une équipe pendant plusieurs années et ne rien dire sans être complice de ces faits. Aujourd'hui, en fin de campagne électorale, on gesticule pour montrer l'autre du doigt mais chacun à sa part de responsabilité.

Malgré ce déballage public du linge sale à la mairie de Bruges, j'ai bien l'impression que la justice risque d'en trouver encore dans les placards. Quand une équipe reste trop longtemps en place, elle prend de mauvaises habitudes et ce n'est jamais bon ni pour la démocratie ni pour le contribuable.

L'électeur, s'il veut réèllement défendre ses intérêts, a intérêt à alterner son vote régulièrement. Se sachant en danger électoral, les équipes feront plus attention aux deniers publics, seront plus pertinentes et efficaces dans leurs choix politiques.

Dans tout cela, la liste de Brigitte Terraza semble être blanche comme neige même si je ne crois pas à la liste société civile. On ne se retrouve pas tête de liste si on n'a pas de solides contacts dans les partis politiques et encore moins lorsqu'on représente toute la gauche. Les candidats à la candidature au sein des partis sont souvent trop nombreux et il est déjà difficile pour eux de s'imposer. Alors, une nouvelle tête propulsée au premier plan, cela me paraît impossible.

Mais vous l'avez compris, l'élection de Bruges dépasse les limites de la commune parce qu'autour de cette élection municipale il y a d'autres intérêts. Si tous les ténors de la politique girondine, surtout de gauche, se sont précipités dans la bataille, ce n'est pas pour les brugeais, dont ils se foutent pas mal, mais pour défendre leurs intérêts et surtout assurer des élections futures.

Les enjeux sont à la CUB bien sûr mais aussi à la région puisqu'elle risque d'être la seule collectivité territoriale qui survivra à la réforme. Ce qu'on attendait moins, c'est que cette élection pouvait avoir des enjeux liés à Bordeaux et même nationaux. Vous ne voyez pas ?

Pourquoi pensez-vous que Michèle Delaunay s'est tellement investie dans cette campagne ?

Chantal Bourragué est la députée de la première circonscription de la Gironde dont Bruges fait partie tout comme le deuxième canton de Bordeaux, canton où justement Michèle Delaunay est élue conseillère générale. Bourragué affaiblie à Bruges, c'est un bon signe pour la prochaine cantonale à Bordeaux II même si ce n'est plus Chantal Bourragué qui se trouvera face à Delaunay.

Dans l'hypothèse que Bourragué soit en difficulté à Bruges et Delaunay réélue à Bordeaux, ce serait presque une certitude que la droite perdrait la première circonscription aux prochaines législatives. Donc, la gauche est venue en force dans cette campagne car les "grands élus" ont des intérêts communs dans la victoire de la gauche à cette élection.

En politique, comme dans la vie, tout s'explique. Pour ce qui est de la suite du déballage, attendons l'installation de la nouvelle équipe et je suis persuadé que nous aurons droit à de nouveaux rebondissements. En attendant, laissons le libre choix aux brugeaises et aux brugeais.

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Published by Mouette Rieuse - dans Campagne électorale
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commentaires

GOELAND RIGOLARD 21/11/2010 22:06


Et si seurot etait innocent? Ce serait génial : les vertueux , les Tartuffe, seraient cloués...mais Seurot sera lavé.
Idiot pour la droite que ce maire déchu n'ait pas respecter la discIpline et se soit maintenu car au final, la droite est majoritaire en total de voix non?
Trop blessé ou trop vexé, il a suivi la stratégie du suicide.Il est simplement humain, mais pas politique.
Peu de sens politique chez lui, il fallait laisser le temps au temps, même en avalant des couleuvres.
Bon on regardera les grands equilibres lors d'autres élections;
on regardera avec attention les resultats des instances judiciaires qu'il a lancées (diffamation je crois)


Pollux 18/11/2010 08:47


L'article et le commentaire, oh combien édifiant, de Gérard Bourg démontre une fois de plus, qu'entre les méthodes de gangsters du PS et les pratiques de voyous de l'UMP, la différence est ténue...
L'empilement des collectivités locales et les modes de scrutin empêchent la démocratie de s'exercer et il ne faut pas chercher plus loin les raisons de l'abstention massive de ces dernières
années...


Bourg Gérard 15/11/2010 19:09


Bonjour,

Votre commentaire est perspicace et démontre clairement les mécanismes plus où moins "nauséabonds" de certaines pratiques politiques mises en application par les instances fédérales du PS et par la
Présidence PS de la CUB.
En effet, j'ai été clairement écarté de la tête de liste de "gauche"lors de la campagne des élections municipales partielles de Bruges.
J'avais pourtant, aux dires de mes amis socialistes de Bruges et de ceux de nombreux brugeais toute la légitimité après des années de lutte dans l'opposition et après avoir bien préparé le terrain
pour la gauche face, à une droite très unie jusqu'à ces dernières semaines.
PETIT RAPPEL: En 2008 tête de liste socialiste pour les municipales j'ai emmené, avec mes amis 4 élus socialistes et un élu vert au conseil municipal.C'était une première pour le PS à Bruges qui
restait une terre de conquête pour la gauche et non pas, une terre "d'héritage".
A partir de là, et face aux dissenssions de la droite brugeaise, il nous paraissait logique de prétendre défendre nos couleurs lors de ces élections.
C'était sans compter,avec les manoeuvres politiciennes de certains de nos dirigeants du PS girondin dont les intérêts immédiats étaient ailleurs que dans le respect des statuts du PS et de ses
militants et plus grave, dans le respect des valeurs socialistes.
Mon éviction (appelons un chat un chat)et celle de mes amis élus socialistes du conseil municipal de Bruges n'était plus qu'une affaire de temps.
Tous les moyens ont été utilisés par nos instances fédérales pour nous barrer la route(y compris au dernier moment, la suppression du vote de la section pour désigner les socialistes de la liste
Terraza).

Gérard Bourg ex conseiller municipal PS et ex chef de file de l'opposition socialiste à Bruges.


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