Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 14:04

Dimanche 6 septembre à 00H45, la vente d'alcool continue en toute illégalité dans les épiceries situées quai Richelieu à Bordeaux, juste en face de l'arrêt de tramway Porte de Bourgogne.


L'emplacement est stratégique et rapporte gros étant donné que c'est à cette station que se croisent les deux lignes de tramway A et C, ligne C qui transporte les voyageurs nocturnes vers les boîtes de nuit du quai de Paludate.
 

Packs de bière, bières au détail, bouteilles de vodka, bouteilles de whisky, on peut acheter n'importe quel alcool dans ces épiceries et peut importe votre âge. L'important c'est de faire du chiffre d'affaires tout en étant assuré de ne pas avoir d'ennuis.

La vente d'alcool est interdite le soir dans les épiceries et pourtant nombreuses sont celles qui ne respectent pas cette interdiction. Pourquoi ? Certainement parce que les sanctions ne sont pas assez lourdes, que les contrôles ne sont pas réguliers et surtout que la volonté de faire appliquer cette interdiction n'est pas bien forte.

Pourtant, après le drame qui a eu lieu au mois d'août et qui a entraîné la mort de Dorian à côté de la station de tram Sainte-Croix, tout le monde s'est indigné que la violence puisse venir gâcher la fête des jeunes bordelais.

Tout le monde a semblé aussi découvrir cette violence nocturne que les habitants du quartier Sainte-Croix connaissent bien pour la subir tous les week-ends. Bagarres, bruit, poubelles renversées, voitures cassées, nous y sommes habitués et nous n'appelons même plus la police.

Comment ne pas accepter cette situation dont tout le monde semble s'accomoder et qu'on entretient en laissant faire n'importe quoi à des commerçants peu scrupuleux mais aussi à cette population de nuit qui ne respecte pas toujours les autres sous prétexte que c'est la fête.

Si un cafetier laisse boire un de ses clients jusqu'à ce qu'il se mette en danger, on pourra le lui reprocher. Si un épicier vend un carton de vodka, personne ne lui dira rien même s'il l'a fait en dehors des horaires autorisés.

Les bars ont des licences IV qui impliquent un certain nombre d'obligations pour ces professionnels qui, très souvent, savent gérer leur clientèle, la connaissent et savent quelles mesures prendre en cas d'abus. Dans le cas des épiceries, aucun lien entre le professionnel et le client. Souvent, d'ailleurs, le personnel assez jeune n'a que peu d'expérience pour gérer ce genre de situation.

Il n'est alors pas rare de voir, dans les rames de tramway assez bondées pour une heure tardive, des bouteilles d'alcool ou de soda, qu'on se passe dans les groupes.

Cette nuit, par exemple, un groupe de jeunes filles, une bouteille d'eau à la main, mais remplie d'un liquide sombre que j'imagine être un mélange d'alcool et de soda, faisaient tourner la bouteille de main en main, certainement pour accélérer le consommation avant l'entrée en boîte de nuit.

Mais on nous dira que le problème n'est pas là et lorsqu'il se passe des choses graves, c'est la faute à l'arrêté préfectoral qui oblige la fermeture des boîtes de nuit à 4 heures du matin. Plusieurs milliers de personnes se retrouvent ainsi dans la rue en attente de l'ouverture des afters.

Pauvres tenanciers, ils aimeraient bien avoir une heure de plus pour remplir encore plus leur tiroir caisse.

Et si on prenait le problème autrement ?

Par exemple, d'une part des sanctions importantes pour les établissements qui laissent entrer des mineurs non accompagnés et qui les laissent consommer de l'alcool à volonté pourvu qu'ils aient l'argent.

D'autre part, non seulement continuer la fermeture à 4 heures du matin mais aussi interdire l'ouverture des afters avant 7 ou 8 heures du matin avec interdiction absolue de vendre de l'alcool avant 10 heures du matin.

Les patrons des boîtes de nuit de Paludate ont beau gesticuler, ils sont bien les responsables de la situation et ne peuvent pas demander aux pouvoirs publics (état, mairie et police) de leur résoudre un problème qu'ils ont contribué à créer et même à entretenir.

La concentration des établissements de nuit à Paludate, le principe même du fonctionnement de certains établissements, la pression qui a été faite sur les habitants du quartier qui ont presque tous été obligés de déménager pour laisser le champ libre, ont fait que la situation est devenue parfois ingérable et source de problèmes pouvant entraîner la mort.

Paludate devait être un lieu de fête et est devenu un quartier à risques. Il est aussi un quartier de nuisances qui se propagent dans les quartiers voisins comme c'est le cas à Sainte-Croix.

Mais de tout cela, n'en parlez pas aux maires adjoints des quartiers concernés. Ni Alain Moga, ni Fabien Robert ni Jean-Louis David ne vous croiraient et vous risquez d'être pris pour un fou.

Le commerce continue, parfois la vie s'arrête et les hommes s'indignent. Le reste du temps, peux nombreux sont ceux qui lèvent leur voix pour dénoncer ce genre de situation.



Photo : Tâches de sang sur le banc où s'est déroulé le drame qui a entraîné la mort d'un jeune dans le quartier Ste-Croix

Partager cet article

Repost 0
Published by Mouette Rieuse - dans Bordeaux ville
commenter cet article

commentaires

Pollux 09/09/2009 10:00

Peut-être faudrait-il aussi un peu plus de présence policière dans les rames du tram le soir et aux abord des quais... Mais il est plus facile de parader rue Sainte Catherine le samedi après midi....

Présentation

  • : Mouette Rieuse
  • : Blog militant
  • Contact

Recherche