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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 15:11

Dans l'intimité des foyers, souvent, les seuls témoins des violences que subissent les femmes sont les enfants, souvent en bas âge.

Pas de témoins, donc pas de délit ou de crime, seule la parole de l'un contre la parole de l'autre compte. Comment prouver la réalité de cette violence quotidienne ?

Violence verbale ou physique, elle est destructrice, souvent par la durée et l'intensité. Le harcèlement continu dont sont victimes les femmes n'est pas facile à démontrer. Pourtant, ces dernières semaines, la presse a fait état de quelques faits divers qui prouvent que cette misère conjugale existe dans toutes les couches de la société.

Crises de jalousie, histoires d'argent, violence gratuite que les agresseurs voudraient qu'on prenne pour de l'amour, l'inacceptable est difficile à expliquer et encore plus à dénoncer.

Parfois, une oreille attentive est plus sensible à la douleur de ces femmes mais le système ne permet pas d'aller bien plus loin. Lorsqu'il y a doute, l'agresseur devrait sinon être incarcéré, du moins éloigné de la victime avec interdiction formelle de l'approcher au risque de sanctions importantes.

Le fait d'avoir besoin de prouver la culpabilité de l'agresseur complique la démarche de la victime et parfois implique même l'abandon de la dénonciation d'autant plus qu'elle devra continuer à vivre encore sous le même toit que l'agresseur.

Mais la violence n'est pas seulement l'exclusivité du contexte familial. Elle a lieu au travail aussi et là encore, le prouver tient du parcours du combattant même quand il y a des marques physiques, des bleus au corps mais surtout à l'âme.

Lorsque dans une entreprise un supérieur exerce des violences sur une femme, surtout quand il n'y a pas de témoins, c'est encore la parole de la victime qui est mise en doute.

Pour surmonter sa peur, elle doit quémander des arrêts de travail auprès des médecins pour ne plus se retrouver face au monstre qui la pousse vers la porte de l'esclavage. Oui, c'est bien de cela qu'il s'agit dans le milieu professionnel. L'esclave doit subir sans se révolter, elle doit souffrir et aimer son maître, elle doit presque le remercier.

Pendant ce temps, son esprit est détruit, peu à peu, parce qu'elle est fragile, parce qu'elle a besoin de travailler pour gagner sa vie, parce qu'elle est seule avec ses enfants.

Et le bourreau continue sa perversité tout en sachant qu'il ne risque pas grand chose tant qu'il n'est pas pris en flagrant délit. Il se gardera bien de ne pas agresser sa victime devant témoins, comme un lâche qu'il est.

Partis politiques ou parlementaires auront-ils un jour le courage politique de créer des sanctions plus lourdes pour ces agresseurs afin de protéger les victimes avec efficacité et leur permettre d'avoir une vie digne et tranquille ? Il est temps que la victime ne soit pas obligée de continuer à subir sans rien pouvoir faire, de continuer dans la peur parce que la société n'a pas pris la mesure de l'ampleur de la situation.

Combien de suicides faudra-t-il pour que quelqu'un se penche sérieusement sur ce problème grandissant ?
Qui aura le courage de porter secours à ces femmes qu'on détruit à petit feu ?

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Published by Mouette Rieuse - dans Coup de bec
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commentaires

Béatrice 10/01/2009 16:41

Sujet grave et tellement d'actualité.
Vous me surprenez en traitant de ce sujet dans votre blog car votre réputation est surtout faite du fait de vous attaquer aux élus de droite comme de gauche.
J'ai eu l'occasion de lire certains de vos textes assez sérieux et j'ai l'impression que ce ne sont pas ceux qui ont les faveurs de vos lecteurs si j'en juge par le nombre de commentaires.
En ce qui me concerne, j'aime ce regard différent que vous avez sur la politique même si parfois vous semblez être à contre courant (du moins vous ne suivez pas la majorité bien pensante).
Continuez.

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