Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 18:49
Tout le monde ou presque a écrit sur le résultat des sénatoriales.

Le petit militant que je suis a peut être un regard différent et moins stratégique que la plupart des analystes et élus (et même grands électeurs) des partis.

C'est incontestable, la gauche a augmenté le nombre de sièges et Philippe Madrelle a réussi son coup.

Doublement. Tout d'abord le PS obtient un siège de plus en Gironde mais il a surtout montré qu'il restait l'un des grands patrons du PS dans le département en négociant avec Bernard Dussaut qu'il ne fasse pas de liste dissidente.

Mais il est aujourd'hui critiqué dans ses choix stratégiques par les verts et les communistes qui lui reprochent son refus de faire liste commune. L'alliance avec les uns ou les autres, aurait permis d'obtenir un quatrième élu.

Mais les communistes, comme d'habitude, étaient gourmands et voulaient la troisième place sur la liste. Les Verts, plus lucides, souhaitaient figurer en quatrième position. Mais personne ne le leur a proposé. Est-ce qu'ils l'ont demandé ?

Mais je comprends la position de Philippe Madrelle. Très souvent, les négociations avec les partis de gauche sont difficiles sinon impossibles. Au lieu de préférer une union sérieuse dès le départ, certains optent pour des rapports de force qui ne mènent qu'à des défaites.

Et à droite me direz-vous ?

Là, c'est beaucoup plus compliqué.

Tout d'abord, la liste César a mis une belle pagaille dans l'union (UMP).
Il est un élu du monde viticole et a constitué un énorme réseau au fil des ans et de ses nombreux mandats dans des instances professionnelles.

Menacé d'expulsion, il sait très bien comment fonctionnent les partis politiques. Elu, personne n'osera toucher à un de ses cheveux. Il continuera sa petite vie de sénateur tranquillement. 

Enfin, peut-être pas tant que ça. Les bordelais vont lui faire payer. 

Lors du renouvellement du mandat du président de l'association de maires de Gironde, il pourrait payer cher sa désobéissance. A moins qu'il prenne la décision de ne pas se représenter. Ce que je pense qu'il va faire.

Hugues Martin, véritable patron de l'UMP sur la CUB, a indiqué qu'il allait réfléchir. Cela veut dire qu'il cherche la meilleure façon d'abattre Gérard César.

Et Martin, l'homme qui a toujours été fidèle au chef, qu'il s'appelle Chaban ou Juppé, n'a certainement pas apprécié que César désobéisse. D'une façon ou d'une autre, il le lui fera payer.

D'autant plus que Hugues Martin n'est pas le seul perdant de cette élection. L'autre perdant, le non-candidat Alain Juppé, est certainement le plus touché dans cette guerre pour le pouvoir (et les indemnités qui vont avec).

Incapable de mettre de l'ordre dans le dépôt des candidatures, il est contraint de faire avec un opposant qui vient d'être réélu et qui pèse dans le milieu rural et socio-professionnel.

Alain Juppé se devait d'installer son fidèle adjoint dans un poste important afin de prendre le pouvoir au sein de l'UMP de Gironde pour rebondir à Paris. La route vers sa candidature à la présidence de la république en 2012 passe par ce chemin-là.

Il a créé l'UMP pour préparer son élection. Les juges en ont décidé autrement et un coucou a pris le nid qu'il avait fabriqué. A lui de se refaire des réseaux et de miser sur l'impopularité de Sarkozy pour jouer sa carte. 2012 c'est sa dernière chance. En 2017 il sera trop vieux.

Alors, à mon avis, les règlements de comptes vont être féroces et il ne faut pas s'étonner que l'UMP se prépare à d'énormes turbulences dans les mois à venir.

A suivre...

Partager cet article

Repost 0
Published by Mouette Rieuse - dans Divers
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Mouette Rieuse
  • : Blog militant
  • Contact

Recherche